JUI
ÉCLAUCIMUIfiftTS
QUELQUES CONJECTUEES SUR LES GRANDES RÉVOLUTIOIIS QUI ONT CHANGÉ LA SURPAGE DE LA SUISSE, ET PARTICULIÈREMENT CELLE DU CANTON DE TAUD, POUR l'aMBNBR A SON ETAT AC-
' TUEL. Par /. de Charpentier,
Il fut un temps où la Suisse entière faisait partie d*un vaste ocdan qui enveloppait tout le globe terrestre. Le niveau de cette mer | c'est-à-dire la distance de sa surface au ceotre de la terre, ne parait pas avoir changé seosiblement \ car ce n'est poini à son abaissement qu*U faut attribuer rapparition des continents et des lies, mais k une force souterraine agissant de bas en baut ; Tensemble des observations géologiques porte à le croire *.
Les portions du fond de cette mer les plus voisines du Canton de Vaud qui pai aissent avoir élé soulevées et mises à sec les premières sont les Vosges , avec le très-petit groupe des Alpes du Valais et de la Savoie qui s^étend depuis les bases ce la Dent de Morcles jusques dans la Tarentaise, en suivant la direction oii se trouvent aujourd'hui les vallées du Trient et de Chamouny* Plusieurs faits géologiques font présumer que ce terrain ne formait pas au-dessus des eaux une masse continue) mais plutôt des lies disposées en file du nord-ouest au sud-est.
A cette e'poque reculée , la terre n'étant pas encore aussi refroidie qu^elle Test maintenant, ces régions naissantes durent avoir è«peu»près le climat dont jouissent actuellement les pays situés entre les tropiques. La végétation , qui ne tarda pas & %'j établir, prit donc le caractère de celle qu'on trouve aujourd'hui dans les Iles de la lône torride, comme on le voit par les impressions végétales conservées dans tes schistes argileux d'Erbignon, de Salvan, de Gétroz (vallée du Trient), du col de Balme et de la Tarcntaise. Car ces empreintes présenlenldes fougères en grande partie arborescentesi des Ëqui-
' Voy. sur les soulèvements les divers travaui de MM. le Baron de Bucii et Ëlie de Beaumonl.
DO Lirai YMMU. zia>
sitacées, det hjtopoàkmséeêf 6t dm plante» MonocotyMoiiest mais qui diffèrent des espèces et même des genres existant aujourd'hui. L'épaisseur considérable des dépôts d'anthracite * (|ue ce terrain reoFerme à Outre^Rhône , Servan , Servoz et dâDt la Tareolaise, indique que cette végétation a été vigon* rente et a doré longtempe y parce q^'évidemMat eee couchée eharboDiieiMee ptovicnnent de celte Wgëtatioo anliqoe àùtA le» fomee ont péri : leur deelrnctioo fol le réfoltat d*ÉM forte pre»»ie» dee roche» qoe Ice révolotioB» poetérienree ont déposées sur ces végétaux accumulés ; et peut-être aussi celui d*une grande chaleur à raciion de laquelle ce terr|ûn sembleavoir été exposé plus tard.
Il parait que celte mer primilifei pour me servir de cette expression , a été beaucoup moins profonde daoe le nord et Touest du CantOBi que Ter» le eud et rere l'e»t on do c6té dee» Alpee. Une telle conjectafe e»i bacée aor ce qoe les rochca dU' Jura contiennent InfiolaMnt ploa d'eapècca et d'indinduadr testacée» marines que ce» même» roehee dan» les Alpes ; et eomme on le sait, les mollusques diminuent en nombre à mesure qu'on s'éloigne des côtes et des bas-fonds , et que la mcp augmente de profondeur. Le bas-fond tepteoirional et occidental dont il s*agit Idy est un calcaire^ ordinairement jaune*^ elair, disposé par litei e( venicraie une quantité prodigieusede corps marins.
Il fut aussi à son tour soolevé et pouité au-desaue de la fur» face des flot». Celte ma»»» imniett»e de terrain , »e rompant» par longues lanières, forme ces chaînons de montagnes parallèles entr'euz, dont l'ensemble est désigné sous le ocMn de Jura *.
