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Quel plaisir je me faisais alors , quand je serais arrivé à
la fin de mon livre, de montrer par quelques citations tout ce que Frédéric Monnei on promettait pour notre jeune littérature. Kt un an après il ne nous restait de lui que des essais inachevés | plumes éparses tombées d*une aile qui s'était élancée trop avidement dans les cieux. Cette place que je lui avais réservée dans rhistoîre de la patrie n*est ainsi plus qu'un tombeau. Consacrons*la cependant par quelquesHins de ses vers, malheureusement peu nombreux, coupés de plusieurs lacunes, mais où l'on sent dès Tabord le souffle de l'inspiration et
i.Tni ici.âiaoi8Sfi«BiiTt
même un caractère Irès^parllculier : on coloris pour ainsi dire tout d'azur , une harmonie élhérée , qui semblent appartenir à un autre monde.
Tu pissas sur la terre , âme jenne et plaintive I Comnie, ans oordes d'ao Inth , vm main AigitiTe y Pour en tifor toujoon lee doux cbaDt& éa regret Ou Véd» ptiii^ d'un céleste Mçr«t,
Mais quand les ouMieox , dédaignant cette lyre , Ifeii écMilBfHit |IM le» Moords que j'en tire , Moi , gpffdîeD jaloux de leur virginité , Je ne veux qoe la Nuit et que r£teniité«
Viens donc! emporte-moi , souffle libre et sublime! Des frais gaion» do val aux ndget de IneiBie. là hant ! fuyons là haut ! . . . De ces monta radienx Notre tombe s'édipse et le ciel s'ouvre mieux. Là j'aurai pour flambeaux les murmurants mystères Des abîmes voilés... pour mes seules prières Vkywome ioaid qn'enfOAna leur benefte de géant. . . Puli I k définit d'etpeir , lenr vagoe et lilen néant.
C'est ainsi qu'il ebantait ; et la vollo sifflante Fuyait du frais Léman la rive nonchalante. Aux feux dorés du soir ses regardj» soucieux Sons le vagne sondaient le Ueo diemin des eîenx... Docile amour des airs , la voile ondule et |die. A l'horizon du lac, dans leur mtlancoUc, Les Alpes et les Cieux rougissent tour-à-lour, S'entretcnant au loin d'un mutuel amour.
De la hrilknte Nuit messagère plaintive , Une vagoe indoknte expirait sur la rive, Comme an ngne d*adieu , sur les sables du bord , Secouant de son eau les fraîches perles d'or. Plus blanche était l'écume et les rives phis noires... Et les longs peupliers^ au bout des promonlolros. Se berçanSdins knr rére an soniPe frais et pur , MaiitMit Isnr Mllsge m pUeer^ dw Piza? .
BU LIVBB SECOND.
US
(LB MtTE HAm UB Atm.)
Et voici les rockers sublimes , Ltbyrintlies cli par degrés
Les sentiers moussus, colorés.
Se dévident sur les abîmes.
Il voit de lù les monts neigeux Et les hauts vallons nuageux.
Mis U «nlMié ks osffiwiimsea De"* rhévriers libres et flers Perdus dans la pâleur des airs Par->dessus les plaines confuses.
Aux bords toujours pins froids d*iiik «id loi^f«rs plut pur , Les Alpes entassaient , en groupes fantaatiqneSy
Les informes donjons cl les dômes antiques
De leurs pâles cités qu'ensevelit l'azur.
Dormant au fond des nuits ces blanches Bab^lones,
Dans les champs éthérés déennpaient leurs remparts;
Et leurs portiques d'or, perdus daas les brouillards,
Sans bruit fonuôent au loin sur ees tremblantes aones.
Quand sur le» champs du soir la brume étend ses voiles; Lorsque , pour mieux rêver , la Nuit, an vol errant, Sur w pâle horizon détache en soupirant Une ceinture d*or de sa robe d'étoiles ;
Lorsque le crépuscule estr^ooTM ans iiofds lointains Du musiesl Ether les portes nuageuses.
