Cartes n
JOHAN VAN RIEBEECK.
une plaine qui paraissait large de plus de quatre jours de marche » et inhabitée. C’était la plaine qui devait recevoir quarante-deux ans plus tard le nom de Waveren, et qui porte aujourd’hui celui de Tulbagh basin (Voy. carte 1).
L’Oliphants rivier fut découverte par Danckaert en décembre 1660, et explorée par les expéditions postérieures; Pieter Everaert parait en avoir presque atteint l’embouchure le 23 décembre 1661.
A la suite de ces explorations il fut acquis que la vallée de la Berg rivier était habitable, mais qu’au nord s’étendait une région stérile. En 1637 Gabbema remarqua le long de la Berg rivier « de belles terres pour la culture et de bons pâturages ». En 1661 Cruythoff traversa au nord de la Kleine Berg rivier « dix ou douze belles vallées avec de l’eau courante et de l'herbe aussi haute que la moitié d’un homme », région appelée plus tard de vieren twintigh rivieren, les vingt-quatre rivières.
Mais au nord règne une aridité qui frappa les explorateurs. « Nous étions dans une région où l'on ne pouvait rien avoir. Mille mesures de terre n’auraient pas fourni de quoi nourrir un bœuf », écrit Danckaert. « De ma vie je n’ai vu pays aussi pauvre, il n’y a pas assez d’herbe pour en remplir la main, » écrit Meerholf à son tour, et Pieter Everaert déclara qu’au nord de l’Oliphants rivier « le sol est aussi sec et nu qu'une planche, et couvert de dunes sablonneuses, sans un brin d’herbe; çà èt là seule-
l’escale du cap.
ment une mare d’eau salée et boueuse, dont le pourtour est blanc de sel ».
Les explorateurs eurent des rapports avec trois sortes de populations, les Chariguriquas, les Namaquas, les Soaquas ou Boschimans. Analogues aux Hottentots riverains de la baie de la Table, les premiers n’offraient aucune originalité. Les Namaquas furent découverts en 1661, près de la rive droile de l’Oliphants rivier. Du 20 au 21 février, Pieter Cruythoff et ses compagnons séjournèrent dans le camp de leur chef, Akambie, un vieillard « grand comme un géant ». Pieter van Meerhoff, rédacteur du journal de l’expédition, a donné des Namaquas une description précise et pittoresque que nous avons partiellement analysée plus haut (p. 36).
A l'expédition de 1660, commandée par Danckaert, participa un jeune homme nommé George- Frédéric Wreede. Il fut le premier à décrire les Soaquas, dénommés plus tard Boschimans, et avec qui les colons du Cap devaient dans la suite des temps avoir si souvent des rapports.
Les explorateurs eurent avec tous ces indigènes des relations pacifiques : d’un côté pas un coup de mousquet ne fut tiré; de l'autre ni une flèche ni une sagaie ne fut lancée; il y eut échange de menus services et de menus cadeaux.
Quand van Biebeeck débarqua au Cap, on ne savait rigoureusement rien de l’Afrique australe. Dix ans plus tard ce pays était exploré jusqu’à
Tableau I. — Exploration du pays de 1655 à 1662.
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l’escale du cap.
environ 300 kilomètres au nord-nord-est du fort. Des noms qui figurent aujourd’hui encore dans la toponymie : Groote Berg rivier, Kleine Berg rivier, Oliphants rivier, Biebeeck’s Kasteel, étaient déjà donnés à certains accidents topographiques. La réputation d’aridité du pays des Namaquas commençait à s’établir, et l'on savait au Cap que dans cette région ni la culture ni l’élevage du bétail n’avaient de chances de succès.
Le tableau de la page précédente donne la liste de ces expéditions dans leur ordre chronologique.