‹ Le capital T. 1Chapitre 37 sur 357 · CHAPITRE in · texte numérisé non relu

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cours même de la monnaie. Le mouvement du moyen de payement au contraire exprime un ensemble de rapports sociaux préexistants.

La simultanéité et contiguité dos ventes (ou achats), qui fait que la quantité des moyens de circulation ne peut plus être compensée par la vitesse de leur cours, forme un nouveau levier dans l’économie des moyens de payement. Avec la conccn-. tration des payements sur une même place se développent spontanément des institutions et des méthodes pour les balancer les uns par les autres. Tels étaient, par exemple, à Lyon, au moyen âge, les virements. Les créances de A sur B, de B surG, de G sur A, et ainsi de suite, n’ont besoin que d’être confrontées pour s’annuler réciproquement, dans une certaine mesure, comme quantités positives et négatives. Il ne reste plus ainsi qu’une balance de compte à solder. Plus est grande la concentration des payements, plus est relativement petite leur balance, et par cela môme la masse des moyens de payement en circulation.

La fonction de la monnaie comme moyen de payement implique une contradiction sans moyen terme. Tant que les payements se balancent, elle fonctionne seulement d’une manière idéale, comme monnaie de compte et mesure des valeurs; Dès que les payements doivent s’effectuer réellement, elle ne se présente plus comme simple moyen de circulation, comme forme transitive servant d’intermédiaire au déplacement des produits, mais elle intervient comme incarnation individuelle du travail social, seule réalisation de la valeur d’échange, marchandise absolue. Cette contradiction éclate dans le moment des crises industrielles ou commerciales auquel on a donné le nom de crise monétaire *.

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nous trouverons qu'étont' doméîTT S""'”?’ cours des moyens de circulation et des moyens H* payement, elle est égale à la somme £

marchandises à réaliser, plus la somme des nave ments échus, moins celle des payements qui si balancent, moins enfin l’emploi double ou plus fré quent des mêmes pièces pour la double fonction do moyen de circulation et de moyen de payement. P?r exemple, le paysan a vendu son froment moyennant 2 hv. st. qui opèrent comme moyen de circulation. Au terme d’échéance, il les fait passer au tisserand. Maintenant elles fonctionnent comme moyen de payement. Le tisserand achète avec elles une bible, et dans cet achat elles fonctionnent do nouveau comme moyen de circulation, et ainsi de suite.

Etant donnés, la vitesse du cours de la monnaie, l’économie des payements et les prix des marchandises, on voit que la masse des marchandises en circulation ne correspond plus à la masse de la monnaie courante dans une certaine période, un jour, par exemple. Il court de la monnaie qui représente des marchandises depuis longtemps dérobées à la circulation. Il court des marchandises dont l’équivalent en monnaie ne se présentera que bien plus tard. D’un autre côté, les dettes contractées et les dettes échues chaque jour sont des grandeurs tout à fait incommensurables J.

Elle ne se produit que là où l’enchaînement des payements et un système artiliciel destiné à les compenser réciproquement se sont développés. Ce mécanisme vient-il, par une cause quelconque, à être dérangé, aussitôt la monnaie, par un revirement brusque et sans transition, ne fonctionne plus sous sa forme purement idéale de monnaie de compte. Elle est réclamée comme argent comptant et ne peut plus être remplacée par des marchandises profanes. L’utilité de la marchandise ne compte pour rien et sa valeur disparaît devant ce qui n’en est que la forme. La veille encore, le bourgeois, avec la suffisance présomptueuse que lui donne la. prospérité, déclarait que l’argent est une vainc illusion. La marchandise seule est argent, s’écriait-il. L argent seul est marchandise! Tel est maintenant le cri qui retentit sur le marché du monde. Gomme le cerf altéré brame après la source d’eau vive, ainsi son âme appelle à grands cris l’argent, la seule et

1. Il faut distinguer la crise monétaire dontnous parlons ici, et qui est une phase de n’importe quelle crise, de celte espèce de crise particulière, à laquelle on donne le même nom, mais qui

peut former néanmoins un phénomène indépendant, de telle

sorte que son action n’inilue que par contre-coup sur l’indus

trie cl le commerce. Les crises de ce genre ont pour pivot le capital-argent et leur sphère immédiate est aussi celle de ce

capital, — la Banque, la Bourse et la Finance.

1. « Le revirement subit du système de crédit en système îonétaire ajoute l’effroi théorique à la panique pratique, elles gents de la circulation tremblent devant le mystère impénérable de le ;r.; propres rapports. » (Karl Mari, 1. c., p 12G.) —

Le pauvre reste morne et étonné do ce que le riche n’a plus ■argent pour le faire travailler, cl cependant le même sol et t les mêmes mains qui fournissent la nourriture et les vfitcîenls sont toujours là — et c’est là ce qui constitue la ventble richesse d’une nation, et non pas l’argent. » (John Délits, Proposais for raising a Collcdgc of Induslry, London,

2. Voici île quelle façon ces moments là sont exploités . Un jour (1839), un vieux banquier de la cité causant

vec un do scs amis dans son cabinet, souleva le couverte du pupitre devant lequel il était assis et se mit a deloyer des rouleaux de billets «lo banque. En voila dit-.l ’un air tout joyeux, pour cent mille livres sterling^ Ils son i en réserve pour tendre la situation monétaire (to make utloney tight) et ils seront tous dehors à trois heures, .cette apte jidi.. (The Theory of the Exchanges, the 8k, London, 1864, p. 81.) L’organe semt-officicl, \ Obstrvt , ubliail à la date du 28 avril 1864 ; - il ^rt ee^nst^ raimc.it curieux sur les moyens a Bien qu’il soit

oor créer une disette de billets de J ‘ J . arti/jce de ce

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enre, la rumeur qui s;en est répandu* a u’elle mérite réellement d être men v contractés dans le

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