Iiiebceck's J., 111, p
J0I1AN VAN RIEBEECK.
(le maltraiter ou de frapper les indigènes, qu’il tenait à convaincre de ses dispositions conciliantes1. A cette règle de prudence mêlée de bienveillance, il se tint obstinément pendant ses dix années d’administration : « Notre objet principal est de vivre en amitié avec les habitants du pays et de commercer avec eux2 ». Cette phrase, prononcée le 4 novembre 1600 devant OEdasoa, chef des Cochoquas, il l’avait déjà dite maintes fois. Un chef de tribu sollicite-t-il son concours contre un adversaire, il ne manque pas de le refuser et de répondre : « Nous désirons vivre en termes amicaux avec tous les indigènes sans exception 3 ».
Van Riebeeck accueille cordialement dans le fort les chefs et les y régale. Le 30 septembre 1660, le chef des Chainouquas, Sousoa, entre dans le fort monté sur un gros bœuf blanc moucheté. Il met pied à terre en s’aidant des épaules de l'un de ses hommes. Des assurances mutuelles d'inaltérable amitié sont échangées entre lui et van Riebeeck qui le fait entrer dans sa propre chambre et asseoir sur une natte ainsi que sa bru, « la princesse crasseuse ». On leur sert du fromage, du pain blanc et du sucre, de la bière, des vins d’Espagne et de France ; on leur joue un air de clavecin et on leur fait visiter la maison de haut en bas. En même temps on donnait à leurs