Mais il 8*en fallut de beaucoup que cette contrée fût élevée tout à la fois h la hauteur absolue où elle se trouve pour non» au-de»»u» de l'Océan. La mer baignait encore le pied de ce»
* Houille privée natorellemeot de ton bStomé, coak fossile. > D'après les recherdies de H* Elle de Besamont-, ta Cèle-d*Or en Bourgogne , et le Mont Pilas en Pores , ont été soulevés k la même
époque.
nouf elles mooUgaes , entrait même dans pUitîeara de leurs
irallées, el y déposd des roches d*un nouvel ordre , connues sous le nom de tenain crayeux,
A quelque dislance au midi , peu avanl le soulèvement du JvUra ou plus probablement à la m^me époque, une masse de ten-aio «sses considérable sortit également du sein des flots : elle comprend les chainons de montagnes du Moni Arvel (au» dessus de Roche), de Naye , des Verraux et du Molésou. Od est fondé 1k croire que ces deux soulèvements sont contemporaios , parce que les roches propres au terrain de la craie ^ dont le dépôt suivit immédiatemmept le soulèvemcnl du Jura, ne se rencontrent pas sur les montagnes que nous venons djc nommer , les(]uelles donc «e trouyaienjL déjà hors des eaux à Tépoque de cette formaiiop.
A cette grande commotion succéda un intervalle de repos , ' pendant lequel les bords de la mer et le terrain mis 4 seç fureni peuplés par un certain nombre d*amphibies de tailles diverses» quelques-uns gigantesques et offrant des formes bisarres. 11 périt uue inQnilc d'espèces d'animaux marins, remplacés par des êtres qui n'existaient pas auparavant} parmi ce.ux.-ci ont remarque même des poissons.
On ne saurait apprécier la durée de cet état de repos } mais tout porte croire qu*il iÙt troublé par une nouvelle catastrophe, par le soulèvement de nos Alpes calcaires. Cette puissante commotion ne se borna pa^ uniquement à ces dernières \ elleat* teignit aussi le Jura en le mettant presque complèinent à sec'; ou, en d*aulres termes , il fut soulevé davantage, de manière que la mer quitta les vallées qu'elle avait envahies jusqu'alors, et laissa à découvert la craie qu'elle y avait déposée*. La craie formait à cette époque le fond de la mer ; et comme son épais^ seur n'était pas à beaucoup près aussi considérable que la bauT
* ' La praie qoî ftaps beai)ci»||p de loeslilés, OBais éirsiigèfes sa Cmton, esl blanche el friable, est dies nonsordinsiremeDt d'un gris foncé et a la dureté suffisante pour recevoir on ssses beau poli. On ne peut la reconnaître que par la nature des corps organisés qu'elle renferme, les mènes que ceux de la craie blanche et tendre.
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DV UVBX. PAfilUSft* XV
teurde» Alpes «u-deiMM dalear base, cette rocbe ne eonslilite que les sommités de oes rnootagoes | tacdis que le reste appsr». lient au calcaire Jurassique qui dans ses couobes inférieures^
se rapporte au Lias et dans les supérieures à la formation ooll* thique. Mais les dislocations, ruptures et bouleversements aoot la cause de ce qu*en nombre d^endroits la- craie est dé* truite^ comme aussi de ce qu'on Tobserve souvent à des iiauienrs eitrèmement difftrenies et dans^des- positions oii on ne la trontecait pss » si ceasoulèfemeatt avaient eu lieu. d*o>lo.. manièse lenle et sans ▼ioleoœ»
Cependant, par cette nouvelle catastrophe, ni les Alpes ni. le Jura n*avaient aiteinl la hauteur où ils durent s'élever plus, tard. La mer ne quitta pas entièrement la coali'ée; elle cteor dait encore un bras entre les deux chaînes.
C*est dans ce canal ou détroit qu*a eu lieu une nouvelle fernation de roches et une nouvelle créalion de genres et dVs? pèces'aoimales. La roche que la mer déposa alors » est d'une > structure sédimentaircy c'est-è-dire qu'elle s'étend par lits et^ se csompose de fragments^ de roches préeiistantes , agglutinées-, par un ciment tantôt argileux, tantôt calcaire. Lorsque les fragments sont fort pelils , nous la connaissons sous le nom de molasse ; les fragments sont communément polj^èdres, et le . ciment y argileux. Lorsque ces fragments sont plus gros, on. nomme cette roche poudingues (^gompholUhe Brongniart | na» geyUih des Allemands ) ; la grosseur des frsgmenis permet ence cas de bien reoonnakre leur forme et leur nature. On voit, qu'ils sont frottés, et arrondis esactement comme les galets de nos rivières* ; qu'un grand nombre d'entr'eux appartiennent à des roches qu'on retrouve en place dans nos Alpes \ mais qu'il y en a aussi beaucoup qui sont détachés de roches qu*oa, chercherait en vain dans toute la Suisse. - Ce fait remarquable y joint à la disposition de ces poudin-*..
