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Toutesks entreprises de longue haleine, qui e brassent des années et nécessitent des avances considérables de capital fixe, deviennent problématiques. En Europe, le capital n’hesite pas un instant en pareil cas, car la classe ouvrière est son appartenance vivante, toujours disponible et touJ™rs^' abondante. Dans les pays coloniaux.... mais Wa- Uolield nous raconte à ce propos une anecdote touchante. Il s’entretenait avec quelques capitalistes du Canada et de l’Etat de New-York, où les flots de l’émigration restent souvent stagnants et déposent un sédiment de travailleurs. « Notre capital, soupire un des personnages du mélodrame, .notre capital était déjà prêt pour bien des opérations dont 1 exécution exigeait une grande période de temps : mais le moyen de rien entreprendre avec des ouvriers qui, nous le savons, nous auraient bientôt tourné le dos 1 Si nous avions été certains de pouvoir fixer ces émigrants, nous les aurions avec joie engagés sur-le-champ, et à de3 prix élevés. Et malgré la certitude où nous étions de les perdre, nous les aurions cependant embauchés, si nous avions pu compter sur des remplaçants au fur et à mesure de nos besoins*. »
Après avoir fait pompeusement ressortir le contraste de l’agriculture capitaliste anglaise, à « travail combiné », avec l’exploitation parcellaire des paysans américains, Wakefield laisse voir malgré lui le revers de la médaille. Il nous dépeint la masse du peuple américain comme indépendante, aisee, entreprenante et comparativement cultivée, tandis que « 1 ouvrier agricole anglais est un miséîable en baillons, un pauper.... Dans quel pays, excepté 1 Amérique du Nord et quelques colonies nouvelles, les salaires du travail libre employé à
hausse do salaire, ont été obligés de fournir l’excédant, d’abo
do Tdint«>r0 llS’ e"s“ite sur leurs capitaux mêmes. Une fou fuï S?, 0nt ét! ,ruinés dc la sorte, d’autres ont fera doute ilvaut m°Ur éc h‘?I’Per a une mine imminente.... Sa que des génération^ d’h' ‘ penr,ües accumulations de capital MolinnriV mais ne vaùrt^n •? (qU°Uc 6énér°sité! Excellent 1 autres no périssent? » (Mm! PaS fIeUX que ni les uns ni 1
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mandements, Moïse et leT ‘et' (ornande, si en Europe l’entrepreneur rogne sapait légitime ouvncr et dans l’Inde occidentale l’ouvrier à lNmtrepreneu ‘lais quelle est donc, s’il vous plaît, cette part légitime que, m,î?.|n«°,PfC av.cu> 'e capitaliste ne paie pas en Europe? Alloi n’ vous ^Prouvez une démangeaison terrible , nr „ , ? cs co*on'es. où les travailleurs sont assez simp
cette niMml!' !? caP‘laUste. ” un bd» de secours policiei dire L, 1 qoITro et la demande qui ailleurs à vol
"r*-, marche si bien toute seule.
• Wakefield, 1. c.,v. II, p. 52.
l’agriculture dépassent-ils tant soit peu les moyens de subsistance absolument indispensables au travailleur?.... En Angleterre, les chevaux de labour qui constituent pour leurs maîtres une propriété dé beaucoup de valeur, sont assurément beaucoup mieux nourris que les ouvriers ruraux *. » Mais, never mind! encore une fois, richesse de la nation et misère du peuple, c’est, par la nature des choses, inséparable.
Et maintenant , quel remède à cette gangrène anticapitaliste des colonies ? Si l’on voulait convertir à la fois toute la terre coloniale de propriété publique en propriété privée, on détruirait, il est vrai, le mal à sa racine, mais aussi, du même coup, — la colonie. Tout l’art consiste à faire d’une pierre deux coups. Le gouvernement doit donc vendre cette terre vierge à un prix artificiel, officiellement fixé par lui, sans nul égard à la loi de l’offre et la demande. L’immigrant sera ainsi forcé de travailler comme salarié assez longtemps, -jusqu’à ce qu’il parvienne à gagner assez d’argent pour être à même d’acheter un champ et de devenir cultivateur indépendant*. Les fonds réalisés par la vente des terres à un prix presque prohibitoirepour le travailleur immigrant, ces fonds qu’on prélève sur le salaire en dépit de la loi sacrée de l’offre et la demande, seront, à mesure qu’ils s’accroissent, employés par le gouvernement à importer des gueux d’Europe dans les colonies, afin que monsieur le capitaliste y trouve le marché de travail toujours copieusement garni de bras. Dès lors, tout sera pour le mieux dans la meilleure des colo nies possibles. Voilà le grand secret de la « colonisation systématique! »
Wakefield s’écrie triomphalement : « Avec ce plan l’offre du travail sera nécessairement constante et régulière : premièrement, en effet, aucun travailleur n’étant capable de se procurer de la terre avant d’avoir travaillé pour de l’argent, tous les émigrants, par cela même qu’ils travailleront comme salariés en groupes combinés, vont produire à leur patron un capital qui le mettra en état d’employer encore plus de travailleurs; secondement, tous ceux qui changent leur condition de salariés en celle de paysans doivent fournir du même coup, par l'achat des terres publiques, un fonds additionnel destiné à l'importation de nouveaux travailleurs dans les colonies 3. »
Le prix du sol octroyé par l’État devra naturellement être suffisant (suf/icient price), c’est-àdire assez élevé « pour empêcher les travailleurs de devenir des paysans indépendants, avant que d autres soient venus prendre leur place au marché du travail4.» Ce « prix suffisant » n’est donc après tout
2. « C’est, ajoutez-vous, grâce à l’appropriation du sol et des capitaux que l’homme, qui n’a rien que ses bras, trouve de l’occupation et se fait un revenu... : c’est au contraire grâce à l’appropriation individuelle du sol qu’il se trouve des hommes n’ayant que leurs bras.... Quand vous mettez un homme dan3 le vide, vous vous emparez de l’atmosphère. Ainsi faites-vous quand vous vous emparez du sol.... C’est le mettre dans e vide de richesses, pour ne le laisser vivre qu'à votre voient (Colins, 1. c., t. III, p. 268, 271, passim.)