‹ Le capitalChapitre 272 sur 356 · V. section IV de cet ouvrage · texte numérisé non relu

V. section IV de cet ouvrage

même époque. La grandeur relative de cet élément du prix qui ne représente que la valeur desi moyens de production consommés,, c’est-à-dire la] partie constante du capital avancé, sera générale-^ ment en raison directe, et la grandeur relative de l’autre élément du prix qui paye le travail et ne représente que la partie variable du capital avancé sera généralement en raison inverse du progrès de" l’accumulation.

Cependant le décroissement de la partie variable du capital par rapport à sa partie constante, ce changement dans la composition-valeur du capital, n’indique que de loin le changement dans sa composition technique. Si, par exemple, la valeur-capital engagée aujourd’hui dans la filature est pour sept huitièmes constante et pour un huitième variable, tandis qu’au commencement du dix-huitième siècle elle était moitié l’un, moitié l’autre, par contre la masse du coton, des broches, etc., qu’un fileur use dans un temps donné, est de nos jours des centaines de fois plus considérable qu’au commencement du dix-huitième siècle. La raison en est que ce même progrès des puissances du travail, qui se manifeste par l’accroissement de l’outillage et des matériaux mis en œuvre par une plus petite somme de travail, fait aussi diminuer de valeur la plupart des produits qui fonctionnent comme moyens de production. Leur valeur ne s’élève donc pas dans la même proportion que leur masse. L’accroissement de la partie constante du capital par rapport à sa partie variable est par conséquent de beaucoup inférieur à l’accroissement de la masse des moyens de production par rapport à la masse du travail employé. Le premier mouvement suit le dernier à un moindre degré de vitesse.

Enfin, pour éviter des erreurs, il faut bien remarquer que le progrès de l’accumulation, en faisant décroître la grandeur relative du capital variable, n’en exclut point l’accroissement absolu. Qu’une valeur-capital se divise d’abord moitié en partie constante, moitié en partie variable, et que plus tard 1a. partie variable n’en forme plus qu’un cinquième : quand, au moment où ce changement a lieu, la valeur-capital primitive, soit 6000 francs, a atteint le chiffre de 18 000 francs, la partie variable s’est accrue d’une cinquième. Elle s’est élevée de 3000 francs à 3600, mais auparavant un surcroît d’accumulation de 20 pour % aurait suffi pour augmenter la demande de travail d’un cinquième, tandis que maintenant, pour"produire le même effet, l’accumulation doit tripler.

La coopération, la division manufacturière, le ! machinisme, etc., en un mot, les méthodes propres j à donner l’essor aux puissances du travail collectif,

! ne peuvent s’introduire que là où la production i s’exécute déjà sur une assez grande échelle, et, à mesure que celle-ci s’étend, celles-là se développent. Sur la base du salariat, l’échelle des opérations dépend en premier lieu de la grandeur des capitaux accumulés entre les mains d’entrepreneurs privés. C’est ainsi qu’une certaine, accumulation préalable 1 ,

i 1. « Le travail ne peut acquérir cette grande extension de I puissance sans une accumulation préalable des capitaux. » (A. Smith, 1. c.)

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