‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 70 sur 201 · Ibid., II, p · texte numérisé non relu

Ibid., II, p

JOUAN VAN RIEliEECK.

1635 de doux expéditions dans l'Atlantique austral en 1039 et 1660 pour découvrir une certaine île, d’ailleurs imaginaire, qu’on nommait « Nouvelle- Sainte-IIélène 1 2 3 », de deux expéditions sur les côtes île Guinée et d Angola en 1057 cl 1638 pour acheter des esclaves, de deux voyages dans les mers australes en 1637 et 1659 pour retrouver les naufragés du Vergulde Drciak , qu’on supposait avoir sombré en

1636 sur la « Terre du Sud ».

Assurément toutes ces expéditions furent mises en mouvement sur l'ordre des Directeurs de la Compagnie, mais ce fut van Riebeeck qui les équipa partiellement ou entièrement, el qui munit leurs chefs respectifs d'instructions, dont la réunion formerait une forte brochure.

11 recueille les renseignements rapportés par ces expéditions, car son esprit est curieux el avide de connaissances. 11 rapproche ses observations de ses souvenirs d’Extrême-Orient, compare les coups de vent de la baie de la Table et les ouragans île l’Inde, une plante du Cap et une racine aromatique japonaise nommée nisy, les Hottentots indolents et les habitants de Formose, industrieux et adroits chasseurs de cerfs A

1. Une exploration de Tristan da Cnn lia par les Hollandais au xvne siècle (La Nature, 11 mars 1905, p. 230).

2. La prise de possession de Sainte-Hélène par la Grande- Bretagne au xvn' siècle (Journal des Savants, 1906, p. 271-272).

3. Itiebeecli's J., I, p. 55. — Letters desp., 1652-02, II, p. 298-9;

L ESCALE DU CAP

Pour s’instruire, il reçoit et même retient à dîner les officiers des navires étrangers qui touchent au Cap, précieux moyen d'information, car à la chaleur des vins d'Espagne, les langues se délient. En février IGoG, le capitaine du navire anglais Arosia le renseigne sur le Mozambique portugais1. Eu mai 1GG0, les officiers de La Maréchale lui donnent maint détail sur la colonisation française à 1 île Dauphine2. En ce posted'observalion, vrai carrefour des océans, il recueille de toutes mains des notions géographiques, économiques, ethnographiques, politiques, et les rapproche de ses connaissances antérieures. Son imagination se donne carrière, il voit déjà les Français hors de Madagascar, les Portugais expulsés du Mozambique, l'or et 1 ivoire du Monomolapa détournés vers le Cap de Bonne-Espérance, projets grandioses qui effrayaient un peu les hommes de sens rassis, tels que le commissaireinspecteur Rijckloff van Goens, qui disait de van Riebeeck : « Le Commandeur du Cap est zélé et vigilant, mais il serait désirable qu'il eût comme second un bon conseiller pour modérer ses idées chimériques 3 ».

C'est qu'il rêve de grandes destinées pour 1 établissement, dont « il a eu l'honneur d’être le premier fondateur ». Pas de moyen qu'il n'emploie pour le

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