‹ Le capitaine DupontChapitre 23 sur 28 · LA VIEILLE FILLE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE FILLE

— Oui, Rosalie, j'ai sonné... Entrez, veuillez approcher... Ah! mon Dieu! voilcà donc pourquoi, depuis quelque temps, j'avais celte impression que vous étiez changée, mal portante et surtout alourdie...

C'est la lecture d'un article, dans le journal, qui vient de me donner l'idée de vous regarder avec cette attention particulière. Il s'agit, dans cet article, d'un oftice central d'assistance, créé dans le but d'assurer la protection sociale à certaines mères, ou futures mères, nécessiteuses. La guerre, en effet, a rendu plus importants que jamais les problèmes de la maternité...

Toutefois, la guerre même n'abolit pas les saintes lois de la morale, et vous me voyez saisie, épouvantée...

Mais, asseyez-vous, ne restez pas debout, avec cette mine faliguée que vous avez...

Voyons, depuis quatre ans que vous êtes à mon service, vous n'aviez pas à vous plaindre, car, enfin, je vous traitais aussi bien que possible. Précisément parce que vous étiez orpheline, je tâchais de remplacer votre famille, dans une large mesure. Je m'intéressais à votre existence, — bien-être, santé, — et aussi à vos pensées, à vos sentiments... Je vous emmenais souvent, dans mes sorties, pour vous distraire et je vous tenais des conversations amicales que Ton ne tient pas d'ordinaire à sa domestique...

Eh bien, malgré cette sollicitude, malgré que vous ne manquiez de rien chez moi, vous avez commis un inqualifiable péché ! Je me demande quelle excuse vous pouvez invoquer?... Allons, défendez-vous, répondez...

Ah! bon, voilà l'explication. Alors, petite sotte, vous vous êtes laissé abuser. Parce que vous étiez du même pays et que ce n'était pas un inconnu, vous l'avez écouté, vous avez cru aux promesses, aux histoires trompeuses...

VA <( vous ne saviez pas... ». Cela veut dire que personne ne vous avait mise en garde

expressément contre le mal et ses conséquences! Oui, vous n'avez pas eu les avertissements maternels; mais, encore une fois, vous entendiez journellement mes réflexions morales sur les choses de la vie...

Oh ! s'il vous plaît, ne commencez pas à pleurer ; il y en a de plus à plaindre que vous, j'en connais. La maternité est l'épreuve normale de notre sexe, vous n'avez donc droit à aucune compassion pour... pour ce qui vous attend... Je dirai même que vous avez bien trop de chance, car cette épreuve rachète en partie voire faute, cette épreuve vous donnera une dignité particulière et vous rapprochera des femmes les meilleures...

S'il vous plaît encore, n'ayez pas l'air de sourire, maintenant, il n'y a rien de contradictoire dans ce que je dis, vous n'en êtes pas moins coupable, très coupable...

Et puis, ne vous sauvez pas ; laissez-moi un peu réfléchir; j'ai besoin de penser tout haut pour me reconnaître dans ce bouleversement inattendu... C'est ça : reniflez, frottez-vous les yeux...

En vérité, si quelqu'un peut avoir envie de

pleurer, ce n'est pas vous, j'en allesle les soupirs qui montent de mon cœur...

A considérer votre coupable jeunesse, voici que je fais un retour sur moi-même... Pourquoi ne me suis-je pas mariée? Les prétendants ne m'ont pas manqué. J'avais, disait-on, de la beauté; avec cela, certains dons de l'esprit, une instruction supérieure, une dot... Peut-être •aussi avais-je Iropd'orgueil. Jemesuismontréesi difficile, à la belle saisondemavie,querautomne m'a surprise dans la solitude irrémédiable.

Je n'ai jamais beaucoup regretté les attentions masculines, je ne m'attriste guère de n'avoir pas connu la tendresse d'un mari, mais j'ai profondément regretté d'être exclue du devoir maternel.

