‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 159 sur 201 · Journal, 1G62-70, p · texte numérisé non relu

Journal, 1G62-70, p

2; Ibid., p. 341.

payées au chasseur sur présentation du corps de l’animal ou au moins de sa tète et de sa peau h

II. • — Les parcs à bétail subirent aussi, bien moins fréquemment toutefois que celle des bêtes fauves, les agressions d’indigènes que les Hollandais nommaient Souquas, Soaquas, Sanas, Hottentots Ubiquas, Hottentots ennemis, ou simplement les hommes des bois, Boschimans, terme que les Anglais traduisirent littéralement en celui de Bushmen.

Les rapports avaient commencé dès le gouvernement de van Riebeeck ; c'était des Boschimans qui, en

1660, avaient apporté au fort, nous l'avons dit(p. 44), des têtes de zèbres. Les expéditions d’exploration en avaient rencontré. Pendant ses deux voyages de

1661, Pieter van Meerhofl* avait obtenu de quelques Boschimans, après leur avoir fait fumer une pipe de tabac, de bons renseignements topographiques et en avait reçu des lapins et du miel.

On avait dès lors recueilli sur eux certaines notions ethnographiques fort exactes : « Ce sont des gens de petite taille; ils sont misérables et vivent dans de mauvais abris de branchages, qu’ils paraissent occuper la nuit. Ils sont bien armés d’arcs et de flèches, et s’en servent adroitement pour abattre le gibier dont ils se nourrissent; ils mangent aussi du miel. Ils sont vêtus de peaux d'animaux sauvages,

1. Letlcrs desp., 1052-62. 111, p. 201. — Abstract of the council of policy, p. 117.

l’élevage du détail.

encore plus mauvaises que celles que portent les Hottentots, mais point aussi sales, la saleté étant un signe de richesse en bétail et de condition. Ils ont comme eux des cheveux frisés, sont de la même couleur, parlent le même langage, mais plus doucement, et gloussent aussi comme des dindons1. »

Une première attaque de Boschimans contre les colons eut lieu en 1678. Du Wynberg, montagne qui s'élève entre la baie de la Table et la Falso baay, une bande qui s'y était cachée descendait la nuit enlever des moutons2.

Mais comme les cantons montagneux formaient la retraite habituelle des Boschimans, ce fut quand la colonisation européenne atteignit les « montagnes d’Afrique », c’est-à-dire les montagnes qui s'élèvent à l'est du Cap, qu'elle commença surtout à souffrir de leurs rapines.

En 1701, par exemple, ils volent au poste de Waveren, le 7 avril 8 bestiaux et le 29 avril 11; le 25 novembre, ils emmènent un troupeau de 274 bêtes, qui paissait près de Riebeecks Kasteel;le 26 mai au crépuscule, au moment où le bétail du poste

1. Riebeeck's J., III, p. 193. — Le dernier savant qui a étudié les rapports des idiomes des Hottentots et des Boschimans est convaincu de leur origine commune et les considère pareillement comme les habitants aborigènes de l’Afrique. (C. Planert, Ueber die Sprache der Jlottentoten und Buschmünner. Mitteilungen des Seminars fur orientalische Spracheu :u Berlin, VIII, 31"' Teil, p. 105, 130.)

2. Abstract of the council of policy, p. 170. — Theal, Hislory of South Africa, I, p. 234.

d'Honigberg rentrait au parc, ils enlèvent, par un habile coup de main, 137 bestiaux; le 7 octobre le colon Gerrit Cloete se vit voler une centaine de moutons, et vers la même époque le colon Henning Husing 200 bestiaux. Lors de cette dernière attaque les Boschimans étaient plus de trois cents.

La nécessité de protéger les colons contre ces maraudeurs provoqua la création des postes, dont il a été question précédemment (p. 138). En outre, le 13 mars 1701, le gouverneur décida l'envoi d’un commando composé de dix soldats de la Compagnie et de trente colons du Cap, de Stellenbosch et de Drakenstein, commandés par le landdrost pour « s’emparer des maraudeurs et tuer ceux qui opposeraient de la résistance ». Ce commando revint sans avoir exercé la moindre représaille, mais sa formation est un fait important, car c’est le premier acte de cette lutte entre colons et Boschimans, qui se continua pendant tout le xvme siècle, s’étendit avec les progrès même de la colonisation européenne en Afrique australe, et ne prit fin qu'avec l'extermination presque complète des sauvages

1 . Letters desp., 1696-1708, p. 189-91. — Journal, 1699-1732, p. 37, 44.

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