‹ Le capital T. 1Chapitre 19 sur 357 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

fort et ne se fatigue pas de ressasser scs fades plaisanteries contre le fétichisme des mercantilistes, est-elle moins la dupe des apparences? N’cst-co pas son premier dogme que des choses, des instruments de travail, par exemple, sont, par nature, capital, et, qu’en voulant les dépouiller de ce caractère pure- ■*" nient social, on commet un crime de lcse-nature ? Enfin, les physiocrates, si supérieurs à tant d égards, n’ont-ils pas imaginé que la rente foncière n’est pas un tribut arrache aux hommes, mais un présent fait par la nature mémo aux propriétaires ? Mais n’anticipons pas et contontons-nous encore d’un exemple à propos de la forme marchandise elle-même.

Les marchandises diraient, si elles pouvaient parler: notre valeur d’usage peut bien intéresser l’homme ; pour nous, en tant qu’objets, nous nous en moquons bien. Ce qui nous regarde c’est notre valeur. Notre rapport entre nous comme choses de vente et d’achat le prouve. Nous 11e nous envisageons les unes les autres que comme valeurs d’échange. Ne croirait-on pas que l’économiste emprunte ses paroles à l’âme même de la marchandise quand il dit: « la valeur (valeur d’échange), est une propriété des choses, la richesse (valeur d’usage), est une propriété de l’homme. La valeur dans ce sens suppose nécessairement l’échange , la richesse , non » « La richesse (valeur utile), est un attribut de l’homme, la valeur, un attribut des marchandises. Un homme ou bien une communauté est riche, une perle ou un diamant possèdent de la va-

1. « Value is a propertij of things, riches of man. Value, in this sense, necessarily implies exchanges, riches do not. » [Observations on some verbal Disputes in Pol. Econ. particularly relating to value and to offer and demarid. London, 1821, p. 16.)

PREMIER

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leur et la possèdent comme tels'.» Jusqu’ici aucun chimiste n’a découvert de valeur d’échange dans une perle ou dans un diamant. Les économistes qui n t ecouvert ou inveuté des substances chimiques •1 G| et clu^ aft'c'ient une certaine prétention

di eb„slnfeUr’ tr0UVent> ouVque la valeur utile des choses leur appartient indépendamment de leurs pioprietes materielles, tandis que leur valeur leur appartient en tant que choses. Ce qui les continue dans cette opinion, c’est celte circonstance étrange que la valeur utile des choses se réalise pour l’homme sans échangé, c'est-à-dire dans un rapport immédiat entre la chose et l’homme, tandis que leur valeur, au contraire, ne se réalise que dans l’échange, c est-à-dire dans un rapport social. Oui ne se souvient ici du bon Dogberry et de la leçon qu’il donne au veilleur de nuit Seacoal : « D'être un homme bien fait est un don des circonstances, mais savoir lire et écrire, cela nous vient de la nature !. » « Tobe a well favoured man is the gift of fortune ; but to Write and rcad cornes by nature. » (Shakespeare.)

1. * Riches are the attributo of man, value is the attributs of commodities. A man or a communily is rieli, a pcarl or a diamond is valuable.... A pcarl or a diamond is valuable as a pearl or diamond. » (S. Dailey, 1. c. p. 165.)

2. L’auteur des Observations et S. Bailey accusent Hicardo d’avoir fait de la valeur d’échange chose purement relative, quelque chose d’absolu. Tout au contraire, il a ramené la relativité apparente que ces objets, tels que perle et diamant par exemple, possèdent comme valeurs d’échange, au vrai rapport caché sous cette apparence, à leur relativité comme simples expressions de travail humain. Si les partisans do Kicardo 11’ont su répondre à Bailey que d’une manière grossière et pas du tout concluante, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont trouvé chez Ricardo lui-même rien qui les éclairiU sur le rapport intime qui existe entre la valeur et sa forme, c’est-à-diro, la valeur d’cchange.

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