C'est d'ailleurs pour cela que je me suis tant occupée des enfants des autres...

Ah ! cette misérable consolation, cet ironique a])aisement à votre besoin d'aimer : les enfants des autres, ceux de votre monde et ceux du pauvre monde!...

Ah! certes non, mes regrets n'en ont pas été adoucis! Toutefois, jusqu'à ces derniers temps, il m'avait bien semblé qu'en restant vieille fille, je n'avais fait tort qu'à moi.

Et puis, arrive la guerre; chacun se réfugie dans la solidarité générale et chacun apporte sa part de solidarité. Alors, chose terrible, les valeurs- humaines apparaissent sous un jour nouveau...

La patrie réclame des enfants : allous les femmes! Une sorte de recensement s'établit : qu'avez- vous donné? que donnez-vous?

J'ai éprouvé, tout à coup, la plus affreuse angoissé à sentir, de ce point de vue, que j'étais une vieille fille.

Voici d'un côté les épouses fécondes, voici d'un autre côté les créatures stériles... Une fois mises à part, — en très haut rang, — les femmes qui se vouent à la charité, est-ce que la patrie ne rejetterait pas en dernier, — tout à fait en dernier, — celles qui restent en dehors de la loi de nature, par choix égoïste?

Et moi qui n'ai subi aucune fatalité, aucune contrainte des circonstances, n'ai-je pas excédé le droit à l'égoïsme ?

Sans doute, le rôle est grand aussi de s'occuper des enfants des autres; sans doute, il est nécessaire, il est indispensable que des femmes existent, — spécialement désignées, oserai-je dire, — pour suppléer les mères incapables.

OU empêchées... Tout de même, tout de même, si c'était à refaire...

Mais, revenons à vous, Rosalie.

Je suppose que vous avez braverrient songé à l'avenir?... N'est-ce pas? le sort, la destinée de l'enfant occupe toutes vos pensées... je m'attends à des demandes... Comment! non? Vous n'avez pas d'idée? Vous ne formulez aucun désir, aucune exigence?

Voyons, voyons, pas possible, nous ne nous comprenons pas. Partons du commencement.

Le terme de. . . cet état où vous êtes, le terme de votre grossesse va arriver...

Qu'est-ce que vous me chantez? « Vous partirez à l'hôpital quand il faudra. » Etes-vous folle? Cet enfant naîtra ici, puisque tout le temps vous l'avez porté ici, il appartient à cette demeure. On ne saurait prendre trop de précautions! En vous transportant à l'hôpital, un accident pourrait se produire; je ne veux pas d'un tel risque : la guerre, mangeuse de vies humaines, rend trop précieuse la plus Immble naissance !

Donc, vous restez ici. « Ça vous est égal. » Passons. L'enfant une fois né, j'espère que vous serez en état de le nourrir...

Qu'est-ce qui vous étonne?

Bien sûr que nous le garderons! Ah ça! vous pensiez l'envoyer en nourrice? Vous acceptiez d'en être séparée? « Ça vous était égal. » Encore ! Vous pouvez prononcer cette abominable parole, en évoquant celle chose humaine la plus palpitante de toutes : la venue au monde d'un être nouveau, une vie nouvelle k proléger...

Alors, je crains que vous n'ayiez fait des préparatifs insuffisanls... Hein! Vous n'avez rien préparé! pas un lange, pas une brassière!..

Tenez, allez vous reposer, vous me mettriez en colère...

Eh bien! qu'est-ce qu'on dit?... Ah ça! désormais, petite sotte, voulez-vous bien me demander de vous embrasser, avant d'aller vous coucher...

Et, maintenant que je vous liens contre moi, là, voyons... vous ne sentez donc rien, décidément, petite malheureuse?... Un enfant va nailre à la France , un enfant de la guerre ; il y a là comme une sainte offrande... Regardezmoi, ayez un peu d'attendrissement...

