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LES ENNEMIS DU BETAIL : BÊTES FAUVES ET BOSCH IM ANS

Ces succès ne furent obtenus qu’au prix d’une vigilance constante contre deux ennemis, les bêtes fauves et les Boschimans.

I. — Les premiers pionniers trouvèrent au Cap une faune redoutable de carnassiers. Les civettes, ces petits quadrupèdes qui ressemblent à des martres et qui portent des glandes secrétant une substance à forte odeur de musc, étaient si nombreuses auLour du fort, qu’on avait peine à défendre les oies, les canards et les pigeons de leurs attaques. Un jour même, le 12 juin 1055, van Riebeeck en trouva une dans sa propre chambre L

Des loups, « d’horribles loups », ainsi que ne manquent jamais de les qualifier les rédacteurs des documents, pénètrent parfois, eux aussi, dans les parcs à bétail, et le 16 octobre 1662, par exemple, l'un d’eux égorge l’un des bœufs du colon Jan Coenraad Visser

Mais les carnassiers contre lesquels les Européens eurent principalement à se défendre, furent les lions et les panthères. D’un grand nombre de faits cités dans les textes, détachons quelques exemples.

t. Riebeeclc's J., I, p. 224.

2i Journal ( 1062-70, p. 2 U,

Dans la nuit du 2 2 au 23 janvier 1653, « les lions vinrent pour onlever les moutons dans le fort; ils rugirent d’une manière effrayante comme s’ils voulaient tout briser, mais la muraille était trop haute pour qu’ils pussent l’escalader ». Le 16 juin 1656, van Ricbeeck se promenait dans son jardin, quand un lion bondit à 40 mètres et se sauve, on lui donne la chasse, on l’abat; « il semblait aussi fort et aussi grand qu’un poney d’Angleterre ou de Java1 ». Habituellement les lions étaient moins inotfensifs. Le 27 octobre 1658, ils enlèvent une vache à Jan Reynierszoon2, et le 11 décembre 1663 la même mésaventure arrive à un autre colon 3. Le 22 juin 1671 Wouter Moslaert perd deux de ses meilleures bêtes à cornes, et le 25 septembre suivant trois lions se jettent sur son troupeau et entraînent chacun un mouton *.

Les panthères, que les Hollandais, par analogie avec les animaux qu’ils avaient appris à connaître dans les Indes orientales, désignaient à tort sous le nom de « tigres », ne le cédaient pas aux lions en audace. Pendant la nuit du 1er au 2 mai 1655 des panthères pénètrent dans une étable voisine du Fort et tuent six moutons3. Quatorze moutons, appartenant à Jacob van Roosendael, sont égorgés le

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