SCÈNE VIII
AURÉLIE
Écoutez, je connais votre homme, ou, du moins, je le devine... Vous i’ avez mal pris.
HENRI
Évidemmcnl.
AURÉLIE
Vous avez eu tort de lui faire la cour.
HENRI
J’élais absurde.
AURÉLIE
Il n’y a qu’un moyen de le soumettre.
Parlez !
AURÉLIE
Il faut le traiter en ennemi.
HENRI
Oui..; C’est mon idée ! (ils se lèvcut.)
AURÉLIE
Le braver en face.
HENRI
Je le braverai !
AURÉLIE
Le choquer dans toutes ses idées.
HENRI
Je le choquerai I
AURÉLIE
Être plus rude et plus méchant que lui.
HENRI
Je serai atroce!
AURÉLIE
Il est entré à la Conversation, allez-y
HENRI
• J’y vais.
AURÉLIE *
11 déteste le jeu, jouez...
H ENRI.
Je jouerai !
AURÉLI E.
A sa barbe.
* Aarélie, Henri.
HENRI
A sa... (Hésitant.) Mais il va me prendre en horreur !
AURÉLIE
Tant mieux!
HENRI
Mais s'il me fait des observations?
AURÉLIE
Vous l’enverrez au diable.
HENRI
Et s’il se fâche ?
Vous crierez plus fort que lui.
HENRI
Et vous croyez que c’est le moyen d’obtenir sa fille ?
AURÉLIE
Mon cher ami, il n’y a que deux façons de prendre les gens : (Lui passant la main sur la Bgure de haut en bas.) Comme ceci, ou... (Faisant le même geste de bas en haut.) Comme cela. La pre* mière façon ne vous a pas réussi, essayez de l’autre.
HENRI
Vous me répondez du succès 7
AURÉLIE
Je ne réponds do rien ; mais je vous jure que Salomon luUmôme, s’il était vivant et votre ami, ne vous donnerait pas un plus sage conseil.
HENRI
Merci, et pardon !
AURÉLIE
Je n’ai pas besoin de vous pardonner, puisque je vous aime ! Allez vite !
HENRI
C’est la Providence qui vous a conduite à Bade !
AURÉLIE
Mais je ne sais pas si c’est elle qui me ramènera à Paris... En avant!
SCÈ,NE IX.
Les mêmes, SAVINIEN ’.
Où cours-tu?
SAVINIEN
‘ Aurélie, Henri, Saviuieu.