The de. feue: of II'. A. van der S tel, p
2. Les chariots tirés par des bœufs, qui devaient jouer un si prand rôle dans l'histoire des lloers, sont déjà en usage en 1004. (Journal, 1002-70, p, 118.)
nière décade de mars 1702 et ne revint qu’en octobre; elle dura donc sept mois.
S’étant avancée dans une région inexplorée, à une distance de 800 kilomètres de la ville du Cap, elle aurait pu rapporter les notions les plus utiles à la connaissance de l’Afrique australe, mais aucun journal de route ne fut tenu. Toutefois plusieurs des participants citèrent le nom des tribus hottenlotes qu'ils avaient rencontrées. Depuis longtemps ces tribus ont disparu, mais les colons et les fonctionnaires de la Compagnie qui dans le courant du xvme siècle eurent des rapports avec elles, en appliquèrent les noms aux accidents topographiques (montagnes, cols, rivières, gués) des cantons qu’elles habitaient. Sous la double couche alluvionnaire des noms néerlandais et des noms anglais, ces noms hollentots pointent encore aujourd'hui. A l’aide de la toponymie, on peut donc reconstituer approximativement l'itinéraire suivi (carte 2).
Au moment où l’expédition arrivait au pied du Hottentots Holland kloof, Ferdinandus Appel et Jacobus van der Ileyden apportèrent, sans doute dans le dessein de lever quelques scrupules, une lettre mensongère de Claas Cranenburg, disant « qu'on avait la permission du gouverneur et qu'on pouvait maintenant partir à la grâce de Dieu ».
Le col fut franchi le 25 mars, puis la troupe descendit la vallée de la Zondereindc rivier, et rencontra la tribu des Sousrrjuas , à laquelle 10 bœufs
L’ÉLEVAGE DU BÉTAfL. 183
et 40 moulons furent achetés moyennant une petite (juantité de labac. Elle rencontra ensuite la tribu des Ilesser/uas , dont l’IIessaquas kloof situé au sud du confluent des rivières Zondereinde et Breede rappelle le nom. L’expédition longea le pied des montagnes et rencontra la tribu des Gouris, dont le nom a survécu dans la Gouritz river. Ce cours d’eau franchi, elle rencontra la tribu des Attaquas, dont les termes d’Attaquas mountains et d’Attaquas kloof rappellent encore le souvenir.
La première tribu avec laquelle elle entra ensuite en rapport fut celle des Gamlous, qui a laissé son nom à la Gamtoos river. Pour l’atteindre, elle chemina sans doute sur l’étroit palier, dont les monts Attaquas, Outeniquas, Langekloof, Zitsikamma et Karedomv constituent la rampe méridionale. Après avoir échangé avec les Gamtous du tabac contre un veau et trois moutons, elle gagna le rivage de la baie actuelle d’Algoa. Elle y rencontra une tribu de Dannaquas ou Ammaquas, qui existait encore un demi-siècle plus tard, en 1752. quand l'enseigne Beutler traversa la région1.
1. L’expédition commandée par l'enseigne Auguste-Frédéric Beutler quitta le Cap le 29 février 1732 et y revint le 6 novembre: elle s’avança dans le pays des Cafres, au delà de la Key. Le Journal a été publié par Mac Call Theal, Bclangrijke liistorisclic Doknmcnlcn , t. 11. le Cap, 1890. Wentzel, topographe de l’expédition, a levé une carte, dont nous connaissons deux exemplaires, conservés l’un aux Archives royales de La Haye, n° 832, l’autre aux Archives du service hydrographique de la marine à Paris, portefeuille 113, division 2, pièce 7.
Jusqu'en ce point, l’itinéraire est facile à reconstituer; au delà, il présente beaucoup d’incertitude, et ce qui suit n’est qu’hypothétique.
Après les Dannaquas, l’expédition rencontra la tribu des Moeljens, Mont j eus ou Montjesons commandée par le chef Snel. Tout vestige en a disparu, à moins qu’on ne consente à en voir un, fort effacé à vrai dire, dans le terme Matjes kraal, qui figure encore sur la carte, par 20° long, est Greenwich et par 33° 13' lat. austr. Dès lors, l’expédition fut accompagnée du chef Snel. Pour se faire guider chez les Caboucquas, les colons capturèrent trois Boschimans et les attachèrent. Mais alors le succès final fut compromis par un grave incident. Les Caboucquas prévenus par des Boschimans, supposat-on, de l’approche des blancs, s'avancèrent à trois ou quatre jours de leur territoire pour les arrêter. Epiant la marche de l’expédition, ils s’embusquèrent un soir à proximité de son campement et au petit jour l’attaquèrent.
Telle est la saveur du récit de Willem van Syburg, l’un des combattants, qu’il faut le citer textuellement.
« A l’aurore, juste comme l’on venait de donner aux Hottentots l'ordre de charger les bœufs, Jacobus van Hoff [qui était en sentinelle] cria : « Hommes, aux armes, les voilà! » c’est-à-dire, voilà les Cafres, armés de boucliers de peau et de sagaies. Ils descendaient de la hauteur dans le fond
Carte 2. — L’Expédition do traite des colons chez les Cafres en 1102.
oii nous nous tenions autour du feu. Comme on commençait à y voir clair, nous résolûmes, pour ne pas être anéantis, d'envoyer une décharge sur les Cafres. Elle les obligea û se retirer. Le jour croissant, nous vîmes qu’un de nos bœufs avait reçu une sagaie au milieu du dos à gauche, j'en avais aussi reçu une dans mon havresac, renfermant ma poire à poudre et pendu à mon côté gauche. Quand il fit plus clair, les Cafres nous attaquèrent de nouveau; ils formaient une ligne; l'un d’eux, le capitaine, en avant, tenait son bouclier à gauche, et une sagaie dans sa main droite, ses hommes le suivaient. Nous jugeâmes nécessaire de tirer encore trois ou quatre coups de fusil. Alors ils se retirèrent de nouveau, mais j'ignore si dans l’un ou l'autre cas, des Cafres ont été tués. Nous les poursuivîmes environ une heure pour assurer notre sécurité. En revenant au campement nous aperçûmes du sang sur le sentier, Harmen Jansz était assis, mais mort, la bride de son cheval à son bras droit et une sagaie dans le dos1. »
D'après le témoignage de certains membres de l’expédition, des Caboucquas furent tués pendant le combat; d'après celui des serviteurs holtenlots, d'autres, faits prisonniers, furent livrés aux Moetjens, qui les massacrèrent. Le premier de ces