PROLOGUE
il 8*agit d'un artiste comme toi... Vous, s'il vous platt, monsieur Fapôtre, ne m'interrompez pas.
Et en effet, elle commença ainsi :
€ Au moment où le peintre, après plusieurs paroles » brûlantes, s'approchait de la drapiëre et faisait mine
> de lui prendre un baiser, le mari, qui se tenait caché » sous la verdure d'une tapisserie, survenant par der- » rière, lui asséna sur la nuque un violent coup de bâ- » ton qu'il se proposait bien d'accompagner de quelques r autres ; mais il ne fut pas nécessaire, le coup avait
> porté en un certain point où la moelle épinière cor- .1 respond avec le cerveau, et les lésions en ce bon
9 endroit sont toujours mortelles, en sorte que, sans » dire une parole, sans jeter un cri, le douloureux » amant alla de vie à trépas... »
— Ah çà ! mais, fit en interrompant le tailleur d'ima* ges, quelle singulière histoire nous contez-vous là? dès la troisième phrase le héros est mort; de quoi donc y sera-t-il question ?
— Que voilà bien l'espèce humaine ! repartit la Mort ! croire toujours que mourir c'est la fin, quand, au contraire, c'est le commencement ! Songe donc un peu, mon enfant, que je m'appelle la Mort, et que je ne puis te dire une histoire qui ressemble à toutes celles que vous vous racontez entre vous autres hommes, à vos heures perdues. Tu me fais là vraiment un beau reproche pour un artiste, tu te plains que mon début est original...