' M. Sluder, c)ans son ouvrage classique sur la molasse, a parfaite* tnent expliqué la cause de la différence de forme entre les §ros fra^-. menls el les pelils. '
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LCLÀIBCISSEMEHTS
guet qûl se inMif eut placés géoéraleiMDt au pied des Alpes f <l ne devienaent molasse qu'à neiore qu'ils s'eo éloignent , donne lieu de croire que tous ces matériAUz ont été fournis par le premier soulèvement des Alpes mêmes. Ils seraient ainsi
les débris des roches qui durant celle len'ible catastrophe ont L'ié fracturées , brisées , frottées , triturées de mille manières ; plusieurs d'entr'eux auraient été arrachés à de grandes profondeurs et à des roches que nos vallées n'ont pu atteindre , et que par coneéqueiit nos Alpes n*onl pas mises à découvert.
Des couches de lignite ( espèce de oberboa de terre) , to» compagnées de restes de mollusques d'eau douce et même de quelques espèces de mammifères^ moutreM par leur présence dans rintérieur de la molasse que, durant Tépoque de la formation de celle dernière, la mer s'est retirée plusieurs fois et a mis à sec ce terrain : et cela pendant un espace de temps assez long pour qu'il ait pu 9 y former des marais d*eau douce , s'y établir une végétation et tout un ordre de choses qui permit la création d'animaux terrestres* Il est impossible de décider si ces retraits de la mer ont eu lieu par suite d'uu abaisssmcnt de son niveau 1 on btcn, ce qui nous paraît plus probable, par un léger soulèvement momentané du terrain , qui en s'albis* saut ensuite a été derechef submergé.
Durant l'époque de la formation de la molasse, la portion de la Suisse où est compris notre canton , faisait partie d'une vasle ite. Cette contrée était limitée au nord et nord*ouest par la chaîne méridionale du Jura , et au sud par le bras de mer qui la aéparait des Alpes; lesquelles à ce moment n*avaient paa encore attnnt toute leur élévation , et ne présentaient pas non plus ces grandes coupures et ces pics élancés qu'elles offrent aujourd'hui. Une longue plage sablonneuse s'étendait enlrc la mer et le Jura. Jouissant d'un climat assez doux pour pouvoir produii e des palmiers , comme le prouvent les empreintes de Cham«erops trouvées dans les couches su* perficielles de la molasse à Lausanne et près^ de Vevey, elle était animée par plusieurs espèces de mammifères propres aua pays chauds, mais différentesde celle qui existent aigourd'buit
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DO LIVRE PREMIER. XVll
Toule coojedurt êw la durée de oet état de repos serait entièremeol hasardée. Nous savoos se«leai'ent, par TobservatioD des faits géologiques de la Suisse) que eelte tranquillité fut suivie d*une révolution des plus étonnantes , qui fit disparaître enlièremeol la mer de cea contrées; qui éleva les Alpes à une hauteur infiniment plus grande que celle qu'elles avaient eue jusqu'alors , qui en ciiaogea le climat , qui forma les vallées actuelles et donna au pays l'aspect qu'il présente à-pea* près aujourd'hui.
Ce cataclysme fui occasionné par l'apparitioD du granit» Deux vastes niasses ^nitiques sortirent à*la-foîs du sein des eaux : Tune dans le Haut- Valais , l'autre dans la Savoie. C'est surtout cette dernière qui exerça la plus grande influence sur la Suisse occidentale. £ile comprend tout le massif énorme de roches feldspathiques dont la sommité la plus élevée est le Mont-filanc, et qui, auprès dfs eaux thermales de LavejTi atteint notre Canton.
