C -f v -f- p ou 410 1. st. -f 90 1. st. -j- 90 1. St
mais v -|- p ou 90 1. st. -}- 90 1. st. ; elle n’est pas 590, mais 180 1. st. Si le capital constant c égalait zéro, en d’autres termes s’il y avait des branches d’industrie où le capitaliste n’aurait à employer aucun moyen de production créé par le travail, ni matière première, ni matières auxiliaires, ni instruments, mais seulement la force de travail et des matériaux fournis par la nature, aucune portion constante de valeur ne pourrait être transmise au produit. Cet élément de la valeur du produit, dans notre exemple 410 1. st., serait éliminé, mais la valeur produite de 180 1. st., laquelle contient 90 1. st. de plus-value, serait tout aussi grande que si c représentait une valeur incommensurable. Nous aurions C = 0-\-v =v et G' (le capital accru de la plus-value) =v-\-p\ C'—G, après comme avant = p. Si, au contraire, p égalait zéro, en d’autres termes si la force de travail, dont la valeur est avancée dans le capital variable, ne produisait que son équivalent, alors G = c et G' (lavaleur du produit) = c -j- v -f- 0 ; par conséquent G = G'. Le capital avancé ne se serait point accru.
Nous savons déjà que la plus-value est une simple conséquence du changement de valeur qui affecte v (la partie du capital transformée en force de travail) que par conséquent v p = v - f-Au (u plus un incrément de v). Mais le caractère réel de ce changement de valeur ne perce pas à première vue; cela provient de ce que, par suite de l’accroissement de son élément variable, le total du capital avancé s’accroît aussi. Il était 500 et il devient 590. L’analyse pure exige donc qu’il soit fait abstraction de cette partie de la valeur du produit, où ne réapparait que la valeur du capital constant et que l’on pose ce dernier =0. G’est l’application d’une loi mathématique employée toutes les fois qu’on opère avec des quantités variables et des quantités constantes et que la quantité constante n’est liée à la variable que par addition ou soustraction.
Une autre difficulté provient de la forme primitive du capital variable. Ainsi, dans l’exemple précédent, G' = 410 1. st. de capital constant, 90 1. st. de capital variable et 90 1. st. de plus-value. Or, 901. st. sont une grandeur donnée, constante, qu’il semble absurde de traiter comme variable. Mais 901. st. ou 90 1. st. de capital variable ne sont qu’un symbole pour la marche que suit cette valeur. En premier lieu deux valeurs constantes sont échangées l’une contre l’autre, un capital de 90 1. st. contre une force de travail qui vaut aussi 90 1. st. Cependant dans le cours de la production les 90 1. st. avancées viennent d’être remplacées, non par la valeur de la force de travail, mais par son mouvement le travail mort par le travail vivant, une grandeur
fixe par une grandeur fluide, une constante par une variable. Le résultat est la reproduction de v plus un incrément de v. Du point, de vue de la production capitaliste, tout cet ensemble est un mouvement spontané, automatique de la valeur-capital transformée en force de travail. G’est à elle que le procès complet et son résultat sont attribués. Si donc la formule « 90 1. st. de capital variable », laquelle exprime une valeur qui fait des petits, semble contradictoire, elle n’exprime qu’une contradiction immanente à la production capitaliste.
Il peut paraître étrange au premier coup d’œil, que l’on pose ainsi le capital constant = 0, mais c’est là une opération que l’on fait tous les jours dans la vie ordinaire. Quelqu’un veut- il calculer le bénéfice obtenu par la Grande-Bretagne dans l’industrie cotonnière, il commence par éliminer le prix du coton payé aux États-Unis, à l’Inde, à l’Égypte, etc., c’est-à-dire, il pose = 0 la partie du capital qui ne fait que réapparaître dans la valeur du produit.
Assurément le rapport de la plus-value non-seulement avec la partie du capital d’où elle provient immédiatement, et dont elle représente le changement de. valeur, mais encore avec le total du capital avancé, aune grande importance économique. Aussi traiterons-nous cette question avec tous les détails dans le troisième livre. Pour qu’une partie du capital gagne en valeur par sa transformation en force de travail, il faut qu’une autre partie du capital soit déjà transformée en moyens de production. Pour que le capital variable fonctionne, il faut qu’un capital constant soit avancé dans des proportions correspondantes , d’après le caractère technique de l’entreprise. Mais parce que, dans toute manipulation chimique, on emploie des cornues et d’autres vases, il ne s’en suit pourtant pas que dans l’analyse on ne fasse abstraction de ces ustensiles. Dès que l’on examine la création de valeur et la modification de valeur purement en elles-mêmes, les moyens de production, ces représentants matériels du capital constant, ne fournissent que la matière dans laquelle la force fluide, créatrice de valeur, peut se figer. Coton ou fer, peu importent donc la nature et la valeur de cette matière. Elle doit tout simplement se trouver là en quantité suffisante pour pouvoir absorber le travail à dépenser dans le cours de la production. Cette quantité de matière une fois donnée, que sa valeur monte ou baisse, ou même quelle n’ait aucune valeur, comme la terre vierge et la mer, la création de valeur et son changement de grandeur n’en seront pas affectés 1 .
Nous posons donc tout d’abord la partie constante du capital égale à zéro. Le capital avancé c-j-n se réduit conséquemment à u, et la valeur du produit
c -f-u -|-p à la valeur produite v-\-p. Si l’on admet que celle-ci = 180 1. st. dans lesquelles se manifeste le travail qui s’écoule pendant toute la durée
1. Il est évident, comme dit Lucrèce, « nil posse creari de nihilo, » que rien ne peut être créé de rien. Création de valeur est transformation de force de travail en travail. De son côté la force de travail est avant tout un ensemble de substances naturelles transformée^ fen organisme humain.