‹ Le Canton de Vaud, sa vie et son histoireChapitre 48 sur 74 · I.XXVII · texte numérisé non relu

I.XXVII

» marque de bleu et de rouge devant et derrièra». Mais ei Vevejry « menacé de cens de Gesaeney et du Château d*Oez •»» demande du secours i on répond • qu'étant terre d*église , et

• puisqu'on ne nous demande rien, nous ne devons point don-

• ner de secours à Vevey ». Les Bernois, à leur retour , menacent de loutmellre à feu ei à sang si l'on n'accepte ^aisd'cire à eux, promenant , en revanche , de reconnaître les libertés et franchises. On se soumet à ce changement de suzeraineté, on prête serment de fidélité au nouveau prince, sans trop regretter rancien ^ mais bientôt • le grand capitaine Nagueii » déclare

• n'avoir rien promis sinon les bonnes coutumes » ; et cette longue chicane de Kberté entre Berne et le Pajs-de-Vand» dans laquelle celui-ci devait finir par regagner sa cause , commence au milieu même deroccupaiion. Il a pas eu guerre *, mais , dès le premier moment de la prise de possession , il j a procès et querelle. La Réforme complique la lutte et en distrait : on regrette les images» les ornements sacrés; on les cache dans un lieu oii ils soient « honnêtement et dignement, » au cas que l'Eglise , par fortune , se tourne en son premier

• être » ; mais on n'en convoite pas moins les biens ecclésiastiques. Le ministre nouveau-venu tâche de se faire agréer par de bons ofïîces , tout en rappelant doucement le vouloir de LL. EE. Malgré le malheur des temps et les ordres du bailli, rancienne vie s*essaie à persister ; les repas publics, les distributions communales, tout ce qu'à Lutry par exemple on appelait la donna , le eonviino et , sans doute par euphé* misme , le petU-hmre , • continue sur l'ancien pied : cela est » résolu en conseil-général ; on présente i*equête à ce sujet ». Dès l'abord donc , à tout propos on résiste , on dispute , on temporise. Le bailli reçoit des présents, • au lieu de cinq écus, » huit, pour radoucir». Et, à Berne, on se plaint «que » ceux de La vaux promettent prou et ne tiennent rien ».

* « Les Bernois , comme le dit un de leurs hisloriettâ , n'avaienl de «fait qu'à enfoncer des portes ouvertes». Ch. L. de Usller, Uist. de la RéformatioD de la Suisse , p. 306.

LXXVIII ÉCLA1BC1SSEMEIIT8

Voilà « «a rÉCQdUitei i et sur un point qui rMemblait à lodt le» aulrté } k lablMë do oe que Berno oppela pompeuaenieol la oonquèto.

yiret ne fut aana doute que réformateur etCaWin lui-même ne voulut pas être autre chose» Pour eux c'est d*ëglise et de

réformation, de discipline, de changement de vie, qu'il s'agissait avant tout. Mais aussi on ne disconviendra pas que pour eux la Réformation ne fût tout un monde, à la fois politique et religieux ; qu'elle n'en soit devenue un bien réellement, entre les mains de Calvin ^ et qu'à Genève, par le fait, il o^ait été tout autre chose que théologien, ministre et réformateur religieux. Or, il est parfaitement établi que Viret voulait faire Il Lausanne ce que Calvin faisait à Genève ; et que même il le répéta de très- près, puisque le moment de la dernière crise et du irioniplie pour Calvin fut i555; celui de la dernière crise et de la défaite, pour Viret, i558.

On a dit dans le texte et on croit devoir répéter ici, que c*eil en ce sens-là seulement que Viret se trouva faire opposition à Berne et repréeenter sa patrie vis-à-vis de l'usurpation. Il le fit dans les idées et avec les armes de l'époque sans doute, mais aussi avec tout ce que l'époque avait de plus puis* saut.

Sans parler de quelques mots de lui, que nous avons cités, ajoutons que son recours au conseil de Lausanne pour en obtenir ee que Berne se voulait pas accorder est quelque chose d'assea significatif.

Ce que nous avonadit de Viret sur «e point, doit donc être maintenu.

Quelques personnes se représentent Vfret sous des couleurs asses noires, comme très-sombre et très-emporté : prenant ici

pour le caractère d'un homme celui de son siècle. Nous en croirons plutôt le mot de Théodore de Bèze et celui de Pierrefleur, cités tous deux dans notre récit, enfin le caractère même des écrits de Viret.

DIT LITBB TBOinfalB

LIIIZ

Ce caraclère que, le premier, nous avons essayé de peindre par des tniiU «crupuieusement empruntés à divers ouvrages de notre réformateur) vient d^étre apprécié dans le némeeens par A. Sayousi dans ses Etudes littéraires sur les écrivains fran^ çaisde la Réformai, (Genève, i84i).

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