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EXTINCTION DU FRANÇAIS
faire entendre que désormais sujets des Provinces- Unies, ils n’avaient point à se prévaloir de leur origine pour demander des privilèges.
Saisi du mémoire de Pierre Simond, le Conseil des Dix-Septy répondit le 17 décembre 1G90. Plus conciliant dans la forme que le commandeur du Cap il n’était pas moins résolu à aboutir au mélange de l’élément français dans la population hollandaise.
Il décidait qu’un consistoire particulier serait composé d'anciens et de diacres du groupe français, parlant autant que possible le hollandais et le français, mais dans les conditions suivantes : chaque année les noms des membres du consistoire seront soumis à l'approbation du Conseil de gouvernement qui devra la donner, à moins qu'il n'ait des motifs plausibles de la refuser; un membre ou deux du Conseil siégeront dans ce consistoire, en qualité de commissaires politiques, quand et aussi souvent qu'ils le jugeront nécessaire; lorsqu’une question leur paraîtra hors de la compétence du consistoire, elle sera évoquée devant le grand consistoire du Cap où d'ailleurs des délégués du consistoire français prendront place; ce dernier disposera des aumônes recueillies dans la paroisse, mais pour l'usage des ressources étrangères, il devra en référer au grand consistoire, qui devra veiller à la bonne tenue de la comptabilité.
Quant à la demande d'une école française particulière, les Dix-Sept, la repoussaient par prétérition en
LES COLONS Dl' CAP.
annonçant : « l’envoi au Cap de maîtres parlant à la lois le hollandais et le français, et, qui, disait-il, installés à Slellenboseh et à Ürakenstein, devraient instruire en commun les enfants français el hollandais et faire leurs efforts pour enseigner aux enfants nés de parents français à lire et à comprendre spécialement le hollandais, pour qu'ils se fondent plus aisément dans notre nation 1 ».
Le consistoire était trop bien surveillé pour sortir de ses attributions spirituelles. C’était de la part des Dix-Sept une concession sans danger; mais ne pas accorder aux Français une école qui leur fût propre, obliger leurs enfants à fréquenter une école « où on leur apprendrait spécialement à lire et à comprendre le hollandais », c’était une première décision grave en faveur de l’assimilation des nouveaux colons. En fait elle n’eut point de conséquences immédiates. A Drakènstein, du moins, le seul maître qui jusqu’en 1700 fit la classe aux enfants, fut le français Paul Roux.
La présence d’une proportion notable de colons parlant uniquement le français, — ils formaient lors de leur arrivée plus du quart de la population coloniale, — était un inconvénient que l’administration du Cap dut accepter. Le ù novembre 1697, par exemple, le secrétaire du Conseil Hugo de Goyer envoie au landdrost Munkerus le texte d’un édit