Le tiers desp., 1632-62, 11, p
DKBl'TS DF, LA COLONISATION.
futurs colons, sur les avantages à leur accorder et les obligations à leur imposer. « Pour réussir à fonder une colonie ici, il est nécessaire que les colons gagnent assez, non seulement pour vivre, mais encore pour économiser, sans quoi personne n’osera se risquer dans ce pays sauvage. » La Compagnie devra donc pourvoir à leur nourriture et à leur logement jusqu’au moment oii ils pourront vivre des produits de leurs domaines, qu’il conviendra d’exempter d’impôts pendant quelques années. Elle ne devra pas cultiver pour son compte, << sans quoi ils resteraient avec leurs produits sur les bras; le bétail et les grains devront leur être achetés par elle à un prix fixé; pour les aider à se tirer promptement d’affaire, il faudra mettre à leur disposition bon nombre d’esclaves qu’on pourra faire venir de Madagascar ou de l’Inde, et qu’on leur vendra à crédit ».
La pèche, la chasse, l’élevage des porcs et de la volaille, la récolte du miel, de la cire, du musc, la fabrication de l’alcool pourront aussi leur procurer quelques profits accessoires.
En retour, la Compagnie aura le droit d’imposer aux colons certaines conditions. Pour qu’ils ne s’en aillent pas, « une fois leurs poches pleines », « ils devront être contraints de rester ici dix ans et leurs enfants vingt. L'affection pour les enfants retiendra
les parents; graduellement privés de la Hollande,
ils feront du Cap leur patrie ». « Pour défendre leurs propriétés contre toute agression et contribuer à la
sécurité do l'établissement de la Compagnie, ils devront être organisés en milice, selon l’usage adopté par les Portugais dans leurs colonies de l’Inde1. «
Dans deux lettres ultérieures, des 5 et 24 juillet 1055, van Riebeeck ajoutait que quelques fonctionnaires du Cap déjà accoutumés au pays et disposés à demander leur libération pourraient former le premier noyau des colons. Il conviendrait aussi de provoquer l’immigration de quelques familles néerlandaises, mais non de créoles de Batavia « qui ne savent pas travailler2 ».
Ainsi les Dix-Sept voyaient leur discrète proposition pleinement approuvée par van Riebeeck. Enhardis, ils l’autorisèrent à tenter un premier essai île colonisation libre : « Comme bien des choses, lui écrivirent ils le 30 octobre 1655, sont mieux faites par des hommes libres que par la Compagnie et ses serviteurs, nous avons décidé de vous autoriser à accorder leur libération (in vrijdom testellen ) à ceux qui, l’ayant demandée, possèdent une connaissance particulière du pays et de l’élevage, et qui sont capables de subsister sans les secours de la Compagnie3 ».
Dix-huit mois plus tard, le 21 février 1657, neuf des hommes aux gages de la Compagnie demandèrent à quitter son service pour se livrer à l’agriculture et à l'élevage. Van Riebeeck les divisa en