‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 88 sur 201 · LES DÉBUTS DE LA COLONISATION · texte numérisé non relu

LES DÉBUTS DE LA COLONISATION

Ce fut uniquement pour ménager à leurs flottes un point de ravitaillement et à leurs fonctionnaires un lieu de repos entre l'Europe et Java, que les Directeurs de la Compagnie néerlandaise des Indes fondèrent un établissement au Cap. L utilité de cette escale s’étant progressivement affirmée, les Dix- Sept, qui en gens d’affaires auraient certainement renoncé à leur entreprise, si l’expérience les avait convaincus qu'ils se méprenaient, inclinèrent, devant son succès, à en favoriser le développement.

Ils autorisèrent des fonctionnaires de la Compagnie résidant au Cap à quitter le service; ils envoyèrent des émigrants des Pays-Bas : l’escale

donna naissance à une colonie d’agriculteurs et

d’éleveurs de bétail.

Ce fut le 0 octobre 1654 qu’ils manifestèrent pour la première fois la velléité de « planter une colonie », comme l’on disait jadis : « Nous avons, écrivirent-ils à van Riebeeck, causé de choses et d’autres avec le commandant David Claesz Sivaegh, qui est souvent allé au Cap. 11 nous a dit que la vallée, qui commence à la baie et s’étend derrière la montagne de la Table, pourrait fort bien être cultivée en riz, froment et autres céréales et servir de pâturage au bétail. Il pense que quelques familles néerlandaises établies là y rendraient grand service. Nous attendons pour avoir une opinion que vous ayez formulé la vôtre; examinez donc cela avec soin, faites-nous un rapport, et, si c’est possible, joignez-v un plan d’ensemble '. »

Van Riebeeck, toujours enclin à augmenter l'importance du Cap, accueillit ces ouvertures avec empressement. « Nous supposions, répond-il le 28 avril 1655, qu’ici votre seul objet était de faire ravitailler vos navires... mais comme nous vous voyons maintenant disposés à fonder une colonie, nous n’hésitons pas à dire que plusieurs points offrent des conditions favorables à l’élevage et à la culture2. » Puis, sans plus tarder, il expose ses vues sur les rapports de la Compagnie avec les

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