‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 156 sur 201 · Ricbecck's J., I, p · texte numérisé non relu

Ricbecck's J., I, p

l'élevage de bétail.

28 avril 1664 par une panthère, vingt-deux le 5 octobre 1669 et neuf le 30 septembre 1671 ’.

A nous qui habitons un pays dans lequel on n'a rien à redouter des bêtes sauvages, ces faits divers peuvent paraître d'importance minime. Mais il faut se représenter l'état précaire de la petite communauté européenne isolée au xvnc siècle, à l'extrémité de l'Afrique. Le bétail constituait le meilleur de son avoir, et pour le colon Rosendaelou le colon Mostaert, la destruction de quelques bœufs ou de quelques moutons par un carnassier représentait une grosse perte, « une mauvaise affaire pour le pauvre homme », comme l’écrivait le rédacteur du Journal , relatant, le 13 juillet 1673, le rapt de cinq bestiaux d'un colon par des lions.

Les hommes étaient parfois obligés de céder le terrain aux fauves. A la baie de Saldanha, en septembre 1672, comme un troupeau paissait près du poste de la Compagnie, deux lions égorgèrent trois moutons. Aux cris des bergers hottentots, le chef Pieter Siegfriedt et ses hommes accoururent; ils chassèrent les lions, et commencèrent à dépouiller les moutons de leur toison, mais les lions revenant pour dévorer leurs proies, ils jugèrent sage de les leur abandonner et de se retirer2.

Cette prudence était justifiée, car les fauves faisaient parfois des victimes. Le lcrjuin 1633 le surin-

Page 1