Ce granit se fit jour à travers les gneiss , les micaschistes » et les autres roches talqueuses et schisteuses qui supportaient immédistement le calcaire de nos Alpes *■ ; il poussa les uns et les autres à une hauteur considérablement plus grande que celle où les Alpes se montrent à présent. Les déchirures et les dislocations produites par le soulèvement et la rupture de ces masses solides, aussi bien que les affaissements et enfoncements partiels de bandes de terrain soulevées, donnèrent lieu & ces sortes de crevasses et de coupures en forme de aillons , que nous désignons par le nom de mUées, Cette révolution a été jusqu'à présent la dernière qui ait changé la surface de la Suisse; elle a donné naissance aux vallées actuelles; et en
* Nos plus célèbres géologues oDviMgent les gneiss, les micuebistes
et autres roches analogoes d'aoe stracture schisteuse, comme ayant été déposées par et dans l'eau ; mais qui ensuite, sous la double influence d'une chaleur eicessive et d*une pression considérable , ont changé complètement de nature, et n'ont conservé de leur étal pri> miiif que la structure feuilletée. Probablement , cette mélainorphiMe eut lieu loog-teoips avant le soulèvement des Alpes.
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iCLAIBCMiniIlfTf
quelque sorte façonné les montagne» telles qu*elle8 se prësen-^ lent maintenant. Elle a changé le climat , fait disparaître l*ancienne végétation et périr les animaux qui jusqu'à cette époque habitaient la Suisse ; enfin , elle a amené les conditions Déoetsaires â l'existence de» êtres orgaoisét f qui aujoard*ktii parent et animent ce beau paja«
De grandes masses de roches retombèrent dans Tes vastes^
crevasses qui , restées ouvertes , forment nos principales variées ; lorsque ces masses détachées ne furent pas entièrement ensevelies par les alluvions qui peu-à-peu remplirent à une certaines hauteur le fond ou le soi de ces fissures » elles devinrent ces rochers isolés et plus ou moins escarpés , que r6n% v<nt avec étonnement s*élever au milieu des plaines de plusieurs vallées : celle du Rhône en présente des exemples frap»pants à St. Tryphon près d*Ollott , an Mont-d*Horge , et Tourbillon près de Sion.
Ailleurs, par cette même catastrophe , dévastes purilonsde terrain s'enfoncèrent à une profondeur trop grande pour que les alluvions subséquentes pussent combler les enfoncements qui en étaient résultés : ces derniers alors se remplis? sant d*eau produisirent ces lacs qui donnent un charme particulier à la Suisse et dbnt le plus beau sinon le plus étendis embellit notre Canton.
Ces affaissements partiels qui ont produit nos lacs et une foule d'accidents et de mouvements de terrain | soit dans la plaine, soit dans les montagnes, étaient peu considérables; ils furent surtout beaucoup moins importants par leurs effets que le grand affaissement général que toute la masse soulevée parait avoir subi.
Car tout porte à croire qu'à cette époque non-seulement les Alpes , mais aussi le Jura et les terrains qui séparent ces deux systèmes de montagnes , furent atteints par cette éton-^ nante révolution , et soulevés , les uns et les autres , bien plus haut qu'ils ne le sont maintenant. Une pareille commotion a dû eouratner des déplacements iounenses , des dislocations-,
Ml WAB ranma.
former des vides et des cavilés. La masse soulevée a donc dû éprouver un afTaissement , une sorle de tassement ^ jusques à «e que touies les parties mal appu^r^et, mal soutenues, mal assises , CMitteoliprit leur atsiede i el aoquis la aolidUé » la sta- JbàUlé que celte aaaste prëteole aujourd'hui.
L'effet d*un pareil eoulèveneitt h une si grande élévaiiou au-dessus du niveau de la mer, combiné avec la diminution delà chaleur terrestre, a dû opérer un grand changement dans la température du climat de ces contrées. Le climat propre à faire oaitre des Chamaerops et d'autres plantes des pajs . ehauds est devenu seoiblabie k celui du nord ; Tatmosphère s'est refroidie $ les Alpes se soot ckaiigëes de neiges qui » des-» cendant aans cesse dans Iss vallées i formèrent d'imanenses glaciers: non-senlemeni ils envsfairent peu-4-peu toutes les vallées , ils atteignirent de plus , recouvrirent même toute la Basse-Suisse I et poussèrent leurs moraines jusqu'au faite du Jura.
