‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 17 sur 201 · Lctters rec., 1649-62, II, p · texte numérisé non relu

Lctters rec., 1649-62, II, p

l'escale dü cap.

Le maréchal de La Meilleraye joua de 1651 à 1664 dans la colonisation de Madagascar un rôle encore mal éclairci, mais incontestable. Il y dépensa, dirent plus tard sa veuve et son (ils le duc Mazarin, de trois à quatre cent mille livres1. Il envoya à Fort- Dauphin en 1655 une flotte de quatre navires, dont il sera question plus bas (p. 96), puis en 1660 un navire nommé La Maréchale, qui, parti de La Rochelle le 18 janvier, mouilla dans la baie de la Table le 9 mai 1660. Or dix jours après, le 19 mai, La Maréchale fut jeté à la côte par un coup de vent et vint s'échouer entre l’embouchure de la Zout rivier et la redoute Duinhoop. Le renflouage du navire étant impossible, les officiers et l’équipage l’abandonnèrent et s’embarquèrent dans des vaisseaux hollandais, les uns pour Batavia, en juin et juillet 1660, les autres pour Amsterdam le 14 mars 1661. Mais avant de quitter le Cap, les Français avaient réussi à tirer dix canons de l’épave de leur navire; après leur départ les Hollandais en débarquèrent treize autres2. Dans une lettre datée du

1. Mémoire sur l’affaire de Madagascar au sujet des prétentions des anciens intéressés en la Compagnie de Madagascar , Archives coloniales, série C:;, correspondance générale, Madagascar, carton 1. — Voir aussi llenri Froidevaux, La France à Madagascar au XVIIe siècle, 1 broch. in-8“, Paris, 1901, p. 12.

2. Riebceck’s J., 111, p. 129 et suiv. — Lclters desp., 1652-62, 111, p. 174 et suiv. — Journal, 1662-70, p. 57. — Lettre de Nicolas Etienne, prêtre, à Vincent de Paul. Notices sur les prêtres, clercs et frères défunts de la Congrégation de la Mission, 1"; série, Paris, 1898, t. 111, p. 358. — Sur la Kaart van de Tafelbaai (1663) on voit entre la redoute Duinhoop et l'embouchure de la Zout rivier,

johan' van riebeeck.

li mai 1663, qui fut apportée au Cap par le navire le Saint-Charles le 5 février 1664, le maréchal de La Meilleraye réclama ses canons. Mais le commandeur du Cap, qui était alors Zacharias Wagenaer, répondit qu'il attendait des ordres des Pays-Bas1. Le maréchal mourait en France au même moment, le 8 février 1664, l'affaire fut oubliée, et finalement, par un singulier hasard, ces vingt-trois pièces françaises restèrent acquises à la colonie néerlandaise du Cap de Bonne-Espérance.

En avril 1635 un autre projet de défense fut étudié. Rijckloff van Goens, qui séjourna au Cap en qualité de commandant de la flotte de retour, émit l’idée, naturelle chez un Néerlandais, de creuser un canal entre la baie de la Tablé et la Falso baay, « pour soustraire la péninsule du Cap à toute importunité des indigènes et mieux défendre l'établissement de la Compagnie 2 ».

En conséquence, van Riebeeck explora lui-même le 4 et le 5 février 1656 l'isthme qui sépare les deux baies. Il découvrit des ruisseaux, des étangs, un lac, mais, pour les faire communiquer et percer les dunes, il faudrait, écrivait-il, « des millions d’or », « la dépense serait énorme en comparaison des avantages », il serait impossible de faire un canal

le dessin d’un navire avec cette légende, « ’t gebleven franse ship La Mareschal ». (Archives La Haye, n° 17 8.)

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