Letters rec., 1695-1708, p
Willem Adriaan van der Slel se conforma non sans mécontentement « aux ordres formels » de ses supérieurs1. Autorisé par l'édit du 28 février 1700, le commerce du bétail avec les indigènes fut librement pratiqué par les colons jusqu’en 1727, sauf pendant une courte période. Prenant prétexte d'excès commis par quelques colons, Willem Adriaan le suspendit d'autorité le 27 octobre 1702, mais il fut désavoué par les Dix-Scpt le 24 juillet 1704, et se résigna è. le rouvrir le 28 mars 1708 2.
III. — Cependant, même pendant les périodes où le commerce fut officiellement interdit, les colons eurent des rapports avec les Hottentots. En fait de prévôté, le gouverneur et le landdrost, son reprétant dans le district de Stellcnboseh, ne disposaient que de quelques gardes champêtres. Les colons étaient complètement libres de leurs mouvements; le continent africain s'ouvrait devant eux, infini; ils y pénétrèrent hardiment. La persévérance du gouvernement à interdire ces relations illicites suffirait déjà à en prouver la fréquence. Le 24 octobre 1058, le Conseil de gouvernement défendait « pour la troisième fois l’achat direct ou indirect de tout animal abattu ou sur pied aux Hottentots » sous peine d'une amende de 25 réaux pour la première
!. Lctters desp., 1696-1708, p. 139.
2. Ibid., p. 219, 259. — Lettcrs rec., 1695-1708, p. 331, 348.
l’élevage du bétail.
infraction, de 50 pour la seconde, et d'une peine plus forte pour la troisième. Mais cet édit inhibitoire resta sans effet comme les précédents, et pendant quarante ans, le gouvernement en promulgua d'analogues, le 24 novembre 1661, le 20 juin et le 21 octobre 1667, le 9 novembre 1677, le 8 avril 1680, le 19 octobre 1697 '.
Ces relations sont en outre prouvées par de nombreux textes. Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1660 entre minuit et une heure, le colon Harmen Remajenne est surpris avec son camarade, Hans Bas, ramenant un bœuf, dix moutons et un agneau achetés chez les Gorachouquas. Inc enquête fit connaître qu’il avait introduit sur son domaine de 400 à 500 moutons1 2.
Les officiers île la Compagnie qui vont acheter des animaux chez les Hottentots y rencontrent souvent la trace du passage des colons : « Ils gâtent le commerce, écrit en juin 1663 l’enseigne Pieter Everard, car non seulement ils offrent aux Hottentots pour un seul animal plus de tabac que la Compagnie, mais encore ils leur fournissent du riz et de l’eau-de-vie 3 ». En octobre 1667, le lieutenant Abraham Schut se voit mal accueilli par les Cochoquas : « ils sont saturés de marchandises, écrit-il, les
1. Abstracl of lhe council of policy, p. 50, 162. — Rambles, p. 61, note. — Lctlers desp ., I60G-170S, p. OS.