‹ Le capitaine LambertChapitre 7 sur 42 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

fût emparé d'elle, Tentrainant dans son royaume de feu avant qu'elle eût subi son jugement.

— Monsieur saint Barnabe a raison , dit alors le sculpteur, qui avait bien quelque droit de prendre part à une discussion où il était intéressé pour une si forte part; vous deviez être à votre poste, la Mort, et venir me prendre au débotté.

— Mon pauvre fils, reprit langoureusement celle-ci, pense donc un peu à toutes mes affaires, et qu'en une minute j'ai quelquefois à courir les quatre coins du monde; au moment où tu te jetais hors de cette vallée de misères qu'on appelle la vie, j'étais occupée à recevoir le dernier soupir d'un roi de Norwége, et pour venir du Nord au Midi, encore faut-il le temps.

— C'est trop juste, fit amèrement le sculpteur, madame était en affaire d'une âme royale, les âmes d'artistes peuvent attendre et l'on ne se gène pas pour elles.

— Oh ! que c'est mal me connaître, dit la Mort, et me rendre peu de justice. Moi, préférer le chevet d'un prince, où l'on met à mes empressements mille résistances ; où le mourant, aidé de tout l'appareil de la médecine, se débat quelquefois des semaines entières contre mon embrassement, et ne pas courir de meilleur cœur à la voix d*un de mes bons amis les artistes, qui sont souvent si las de vivre, et que je trouve la plupart du temps sur un lit d'hôpital, où je moissonne presque aussi à Taise que sur un champ de bataille! Aujourd'hui, je l'avoue, j'étais de quelques secondes en re-

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