‹ Le capitalChapitre 276 sur 356 · Ricardo, 1. c., p · texte numérisé non relu

Ricardo, 1. c., p

abondant L » Citons encore Ramsay : « La demande de travail s’élève... non en proportion du capital général. Avec le progrès de la société, toute augmentation du fonds national destiné à la reproduction arrive à avoir de moins en moins d’influence sur le sort du travailleur 2 . »

Si l’accumulation, le progrès de la richesse sur la base capitaliste, produit donc nécessairement une surpopulation ouvrière, celle-ci devient à son tour le levier le plus puissant de l’accumulation, une condition d’existence de la production capitaliste dans son état de développement intégral. Elle forme une armée de réserve industrielle qui appartient au capital d’une manière aussi absolue que s’il l’avait élevée et disciplinée à ses propres frais. Elle fournit à ses besoins dévalorisation flottants, et, indépendamment de l’accroissement naturel de la population, la matière humaine toujours exploitable et toujours disponible.

La présence de cette réserve industrielle, sa rentrée tantôt partielle, tantôt générale, dans le service actif, puis sa reconstitution sur un cadre plus vaste, tout cela se retrouve au fond de la vie accidentée que traverse l’industrie moderne, avec son cycle décennal à peu près régulier — à part des autres secousses irrégulières — de périodes d’activité ordinaire, de production à haute pression, de crise et de stagnation.

Cette marche singulière de l’industrie, que nous ne rencontrons à aucune époque antérieure de l’humanité, était également impossible dans la période d’enfance de la production capitaliste. Alors, le progrès technique étant lent et se généralisant plus lentement encore, les changements dans la composition du capital social se firent à peine sentir. En même temps l’extension du marché colonial récemment créé, la multiplication correspondante des besoins et des moyens de les satisfaire, la naissance de nouvelles branches d’industrie, activaient, avec l’accumulation, la demande de travail. Bien que peu rapide, au point de vue de notre époque, le progrès de l’accumulation vint se heurter aux limites naturelles de la population, et nous verrons plus tard qu’on ne parvint à reculer ces limites qu’à force de coups d’Etat. C’est seulement sous le régime de la grande industrie que la production d’un superflu de population devient un ressort régulier de la production des richesses.

Si ce régime doue le capital social d’une force d’expansion soudaine, d’une élasticité merveilleuse, c’est que, sous l’aiguillon de chances favorables, le crédit fait affluer à la production des masses extraordinaires de la richesse sociale croissante, de nouveaux capitaux dont les possesseurs, impatients de les faire valoir,, guettent sans cesse le moment opportun; c’est, d’un autre côté, que les ressorts techniques de la grande industrie permettent, et de convertir soudainement en moyens de production supplémentaires un énorme surcroît de produits, et da transporter plus rapidement lès marchandises d’un

1. Richard Jones : « An intnductory LecUire on lot. E nam y. » Lond., 1&3S. y, 13.

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