NAVIRES DE LA COMPAGNIE DES INDES ORIENTALES
Tandis qu'avant 1652 la baie de la Table ne servait qu’exceptionnellement de mouillage, entre 1653 et 1661 253 navires de la Compagnie des Indes y pénétrèrent et 218 en sortirent : l’établissement du Cap justifia donc sa raison d’être dès sa fondation.
Des modèles réduits exposés au Musée ethnographique et maritime de Rotterdam permettent de se figurer cette marine. Ici des yachts, bâtiments de dimension restreinte : un seul grand mât, six ou huit canons, à l’arrière un petit château. Là des vaisseaux, le Pad Mos et le Ionkurouw Calharina Camélia : bâtiments aux flancs évasés, solidement assis sur l'eau, trois mâts, deux ou trois étages de bouches à feu, à barrière un château élevé percé de
l’escale du cap.
deux rangs de fenèLres; à la poupe de l’un d’eux le monogramme de la Compagnie Y. O. G. (\ ereenigde Oosl-Indische Compagnie).
Le Cap fut de 11)52 à 1GG2 le point, de départ de voyages à Sainte-Hélène, à Tristan da Cunha, à Madagascar, mais par exception. Amsterdam, Rotterdam, Middelburg, Delft, Hoorn, Enkhuizen, d’une part, Batavia de l’autre, voilà d’où viennent, voilà oii vont les navires qui passent.
La baie de la Table n’était pas uniformément fréquentée à toute époque. L’animation y régnait surtout de février à avril. Partant simultanément des Pays-Bas et de Java à la fin ou au début de l’année, les navires se rencontraient au Cap. Ils se communiquaient les plus récentes nouvelles de l'Europe ou de l’Inde, et s’avertissaient réciproquement des dangers éventuels.
Soit par exemple les mois de mars et d'avril 1G5G. 1 tes Pays-Bas arrivent au Cap, le 1er mars le Muyden, le 5 le Weesp, le G le Breuckel, le 9 le Draack et le Zeepard, le 10 le Dolpliyn , le 1 1 Y Hercules et 1 cBrouwershaven, le 12 Y Achilles, le 13 le Maersen , le 16 le Zeeliond, le 19 le Ter Sclielling , le 31 1 Hector, le 15 avril le Terlolen.
D'autre part, de Batavia arrive le 15 mars, commandée par Jasper van don Bogaerde, une flotte de six bâtiments : De Produite, Malacca, P/uenix, Ilel l/o/l rail Zeeland, Waluisch , De Gehroonde Leeiitv , et le 1 1 avril une seconde Hotte de quatre bâtiments*
l’utilité r»r: l’escale.
Oranje, Elephanl, En/dmyzen, Nieuiv Rotterdam , sous les ordres de Dirck Sercerius.
L'effectif de l'équipage de ces navires restait parfois inférieur à 10Ü hommes : 2(i à bord du Zuijlen arrivé le 21 mars 1G59, 38 à bord du Schelvis, arrivé le 18 février 1659, 92 à bord de VAc/iilles , arrivé le 3 mars 1(158; mais fréquemment il atteignait et même dépassait 300 hommes : 336 à bord de la Princesse Royaal arrivée le 21 septembre 1(150, 302 à bord de Ilel llo/fvan Zeeland arrivé le li juillet 1059, ilO à bord de Y Oranje arrivé le 28 juin 1659 *.
Annuellement le Cap contribuait à la nourriture de 5 000 à 0 000 passagers. Et van Riebecck était fondé à écrire, le 5 mars 1057 : « On peut se faire une idée de ce qu’il faut préparer quand il y a souvent quatorze ou quinze navires en rade pour dix jours ou davantage, c’est le cas en février, mars et avril, quand les navires arrivent ici les uns après les autres, transportant des centaines d’hommes1 2 ».
Les bûliments en escale commençaient par s’approvisionner d’eau, de cette eau renommée, dont l’abondance, la pureté et la limpidité devaient au xvme siècle être louées par le voyageur Peter Ivolb, en style noble, dans son mémoire : De aquis Capitis Bonæ Spei3. Us recevaient pendant la durée de leur mouillage une quantité suffisante de légumes el de