‹ Le capital T. 1Chapitre 18 sur 357 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

— en est aussi la forme sociale. La corvée est tou aussi bien mesurée par le temps que. le- travail qui produit des marchandises; mais chaque corvéable, sait fort bien, sans recourir à un Adam Smith, que c’est une quantité déterminée de sa force de travail personnelle qu’il dépense au service de son muilro. La dime à fournir au piètre est plus claire que la bénédiction du prêtre. De quelque manière donc qu’on juge les masques que portent les hommes dans celte société, les rapports sociaux des personnes dans leurs travaux respectifs s'affirment nettement comme leurs propres rapports personnels, au lieu de se déguiser en rapports sociaux des choses, des produits du travail.

Pour rencontrer le travail commun, c’est-à-dire l’association immédiate, nous n’avons pas besoin de remonter à sa forme naturelle primitive, telle qu’ello nous apparaît au seuil de l’histoire de tous les peuples civilisés *. Nous en avons un exemple tout près de nous dans l’industrie rustique et patriarcale d’une famille de paysans qui produit pour ses propres besoins, bétail, blé, toile, lin, vêtements, etc. Ces divers objets se présentent à la famille comme les produits divers de son travail et non comme des marchandises qui s’échangent réciproquement. Les différents travaux d’où dérivent ces produits, agriculture, élève du bétail, tissage, confection de vêtements, etc., possèdent de prime abord la forme de fonctions sociales, parce qu’ils sont des fonctions de la famille qui a sa division de travail tout aussi bien que la production marchande. Les conditions naturelles variant avec le changement des saisons ainsi que les différences d’âge et de sexe, règlent dans la famille la distribution du travail et sa durée pour chacun. La mesure de la dépense des forces individuelles par le temps de travail apparaît ici directement comme caractère social des travaux eux-mêmes, parce que les forces de travail individuelles ne fonctionnent que comme organes de la force commune de la famille.

Représentons-nous enlin une réunion d’hommes libres travaillant avec des moyens de production communs, et dépensant, d’après un plan concerté, leurs nombreuses forces individuelles comme une seule et même force de travail social. Tout ce que nous avons dit du travail do Robinson so reproduit ici, mais socialement et non individuellement. Tous les produits de Robinson étaient son produit personne*! et exclusif et conséquemment objets d’utilité immédiate pour lui. Le produit total des travailleurs unis est un produit social. Uuo partie sert,.dc nouveau comme moyen de, production et reste sociale: mais l’autre partie est consommée, et., par conséquent, doit se répartir entre tous. Le mode de ré-

1 . est un préjugé ridicule répandu dans ccs derniers temps que i.'i fur inc primitive de la propriété commune est une l'orme spécialement slave ou exclusivement russe. C’est nue forme ipie l'un rencontre chez les Romains, les Germains, les Celles, et dont, anjmml liui encore, on peut trouver une carie modèle avec iliflercnls échantillons, quoique par fragments et en débris, chez !> s Indiens. Une étude approfondie des formes de la propriété indivise dans l’Asie et surtout dans l'Inde montrerait comment il en est sorti diverses formes de dissolution. Ai nsi, par exemple, 1rs ililférents types originaux île la propriété privée n Jtrmic et chez les Germains peuvent lire dérivés des formes diven.es de la propriété commune indienne.

