‹ Le capitalChapitre 275 sur 356 · CHAPITRÉ XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ XXV

lui, gui passe avec lui et n’a par conséquent qu’une valeur historiqué. Une loi de population abstraite et immuable n’existe que pour la plante et l’animal, et encore seulement tant qu’ils ne sunissent pas l’influence de l’homme.

La loi du décroissement progressif de la grandeur proportionnelle du capital variable, et les effets qu’elle produit sur l’état de la classe salariée, ont été plutôt pressentis que compris par quelques économistes distingués de l’école classique. Le plus grand mérite à cet égard revient à John Barton , bien qu’il confonde le capital constant avec le capital fixe et. le capital variable avec le capital circulant. Dans ses « Observations sur les circonstances qui influent sur la condition des classes laborieuses de la société », il dit :

« La demande de travail dépend de l’accroissement non du capital fixe, mais du capital circulant. S’il était vrai que la proportion entre ces deux sortes de capital soit la même en tout temps et dans toute circonstance, il s’ensuivrait que le nombre des travailleurs employés est en proportion de la richesse nationale. Mais une telle proposition n’a pas la moindre apparence de probabilité. A mesure que les arts sont cultivés et que la civilisation s’étend, le capital fixe devient de plus en plus considérable, par rapport au capital circulant. Le-montant de capital fixe employé dans une pièce de mousseline anglaise est au moins cent fois et probablement mille fois plus grand que celui qu’exige une pièce pareille de mousseline indienne. Et la proportion du capital circulant est cent ou mille fois plus petite.... L’ensemble des épargnes annuelles, ajouté au capital fixe, n’aurait pas le pouvoir d’augmenter la demande de travail 1 . » Ricardo , tout en approuvant les vues générales de Barton, fait cependant, à propos du passage cité, cette remarque : « Il est difficile de comprendre que l’accroissement du capital ne puisse, en aucune circonstance, être suivi d’une plus grande demande de travail ; ce qu’on peut dire tout au plus, c’est que la demande se fera dans une proportion décroissante (« the demand will be in a diminishing ratio ») 2 3 . » Il dit ailleurs : « Le fonds d’où les propriétaires fonciers et les capitalistes tirent leurs revenus peut augmenter en même temps que l’autre, dont la classe ouvrière dépend, peut diminuer ; il en résulte que la même cause (à savoir : la substitution de machines au travail humain) qui fait monter le revenu net d’un pays peut rendre la population surabondante (« rerider the population redundanl ») et empirer la condition du travailleur 5 ..» Richard Jones déclare à son tour : « Le montant du capital destiné à l’entretien du travail peut varier indépendamment de tout changement dans la masse totale du capital ... De grandes fluctuations dans la somme du travail employé et de grandes souffrances peuvent devenir plus frequentes à mesure que le capital lui-même devient plus

1. John Barton : « Observations on the circumstances which influence the condition of the labouring classes oi' society. » London, 1817, p. 16,17.

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