Mais par suite de Tatfiisseinent général , cette vaste contrée ejani dindnné d'élévation au-dessus de la mer» son climat e'esi insensibiement réc^aufflf , pour prendre enfin sa température actuelle. Ces glaciers énormes ont diminué à leur tour, se retirant à mesure que le terrain s'affaissait et que la température augmentait. Ils ont laissé, le long de leur passage, comme témoins de leur antique existence , ces blocs de roches des Alpes qu'on trouve tantôt isolés , tantôt en amas (sous la forme de digue ou de rempart) depuis le faite du Jura jusqu'au faite des Alpes « et en outre ces marques de frottement et d'usure» bien vinbles à la surface des rochers qui bordent les vallées , et qui s'élèvent à une hauteur correspondante & Té* paisseur de ces vastes glaciers primitifs. Ces blocs de roches alpines, égarés à de si grandes distances, sont connus par le Idéologue sous le nom de Blocs erratiques ; et leur mode de transport a fait depuis long-temps le sujet de leurs recherches. Mais c'est à M. Veneta , ingénieur du canton du Valais t que Ton doit la connaissance du véritable agent qui seul a
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pu produire ce grand phéDomème et tous les accidents qui raccompagnent ^.
Nous ajouterons que le glacier le plus vaste qui soit sorti des Alpeti est celui qui a débouché par la vallée du Rhône f car il a poussé ses moraines ooo seulemeol Josqnes sur la crête du Jura, mais aussi, du côté de Touesti Jusqu'à Geoève, et du côté de Test , jusqu'aux environs de Burgdorf dans le cantoD de Berne. Si aucun autre glacier de la Suisse n*a ëgalë en étendue celui de la vallée du Rhône la cause en est due et à ce que cette vallée est la plus longue de la Suisse , et surtout à sa situation entre les deux plus hautes chaînes des Âlpes , el enfin à ce que depuis sa naissance à la Fourcbe jusqu'à s» rencontre avec le Léman , les vallées qui se joignent à elle|. viennent presque toutes de montagnes tris-élevées, encore aujourd'hui couvertes de glaces et de neiges perpétuelles.
Telles sont les conjectures que les faits géologiques autorisent sur les révolutions qui ont successivement changé la surface du canton de Vaud. Nous terminerons cet exposé, en essayant de déterminer la hauteur où cette contrée elles Alpes^ ont été soulevées par Tapparitioo du granit , et d'évaluer l'affaissement qui a suivi cette grande catastrophe* . Avant le dernier soulèvement des Alpes t la contrée do basûn du Rhône , pour faire naître des Ghamœrops , devait avoir une température moyenne de 1 7. 5^. La température des vallées des Alpes dans lesquelles les glaciers peuvent, non pas se former mais seulement se conserver, est de 6°: telle est la température de la vallée de Chamouny. Si nous admettons que la température décroit de par chaque 46o pieds vau-
* Dans on néaioire la eo 1834 à k Sodélé helvétique des aclsncet^ nslorelles, réunie à Locerne, et malntenanl iradoîl en allemand daos les cahiers 3 et 4 des Mitikeiiungen au* dem Gehiete der theorvii*^ ehen Erdkunde par FrSbet et ffeer, j'ai essayé de développer la théorie de H. Venels ; de la mettre d'accord avec les iaib qni prouvent rsRcienne élévstioa de tempérslure} el de rappliquer à plusieurs phéauBsèaes de Is ceufii^nfslion extérieur» des vsllées et des me»tagnes.
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doit d'él^vaiîoOf Ia contrée qui jouÎMait d'une température moyenne de 47. 5^, doit avoir été ioulevée de 55io piedt
(48o X (17- 5 — 6))) pour que sa leœpérature niojenne baissât jusqu'à 6°. Mais comme rélévation de noire lac est de 1116 pieds, l'aifaissemeot que celle contrée a subi, doit avoir été de 44o4 pieds: (5530 — iii6=:44o4)« £n admettant que les Alpet aient éprouvé le même abaissement, le Moni»BlanC| dont la hauteur actuelle est de «4430 pieds» doit avoir été élevé à i8834 pieds, hauteur qui n'atteini pas celle du Nevado de Sorata , du Nevado d*Illimanl , du Chimboraso 1 du Dbaira- Isgii'i , du Jawabir ei de plusieurs autres pics des Himalaja.
VIH. p. i6et 18.
Les grandes s'allces longitudinales du Jura sont souvent marécageuses. De là le nom de La Sagne {stagnuni) qui s'jr trouve en plusieurs endroits.
Les Alpes.,,, la vivacité de leurs firmes» C*esl là précisément le défaut que leur reprochait un écrivain français d'un nom connu. Pour être belles à son gré , elles eussent dû arrondir leurs pics et adoucir leura angles.