‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 63 sur 201 · Lctlcrs desp., 1652-62, I, p · texte numérisé non relu

Lctlcrs desp., 1652-62, I, p

L'ESCALE DU CAI>

pingouin, lui avaient fait, du Zuiderzée à Batavia, la plus fâcheuse réputation. Les hommes qui revenaient des Indes portaient dans l'argot du temps le surnom d'Oranglammen (ceux qui n'ont pas froid aux yeux), par opposition aux Orangbharu (les blancs becs) qui s'y rendaient 1 . Ils étaient intraitables. Ces gaillards-là, disait Frédéric Yerburg au caporal Marcus Robbeljacht, en l'installant à l'ilc Robbcn pour garder le troupeau le 2K mars 1654, « ont les doigts agiles, quelques braves genscxccplés ; ils ne craignent ni Dieu ni diable, et prendraient les moutons de gré ou de force2 ».

En 1060, les Oranglammen delà flotte de retour manifestèrent violemment leur hostilité contre le Cap. Cette flotte, composée de neuf navires et commandée par l’amiral Sterlhemius, était arrivée le 2 mars. Selon l'usage plusieurs centaines d'hommes avaient débarqué. Or, le 20 mars, pendant les heures qui précédèrent le départ, leur fureur se déchaîna, et leurs officiers ne purent pas ou ne voulurent pas rétablir la discipline. Ils font irruption dans le potager, et, au lieu d’emporter les las de légumes qui étaient préparés pour chacun des navires, ils ravagent tout, foulent aux pieds « choux, melons et pastèques », s’encouragent réciproquement à la destruction en criant : « Brisez tout! comme cela nous ne reviendrons plus dans ce sale pays! » Ils volent

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