La voilà partie, elle a l'air absolument indifférent... Dans sa situation, elle n'est même

pas sollicitée de me témoigner un semblant d'affection, ne fCil-ce que par intérêt, pour s'assurer une protection plus empressée.

Et, si près d'être mère, elle n'a aucun élan de nature, aucun tressaillement d'espoir ou de crainle. Quel senlimeul sublime ce doit être pourlant que l'instinct maternel ! Et dire que je suis condamnée à l'ignorer toujours, toujours, ce cruel et délicieux émoi... Il n'y a pas à soutenir le contraire : je suis une infirme, une déchue; j'ai beau avoir la bonne volonté...

Allons, vieille fille, assez de vaine songerie. Il s'agit de prendre les dispositions utiles pour celle naissance imminente. Dès demain, j'irai me choisir un gentil berceau... je le vois blanc et bleu, oui, bleu, plutôt que rose...

Et je vais me mettre tout de suite à ma layette. Car, enfin, il faut coudre soi-même les mignonnes enveloppes du nouveau- né, on les rend ainsi plus douces, on y ajoute je ne sais quel invisible duvet. Le froid doit être si cruel à la chair fragile, aux membres délicats... .Je me sens déjà toute remuée à l'idée de chiffonner dans mes mains ces menues choses en batiste, en (lanelle. Je sens bien que, penchée sur mon cher ouvi'age, souriante et rêveuse,

je vais préparer des caresses, desparolesjolies. Tout ce qui doit s'exhaler de moi vers la frêle créalure, commencera à monter de mon cœur et voudra se tenir prêt, à mes lèvres,..

Je pense bien, d'ailleurs, que les autres mères sont ainsi : elles n'attendent pas que l'enfant soit là pour l'aimer, et, vraiment, moi, le mien...

UÈMBRASSADE

M. Bernardin, cinquante ans, décoré, est un archilecle de valeur qui a, d'ailleurs, assez la physionomie d'un artiste, — avec sa figure longue à barbiche et sa vareuse couleur tabac. Il a consenti à ce que sa femme devînt la marraine d'un soldat sans famille. A quarante-deux ans, elle offre encore la beauté d'une sainte de Léonard de Vinci : une figure d'un ovale très pur, aux traits unis, et comme éclairée de douceur pensive. Sa mise, presque trop, modeste, a cette simplicité droite qui convient à laslatuaire.

Et voici Armand, le filleul, en permission. Avant la guerre, il était instituteur en Seineet-Oise, et, avec sa frimousse drôle de gamin de vingt ans, on dirait qu'il se paie un peu la iête de ces bons bourgeois qui s'appliquent de leur mieux i\ tenir conversation avec lui.

— En somme, dit M. Bernardin, comme enfant assisté, vous avez eu de la chance.

— Oui, mes parents nourriciers ont reçu, par l'entremise de Tadminislration, des subsides anonymes destinés aux frais de mon instruction.

— Aujourd'hui, observe M. Bernardin, l'Assistance permet aux mères de retrouver leurs fils abandonnés, pourvu qu'ils soient soldats, bien entendu.

— J'ai même lu des histoires là-dessus, répond Armand, l'air amusé.

— Moi aussi, fait M"' Bernardin, d'un ton dé^approbaleur. Toujours, la mère repentie est richement mariée ou richement entretenue, et toujours son fils, pourtant très misérable, la répudie avec de grands mots justiciers; il refuse même noblement l'argent qu'elle lui offre, et avec quoi, pourtant, il pourrait faire tant de bien à ses camarades malheureux.

Armand éclate de rire :

— Comme on voit que la littérature, même généreuse et sociale, est faite par des bourgeois, — et pour des bourgeois!...

M. Bernardin rit aussi, puis reprend sérieusement :

— Avouons que, pour abandonner son enfa ni, il faut à une mère une bien grande insensibilité.