premier

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, Lc n^nde religieux n’est que le relie!; ,|„ monde réel. Une société où le produit du travail prend généralement la forme de marchandise, et où, »*„. conséquent, le rapport le, plus général en Ire. les producteurs consiste à comparer les valeurs de leurs produits, et sons celle enveloppe de choses, à comparer les uns aux autres leurs Iravaux privés à lilre do travail humain égal, une. lelli* société trouve dans le christianisme avec son culte de. l'homme abstrait, et surtout dans ses types bourgeois, protestantisme, déisme, etc., le complément religieux le plus convenable. Dans les modes de production de la vieille Asie, de l'antiquité ou général, la transformation du produit en marchandise ne jnne qu’un rôle subalterne, qui cependant acquiert plus d’importance à mesure que les communautés approchent de leur dissolution. Des peuples nnurliands proprement dits n’existant que dans les inlervalles du inonde antique, à la façon des dieux d Hpin'ic, ou comme les juifs dans les pores de la. société* polonaise. Ces vieux organismes sociaux sont, sons le rapport de la. production, infinimenl plus simples et plus transparents que la soeiélé bourgeoise; mais ils ont pour base l’immaturiLé de l’homme individuel dont l’iiistoire. n’a pas encore coupé, pour ainsi dire, le cordon ombilical qui l'unil a la communauté naturelle d'une tribu primitive, ou des conditions de despotisme et d'esclavage. L degre inférieur de développement des forces productives du travail qui les caractérise, et qui par suile imprègne tout, lo cercle de la vie malerielle, lelroi- L"sse des rapports des hommes, soit entre eux soit avec la nature, se reflète idéalement dans les vieilles relierions nationales. Lu général, !n reflet religieux du monde réel ne pourra dis parai ire que lorsque les conditions du travail et de la vie pratique jn* son front à [homme des rapports Irnnspannl-, < rationnels avec s s semblables et avec la o.iIhh vie sociale, dont la production materielle elles • | ports qu'elle implique lormenl ■ ''' *.f

gagée du nuage mystique qui en von- ' * ',j, le jour où s’y manifeste, a Louvre à “T j,.

ment associés, agissant consciemment cl m.uln -.

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leur propre mouvement social. .Ma.s. ela exige dans la société un ensemble de con. liions dex.ste.ire matérielle qui ne peuvent être .■ll.*s-inyiiies le ]..«*di.it que d'un long et douloureux dcvclopprmcnl .

LE G A IM T Al.

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lécessité tout aussi naturelle que le Rien d’étonnaut qu’elle

1 t;„ des premiers économistes qui apres AV.I .am Pe t a ri mené la râleur à son vérital.le contenu, le celebro Franklin, îicnl no. s fournir un exemple do la manière dont 1 économie l' orne" Oise procède dans son analyse. 11 dit : » Comme le com- ' ..cnéral n’est pas autre chose Cfu un échangé de Ira r.ü roi, ire travail, c'ait par le travail qu’on estime le plus exactement la valeur de toutes choses. (Vie Works of Benjamin franklin, etc. cdil'd l»j Sparks, JSoslon 18:10, t. II, p. 26, .) franklin trouve tout aussi naturel que les choses aient delà valeur, que les corps de la pesanteur. A son point de vue, il s’agit tout simplement de trouver comment cette valeur sera estimée le plus exactement possible. 11 ne remarque même pas qu’en déclarant que « c’est par le travail qu’on estime le plus exactement la valeur de toute chose, » il fait abstraction do la différence des travaux échangés et les réduit à un travail humain égal. Autrement il aurait dû dire : puisque l’échange de boites ou do souliers contre des tables n’est pas autre chose qu’un échange de cordonnerie contre menuiserie, c’est par le travail du menuisier qu’on estimera avec le plus d’exactitude la Valeur des belles ! En so servant du mot travail en général il fait ahslracliuii du caractère utile et de la forme concrète des divers travaux.

L'insuffisance de l’analyse que Ricardo a donnée de la grandeur de la valeur — et c’est lamcilleure, — sera démontrée dans les livres lll et IV de cet ouvrage. Pour ce qui est de la valeur en général, l’économie politique classique ne distingue jamais clairement ni expressément le travail représenté dans la valeur du même travail on tant qu’il se représente dans la valeur d'usage du produit. Elle fait bien en réalité cette distinction, puisqu’elle considère le travail tantôt au point de vue de la qualité, tantôt à celui do la quantité. Mais il lie lui vient pas à l’esprit qu’une différence simplement quantitative des travaux suppose leur unité ou leur égalité qualitative, c’est-à-dire leur réduction au travail humain abstrait, lticardo, par exemple se déclare d accord avec DusUiii de Tracv quand celui-ci dit * ’ puisqu’il est certain que nos facultés physiques et morales sont ni >irc seule richesse originaire, que l’emploi de ccs facultés le travail quelconque, est noire seul trésor primitif et que c est toujours de cet emploi que naissent toutes les choses t ue mms appelons îles biens.... U esl certain do même que tous ccs

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parencc matérielle des attributs sociaux du (rnvnil, c’est leur longue et insipide querelle a propos du rôle de la nature dans la création do la valem dechange. Celle valeur n’étant pas autre chose <[ii une manière sociale particulière de compter le Iravail employé dans la production d’un objet, ne peut pas plus contenir d’éléments matériels que le cours du change, par exemple.