Alors , avec les vents les âmes voyageuses
Vont chercher d'antres cieux .dans Leurs vols inoertains.
La mienne s*én retourne auprès de voue , lid^ » Hais bientôt un remords la surprend en ehemin ;
Et , jeune mendiante 9 implorant votre main ,
Elle vous tend la sienne... en se voilant d'une aile 1
Car c'est le repentir d'ivoir aimé trop peu Qui , de rexil , vers vous la rappelle angoissée , Gmnme une ombre sortant de sa tombe glaeée, Surprise par la mort sans avoir fait d'adieu.
XCLAIBC1S8ESENTS
Non , je n'ai pu comprendre et votre âme et la terre Qoe de loin , quand les ans sont venus loal finir ; Et>mon cœur n*a fleuri qu'autour d'un souvenir Comme autour des tombeaux l'églantier «ditaire !
Ces jours où ma jeunesse a fait sonfTrir les cœurs. Je n'en pourrai gémir que seul avec moi-même..., Que lortqa'U n'est pins temps de dire à eenx qa*OK ûme : « A fenonxl meveieil pardonoei-nioî vo8|Mearsl »
Ainsi é'est le passé !••• e*est la fuite des dioses. Le souvenir des maux qu'on ne peut réparer , Qui m'évoquent chez vous quand la nuit vient errer Sur le large horizon parmi l'or ou les roses !
NoTB. L'auteur de cet ouvrage a rassemblé ce qui reste de Fi ëJ. Monneron } et , malgré la diffieullé de lier ces fragmeos , parfois même de les lire et de les comprendre , il espère publier plus tard les molna dédiirée. — Quelquee^ns enl déjà pani eoH dans la Revue SmUte , (t. I , p. S4, 471) , soit dans la Rwm des deux Mondes ei les CHtiqoM êt Portraiti UUérûireê de Sainte-Beuve (L V, p. 139- 134). (Voir cinlessns» p. 1331, n. 4.)
XXIIIi ilfid.
Nous yooloDS citer encore quelques échaotilloos ioëdils de de ootre jeuoe poésie du Lëmao : le lecteur se chargera , Dous en sommes sArs , de nous obtenir gr&ce pour cette indiscrétion.
La connais-tu la v.i^ue d'un bleu sombre Qui de Chillmi baigne l'antique nnirf Des roes d'Arrel as-tn vu la grande ombre Se découper dans celle mer d'azur?
Connais- tu Naye et sa crête escarpée , Et de Jaman la ^orge dentelée ?
Les as-tu ym, dis-moi, les as-tu vus?
Viens dans ees fieux et ne les quittons plus t
De ee beau ciel connais-tu tous les cliames f As-tu dansé sous le vieux châtaignier ? Dans ton enfance as-lu versé des larmes Sur les malheurs du noble prisonnier ?
DO UVAK SSCO1I0
Sur les coteaux , fille aux lèvres vcrmeillM I
As-lu jamais du noir rnsalrn d'abeilles , Au sein des fleurs, oui les chants confus? Viens dans ces lieux et ne les quittons plus !
ChwlcS SBGRiTAN.
RévcilIe-toi , souffle de poésie !
(Tel un parfum de vigne, aux st>irs d'élc*)
Reprends ion vol, brillaole Fantaisie!
Renonte «u cunx , toi , mon ooeur ottriito t
Vns-y èherelier une note bien tendre,
Aux cœurs amis qui la sauront eouprendre
Hépète-la, furlive, dans la nuit,
Comme une étoile en brûlant glisse et fuit.
Avec l'espoir et l'amitié qui prie, lUuime-toi, voix de la réTeriel
C'est eneor lui, le golfe bien-aimé.
Où le noyer trempe sa large feuille ; De cent hameaux le cèleau parsemé, Où le passant reste, sans qu'il le veuille.
Lg MÈUU.