Ibid., 1671-76, p
jardin ou garder les bestiaux dans les pâtures* ». Le 1er janvier 1 G74, le gouverneur Isbrand Goske voulut que les esclaves eussent, eux aussi, des étrennes : ils furent dispensés de travail et reçurent un peu d'argent, des habits et du tabac avarié, générosité qui « rendit ces pauvres hères heureux - ».
Le gouvernement avait donc certains égards pour ses propres esclaves. Il intervint aussi parfois en faveur de ceux qui appartenaient aux colons, et dont le sort paraît avoir été beaucoup plus rude.
Le 19 juin 1658, c’est-à-dire quelques semaines après que les colons furent entrés en possession de leurs premiers esclaves, van Riebeeck leur dépêcha le fiscaul , pour les inviter à les bien traiter, « à ne pas les rendre hargneux en les battant, les cognant et les injuriant sans cesse » et « à ne pas les faire fuir davantage1 2 3 ».
Ces avertissements étant restés sans effet, le Conseil de gouvernement prit le 5 août 1658 l’arrêté suivant, pour protéger les esclaves contre les sévices dont ils étaient victimes : « Il a été de plus en plus remarqué que, nonobstant nos interdictions réitérées, quelques-uns des colons continuent à traiter leurs esclaves aussi cruellement que naguère, et les frappent sans pitié avec des verges et des fouets, de sorte que ceux-ci sont difficilement gardés à la mai-