Dans notre société, la forme économique la plus générale et la plus simple qui s'attache aux produits du travail, la forme marchandise, est si familière à tout le monde que personne n’y voit malice. Considérons d’autres formes économiques plus complexes. D’où proviennent, par exemple, les illusions du système mercantile? Evidemment du caractère fétiche que la forme monnaie imprime aux métaux précieux. Et l’économie moderne, qui fait l’esprit

1. « Les économistes ont une singulière manière de procéder. Il n’y a pour eux que deux sortes d’institutions, ccllcstlc l’art et colles de la nature. Les institutions de la féodalilé sont des institutions artificielles, celles de la bourgeoisie sont des institutions naturelles. Ils ressemblent en ceci aux théologiens qui, eux aussi, établissent deux sortes de religions. Toute religion qui n’est pas la leur est une invention dos hommes, tandis que leur propre religion est une émanation de Dieu. — Ainsi il y a eu de Tbistoire, mais il n’y en a plus. » (Karl Marx : Misère de la Philosophie. Réponse d la Philosophie de la misère, par M.Proudhon, 1847, p. 113.) Le plus drôle est Bastiat, qui se figure que les Grecs et les Romains n’ont vécu que de rapine. Mais quand ou vitde rapine pendant plusieurs siècles, il faulpourlant qu’il- y ait toujours quelque chose à prendre ou que l'objet des rapines continuelles se renouvelle constamment. Il faut donc croire que les Grecs et les Romains avaient leur genre de production à eux, conséquemment une économie, qui formai '.a bans matérielle de leur société, tout comme l’économie bourgeoise forme la base de la nôtre. Ou bien Bastiat nen seraitil qu’un mode de production fondé sur le travail des esclaves est un système de vol? Il sc place alors sur un terrain dangereux. Quand un géant de la pensée, tel qu’Aristole, a pu sc tromper dans son appréciation du travail esclave, pourquoi un nain comme Bastiat serait-il infaillible dans son appréciation du travail salarié? — Je saisis celte occasion pour dire quelques mots d’une objection qui m’a été faite par un journal allemand-américain à propos de mon ouvrage : Critique de l’économie politique, paru en 1859. Suivant lui, mou opinion que le mode déterminé do production et les rapports sociaux qui en découlent, eu un mot, que la structure économique delà société est la base réelle sur laquelle s'élève ensuite l’édifice juridique et politique, de telle sorte que le mode de production de la vio hratêrielle domino en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle, suivant lui cette opinion est juste pour le monde moderne dominé par les intérêts matériels, mais non pour le moyen âge où régnait le catholicisme, m pour Athènes et Homo où régnait la politique. Tout d’abord il est étrange qu’il plaise à certaines gens de supposer que queiqu un ignore ces manières de parler vieillies et usées sur le moyen âge et l'antiquité. Ce qui est clair, c’est que ni lo I’0uvalt'(1.vi'e (,a catholicisme, ni la seconde delà .,COI1r !°113 economiques d’alors expliquent au le rôle m-inri ' V r ’* ° cad|fdieismo et ici la politique jouaient rfiSSS. ■ ln0intl,c “«waiMiwo de l’hiitoire do la histoire1 c’o <i 'm"0.’ fKU exemple, fait voir que lo secret de relie côté ' îîstoae ('e D propriété foncière. It'uit nuire Dciulr , “0miC u 'Kimre que déjà Dun Quichotte a eu à se iv- ErrV- ci;u (IUC 1:1 chevalerie errante était compa- - avec Loulos les {ormes économiques de la société.

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