‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 189 sur 201 · Rambles, p · texte numérisé non relu

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2. Un exemplaire en est conservé à la bibliothèque de la Société de l'Ilisloire du Protestantisme Français. Cote 3 188.

EXTINCTION DU FRANÇAIS

de succès que le prince Frédéric Henri, de glorieuse mémoire, lui lil l'honneur de lui en témoigner sa satisfaction par une lettre, par des patentes cl par une pension considérable. »

Pendant son séjour au Cap il occupa ses loisirs à cette traduction des Psaumes de David, à laquelle il a déjà été fait allusion.

Les réfugiés liraient quelque vanité du travail littéraire de leur ministre, et ils en parlèrent au voyageur français Léguât, quand il passa au Cap en 1098. « On me dit, si je m’en souviens bien, pendant que j’étais avec ces bonnes gens-là, que le pasteur de leur Église, très bon personnage, et fort sensé,... s'occupait depuis quelque temps à faire une nouvelle traduction des Pseaumes en vers, ou du moins à corriger de son mieux la version de Marot ou de de Bèze pour rendre ces sacrés cantiques i nteH igibles 1 . »

Simond présenta son ouvrage au synode des Églises wallonnes des Provinces-Unies qui se réunit à lltrecht le 3 mai 1703. Mais il n’en obtint pas l’approbation dont il se flattait. « La Compagnie qui estime la personne et le zèle pieux de ces messieurs2 déclare cependant qu elle ne peut entrer dans l’examen de ces corrections du pseaulier non plus que

1. Voyages et avanturcs de François Léguai et de ses compagnons en deux isles désertes des Indes-Orientales, 2 vol. in-12, Londres, 1708, 11. p. 149-150.

2. Simond et Scalherg, médecin établi a Londres, qui avait également présenté un psautier au synode.

dans l'aveu de ceux qui onl élé ou qui pourraient être imprimés1. » Néanmoins le livre parut celle même année à Amsterdam sous ce lilre qui rappelait les circonstances dans lesquelles il avait été composé : Les l 'cillées africaines ou les Psaumes de David mis en vers français.

Pendant son ministère Pierre Simond prêchait alternativement tous les quinze jours à Stellenbosch et à Drakenstein. Obligés de s'essayer à parler hollandais avec les fonctionnaires, les autres colons et les esclaves, les Français étaient entretenus et comme rafraîchis dans l'usage de leur langue maternelle par ce sermon bimensuel.

La retraite de Pierre Simond enlevait à la langue française son représentant et son protecteur le plus qualifié.

III. — Les directeurs de la Compagnie des Indes orientales, poursuivant leur idée, saisirent l'occasion. Déjà en 1700, Willem Adriaan van der Stel avait favorisé la propagation du hollandais dans l’est de la colonie. Considérant « l’accroissement quotidien de la population de Drakenstein et la nécessité absolue d'un kranckbesoecker et maître d'école pour propager la vraie religion chrétienne réformée, et

1. Article xlii du synode d'Utrccht, du 3 mai 1703. — Le synode émit un vœu en faveur de Simond : » La compagnie a prié MM. les Députés de la Haye de le recommander à Nos Seigneursdu Conseil d’État. » Article xvmdu synode. Ce vœu est renouvelé par des synodes ultérieurs.

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enseigner aux enfants la lecture et l’écriture », il avait le 3 avril nommé au nouveau poste Jacobus de Groot, de Haarlcm, ancien hrcmckbesoecker à Galle (Ceylan) Désormais Paul Roux, au lieu d’être seul maître d'école à Drakcnstein, eut un collègue hollandais.

Pour succéder à Pierre Simond, les directeurs désignèrent un Hollandais, Hendrik Reck, dont ils annoncèrent, le 20 septembre 1701, l'arrivée en ces termes : « Le Iluis le Byweg vous amènera un ministre à la place du ministre fiançais, Pierre Simond... Conformément à votre proposition et à votre requête, il comprendra le hollandais et le français, non, nous l'entendons bien, pour prêcher dans celle langue, mais seulement pour administrer les colons âgés, qui ne connaissent pas notre langue, les exhorter, les visiter, les consoler. De celte façon, avec le temps, le français sera tué et chassé de la colonie. La direction à donner à l’instruction consiste à enseigner notre langue aux enfants, à leur apprendre à la lire et à l’écrire 2. »

Ainsi la mort du français, son expulsion de la colonie, voilà le résultat final que l’administration du Cap devait obtenir. Le gouverneur du Gap assura le 20 mars 1702 le Conseil des Dix-Sept de sa vigilance. « Nous prendrons soin que par l'usage de la langue hollandaise dans 1 église et à l’école, la langue fran-

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