— Ou un bien grand courage, dit M"* Bernardin, avec vivacité. Je sais une histoire, véridique, celle-là : deux amies d'atelier, pareillement séduites et Irompées, échouent ensemble à la Maternité. Une fois rétablies, elles veulent élever leur enfant elles-mêmes, malgré les difficultés de l'existence. Au bout de trois mois, l'une des deux ouvrières voit son enfant mourir, faute de soins suffisants. L'autre est prise d'épouvante : le sien, chélif et malingre, ne vivra pas non plus, si, par un criminel égoïsme, elle s'obstine à le garder. Et vraiment, c'est pour le sauver, c'est par une résolution affectueuse et désespérée qu'elle l'a donné à l'Assistance publique... Or, il a vécu; serait-ce bien qu'il vînt prononcer condamnalion de la malheureuse femme?

Le petit filleul aiguise ses yeux malins :

— Non... VA pourtant, s'il se montrait slupide et injuste, ce serait, en définitive, par la faute de son éducation inférieure, éducation reçue du fait de l'abandon...

— Parfaitement! s'écrie M. Bernardin. La

mère renoncialrice est mal fondée à se plaindre que son enfant, devenu homme, ait un cœur sans nolilesse, c'est comme si elle s'étonnait de ne pas le retrouver millionnaire...

Une idée drôle vient à M. Bernardin, au cours d'une promenade avec le jeune Armand :

— Grâce à un fonctionnaire de l'Assistance publique que je connais, nous pouvons avoir communication de votre dossier.

Au boul d'une heure, quand les deux curieux sortent des bureaux, M. Bernardin est livide, et Armand paraît tout inquiet. Le dossier d'enfant assisté a révélé le nom de fdle de la mère et aussi son nom de femme acquis ultérieurement : M""® Bernardin.

— Asseyons-nous à cette terrasse de café, dit M. Bernardin, après quelques tournaillemeuts de voyageur égaré. Et très vite, il reprend son air de sérénité.

(' Moji ami, il faut vous mettre à aimer votre mère, comme moi je vais continuer à aimer ma chère femme. C'est elle-même, la

pauvre ouvrière qui a préféré confier son enfant à radminislration, plutôt que de le voir mourir, et les subsides anonymes envoyés pour votre instruclion représentent les économies qu'elle faisait, depuis son mariage, en se refusant toute espèce de coquetterie.

« Quant à moi, loin d'avoir à lui reprocher aucune tromperie, je dois maintenant admirer sa tragique loyauté.

« Quand j'ai recherché Angèle en mariage, elle m'a prévenu très franchement : « Vous savez, je ne suis plus une innocente. » A quoi j'ai répondu :

— Etsi j'épousais une veuve ou une divorcée?

« Puis j'ai ajouté, notez bien :

u — Je suis un égoïste jaloux, j'ai besoin d'être seul soigné, d'être seul aimé, à l'exclusion de tout autre vivant. Aussi ai-je la clairvoyance infaillible des avares : je laisse à ^d'autres le préjugé de la virginité, laquelle ne garantit aucune qualité morale, et je suis bien plus sûr de vous que d'une innocente. Vous avez été éprouvée, vous ne faillirez plus.

« En effet, Angèle a été une épouse dévouée, aimante, irréprochable jusqu'au tragique... Voici comment...

« Par le fait du mariage, elle avait admis mon intraitable jalousie; elle ne pouvait donc pas, honnêtement, me parler « d'un autre vivant ». Tout ce qu'elle pouvaft faire, — et qu'elle a fait pendant près de vingt ans, — c'était d'épier un changement de mon « moi », un relâchement de mon égoïsme qui lui aurait permis d'exhaler cette avide parole : « J'ai un enfant que je voudrais aimer. »

(( Je m'explique maintenant certains de ses regards qui étaient comme d'anxieuses prières et lui donnaient une étrange beaulé : la beauté du martyre, parbleu!

« Mais, raison de plus, de plus en plus amoureux, je n'ai pas changé... Alors, puisqu'elle avait promis d'être toute à moi, elle a étoulîé la voix de son cœur maternel.

