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Quelques chefs de bande cependant sont parvenus à de

venir fermiers de 500 acres, ou propriétaires de rangées de

maisons.

moins que rarement, et les plaintes dé traitement brutal sont l’exception. Comme le preneur de rats de la légende, c’est un charmeur, un empereur démocratique. Il a besoin d’être populaire parmi ses sujets et se les attache par les attraits d’une existence de bohème — vie nomade, absence de toute gêne, gaillardise bruyante, libertinage grossier. Ordinairement la paye se fait à l’aüberge au milieu de libations copieuses. Puis, on se met en route pour retourner chez soi. Titubant, s’appuyant de droite et de gauche sur le bras robuste de quelque virago, le digne chef marche en tête de la colonne, tandis qu’à la queue la jeune troupe folâtre et entonne des chansons moqueuses ou obscènes. Ces voyages de retour sont le triomphe de la phanérogamie, comme l’appelle Fourier. Il n’est pas rare que des filles de treize ou quatorze ans deviennent grosses du fait de leurs compagnons du même âge. Les villages ouverts, souches et réservoirs de ces bandes, deviennent des Sodomes et des Gromorrhes 1 , où le chiffre des naissances illégitimes atteint son maximum. Nous connaissons déjà la moralité des femmes mariées qui ont passé par une telle école*. Leurs enfants sont autant de recrues prédestinées de ces bandes, à moins pourtant que l’opium ne leur donne auparavant le coup de grâce.

La bande dans la forme classique que nous venons de décrire se nomme bande publique, commune ou ambulante ( public , common or tramping gang). Il y a aussi des bandes particulières [private gangs ), composées des mêmes éléments que les premières, mais moins nombreuses, et fonctionnant sous les ordres, non d’un chef de bande, mais de quelque vieux valet de ferme, que son maître ne saurait autrement employer. Là, plus de gaieté ni d’humeur bohémienne, mais, au dire, de tous les témoins, les enfants y sont moins payés et plus maltraités.

Ce système qui, depuis ces dernières années, ne cesse de s’étendre 3 , n’existe évidemment pas pour le bon plaisir du chef de bande. Il existe parce qu’il enrichit les gros fermiers 4 et les propriétaires 5 . Quant au fermier, il n’est pas de méthode plus in génieuse pour maintenir son personnel de travailleurs bien au-dessous du niveau normal — tout en laissant toujours à sa disposition un supplément de bras applicable à chaque besogne extraordinaire — pour obtenir beaucoup de travail avec le moins d’argent possible 6 , et pour rendre « superflus » les adul-

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