Cf. Éludes sur l’Afrique, lrc série, p
l'escale nu cap.
portugais au Monomotapa est donc un menu épisode de la lutte déjà plus qu'à demi-séculaire, entre Pays-Bas et Portugal pour l'hégémonie de l'Océan Indien.
Les chefs d’expédition, ouvriers obscurs du grand œuvre de la découverte de l’Afrique, furent soit un adelborst ', c'est-à-dire un cadet, Jan Wintervogel et Jan Danckaert, soif un caporal, Willem Muller et Pieter Cruytholf, soif un sergent, Jan van Harwarden et Pieter Everaert, soit un chirurgien, Pieter van Mecrhoff, soit un fiscaal 2, Abraham Gabbema. Tous étaient fonctionnaires de la Compagnie. Une fois pourtant le commandement fut confié à un colon libre, Christian van Hoesum.
De ces expéditions, la moins nombreuse compta sept hommes, la plus forte, seize. Elles furent généralement composées de fonctionnaires de la Compagnie, cependant huit colons figurèrent dans la troisième, et sur les sept membres de la cinquième six étaient colons. La petite troupe ne revenait pas toujours entière : la première expédition perdit un homme, la quatrième deux; Pieter Roman, membre de la neuvième, fut tué par un éléphant.
t. Tout individu qui entrait au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales y était immatriculé avec le grade de soldant, quoiqu’il fut d'ailleurs souvent appelé à des fonctions qui n’avaient rien de militaire. Le grade d 'adelborst était immédiatement supérieur à celui de soldaat.
2. Fiscaal, procureur fiscal, fonctionnaire qui exerçait le ministère public auprès de la cour de justice.
J01IAN VAN RIEBEECK.
Pourtant cette vie aventureuse tentait, et en aucun cas les volontaires ne firent défaut. Un véritable tempérament d’explorateur se révéla chez le chirurgien Pieter van Meerhofî, qui fit partie des quatre expéditions de 1G60 et 1661, et commanda même l’une d’elles. Pour encourager les bonnes volontés, van Riebeeck promettait des primes : double solde au chef, pendant loute son absence, et aux hommes en cas de prolongation du voyage; « paiement royal » de l’or, des pierres précieuses et des perles rapportés.
Les expéditions emportaient du pain ou du biscuit, de la viande de porc, des épices, du vin d'Espagne et de l’eau-de-vie. La cbasse et la pêche devaient procurer et fournirent effectivement un supplément de vivres. Les hommes étaient armés de mousquets, de pistolets et de poignards. L’assortiment des objets de troc se composait de verroteries, d’étotïes, de bijouterie inférieure, bracelets et chaînes, de fils de laiton, de tabac et de pipes. Les bagages étaient transportés sur des bœufs de bât en petit nombre; aucun homme n’était monté; toutes ces explorations se firent à pied.
Il était prescrit aux chefs de noter les incidents du voyage et de tracer leur itinéraire sur une carte, en observant la boussole et la durée des trajets « comme les timoniers font sur mer ». Les « journaux de route », de valeur variable selon l'intelligence des rédacteurs, ont été analysés ou transcrits
L’ESCALE Ul' CAP.
en entier dans le Journal , qui était tenu au Cap sous la surveillance de van Riebeeck1. Quant aux itinéraires quelques-uns sont encore conservés aux Archives royales de la Haye2.
La durée de ces expéditions fut très variable. Celle de la plus courte, la troisième, ne dépassa pas dix-sept jours, tandis que celle de la plus longue, la neuvième, en atteignit quatre-vingt-douze. De la baie de la Table la deuxième se porta vers l'est et paraît avoir franchi la chaîne de montagnes ultérieurement dénommée : « Monts de Hottentots Holland ». Toutes les autres prirent la direction du nord-est et parcoururent les vallées de la Groote Berg et de l'Oliphant.
Ce fut Abraham Gabbema, qui, le 22 octobre 1(»57, découvrit « une grande rivière coulant sous la chaîne de montagnes du continent d’Afrique », et qu’il nomma la Groole Berg rivier , la grande rivière de la montagne. Le 6 mars 165S le topographe Pieter Potier, détaché en éclaireur par son chef van Harwarden, lit une autre découverte. De la Groole Berg rivier, il pénétra à l’est dans une vallée traversée par un cours d’eau nommé plus tard, le 7 février 1601, « la petite rivière de la montagne », Kleine Berg rivier. Arrivé sur un sommet, il « vit
1. Riebeeck's Journal, expédition n° 1 : I, p. 218; n° 2 : 1, p. 239; »“ 3 : II, p. 84; n“ 4 : II, p. 109; n» 5 : III, p. 10; n- 0 : III, p. 202; n“ 7 : III, p. 230; n“ 8 : III, p. 250; n“ 9 : III, p. 328.