‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 160 sur 201 · L’ESCLAVAGE AU CAP · texte numérisé non relu

L’ESCLAVAGE AU CAP

Los colons étaient secondés dans leurs travaux de culture et d’élevage par des serviteurs européens ou knechls et par des esclaves de couleur.

Le nombre des premiers resta toujours restreint : il s'élevait à 36 en 1660, à 34 en 1662, à 78 en 1696, à 69 en 1701, à 79 en 1708. Quelques listes nominatives de ces serviteurs sont parvenues jusqu’à nous. Obscurs artisans du défrichement de l’Afrique australe, Jan Yerley et Jan de Wolff, par exemple, étaient en 1660 aux gages de Sleven Jansz et d’Hendrik Elbertsz; Pieler Ivegel, Michiel Fransz et Willem Pietersz à ceux d'Otto Jansz et de Jacob Cornelisz

Outre ces domestiques attachés à la maison à litre permanent les colons embauchaient aussi temporairement des salariés de la Compagnie des Indes, par

I. Letlcrs dcsp., I032-G2, lit, p. 273 et suiv.; 1000-1708, p. 23, 100, 332. Les recensements ne donnent que le total des serviteurs mâles: peut-être y avait-il aussi des servantes.

contrat passé devant le secrétaire du gouvernement*. De 1(>99 à 1705 le nombre de ces auxiliaires varia de 45 à 98 2.

Mais ce fut surtout aux services des esclaves que les colons du Cap eurent recours 3.

Bien avant la fondation d’un établissement au Cap de Bonne-Espérance, l'esclavage sévissait dans les possessions de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, comme dans toutes les autres colonies européennes d’outre-mer. Une vingtaine d'années après la création de la Compagnie, le célèbre gouverneur Jan Pieterszoon Coen avait préconisé le développement de cette institution. Il disait, en 1023, dans des Instructions qu'il laissa en quittant Batavia à Pieter de Carpentier, son successeur : « On ne saurait rendre à la Compagnie de plus signalé service qu’en allant chercher des hommes de tous côtés, pour surpeupler notre pays [Java]. C’est rendre service et honneur à Dieu, fortifier la Compagnie dans les Indes... Qu’on en achète dans toutes les parties de l'Inde, où les esclaves sont bon marché, surtout des jeunes... Qu’on en achète des milliers, un nombre infini. Il n’y en aura jamais trop à Batavia » *.

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