« Il a fallu la guerre, — le sacrifice de tous, — pour que moi aussi je devinsse capable de quelque sacrifice, et que je lui permisse d'avoir un filleul.

« Voilà toute l'histoire. Et alors, nous, — aujourd'hui, où vous vous en retournez sur le front, le mieux est de taire noire découverte.

(( Certes, mon pauvre petit, il y a là une bien cruelle situation : vous vous en irez sans

l'inappréciable douceur de pouvoir dire « au revoir maman », et elle, pauvre femme, après vingt ans d'attenle, elle vous regardera partir, — partir à la guerre, ô mon Dieu! — sans pouvoir dire : au revoir, mon enfant.

« Mais, est-il une autre possibilité?

« Ne serait-ce pas tuer la malheureuse, en quelque sorte, que d'annoncer : « Nous sommes renseignés... » Il semble que toute parole serait odieuse; toutes les précautions ne serviraient qu'à aggraver l'aspect des ctioses... Voyez-vous ce rongea son front?... Voyez-vous celte pâleur à ses joues?

« Est-il une attitude possible? Quels gestes ferions-nous?... Comment nous regarder?

« En un mot, comment éviter cet instant de gêne affreuse, de honte insoutenable, dont l'impression ne s'efïace plus, dont le souvenir gâte à jamais l'existence entière, tel un cauchemar qui revient sans cesse?

« Non ! décidément, nous devons garder notre secret. »

A la maison, l'heure du départ.

Quel visage émouvant de forçale héroïque montre M""' Bernardin! Elle ressent, — comme iJ y a vingt ans, — l'épouvante de la mort pour son enfant, et pourtant elle sourit :

— Bonne chance, petit fdleul, soyez bien brave ! . . .

Elle retarde l'arrachement par de nouvelles phrases qui arrivent continuellement :

— Vous continuerez à m'écrire souvent?...

— Oui, marraine.

Le petit Armand sourit aussi, avec un air de pensive résignation.

Mais, on a beau défaire, vérifier, refaire les paquets, on a beau réfléchir successivement à un tas de choses oubliées, il arrive que toutes les paroles ont été dites, et qu'à force de piétiner, l'on est dans l'antichambre, près de la porte.

— Au revoir, mon filleul.

— Au revoir, ma marraine.

Ils se tendent la main seulement, ils n'osent pas s'embrasser, M. Bernardin n'est-il pas là, qui lui aussi prend part aux adieux!

Mais justement, voilà que, pour lui, cela dépasse la misère supportable, de voir que ces deux pauvres êtres n'osent pas s'embrasser.

11 pourrait, tout bonnement, crier : « Embrassez-vous donc! » xVIais quoi? Cela signifierait : embrassez-vous, marraine et filleul... Piètre douceur... Non! 11 faut quelque chose de mieux que de les pousser aux bras l'un de l'autre, il faut, pour le pauvre cœur maternel, quelque chose de meilleur encore que cet échange de baisers...

Avez-vous déjà vu le soleil illuminer brusquement un endroit sombre?

D'un élan, M. Bernardin attrape la main d'Armand, il le regarde dans les yeux, il lui communique son fluide palpitant, il le tire par le bras, et les deux hommes s'étreignenl dans une embrassade violente, prolongée, appuyée, la figure en larmes.

Ils soulagent par là toute leur affection pour elle, et i4s expriment à son adresse les plus tendres aveux : nous savons la vérité, mais regarde comme nous bannissons toute arrièrepensée! Regarde : nous t'aimons telle que lu es, telle que tu as toujours été, et ton fils t'aime d'être une bonne épouse, et Ion mari t'aime d'être une bonne mèro, regarde comme nous t'embrasserons!...

Oui, tout cela, ils l'expriment dans leur

longue étreinte, car l'ancien égoïste serrant sur son cœur le cher petit soldai prêt à s'en aller, exhale vers sa femme le plus généreux cri imaginable :

— Mais viens clon'c!... viens donc, mamanl

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