‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 158 sur 201 · Ibid., 1002-70, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1002-70, p

l’élevage du bétail. 193

Semblables événements sont d’habitude relatés fort sèchement. Voici cependant le récit d’une scène, qui montre par des détails concrets les premiers Européens du Cap aux prises avec les fauves. Le 20 novembre 1064 des ouvriers agricoles fauchaient de l’herbe au lieu nommé « Mon! aux tigres », quand un lion débucha. Tiré par l’un des faucheurs il veut s’élancer sur lui. Mais celui-ci conservant son sangfroid appuie son arme sur l'épaule d'un camarade et loge à dix ou douze pas une balle entre les yeux du lion, qui roule, essaye de se relever, mais retombe, percé d'autres balles. C’était un bel animal; sa tète était aussi large que celle d'un taureau. « Des oreilles à la poitrine, il était couvert d’épais flocons de laine, preuve de ses habitudes de pillage et de gloutonnerie. » Trop lourd pour être transporté, il fut écorché : peau, tête, queue et jambes furent apportées au fort, dont la grande salle fut ornée de ces trophées cynégétiques 1 .

Le gouvernement s’émouvait des préjudices que les fauves causaient à l élevage : « 11 est déplorable de subir de pareilles avanies de la part des bêles sauvages2 ». Aussi en encourageait-il la destruction par des primes, qui furent fixées en 1670 à dix, vingt ou vingt-cinq florins, selon l’espèce de l’animal abattu, et portées le 2 juin 1078 à trente pour une panthère et à soixante pour un lion : elles étaient

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