‹ Le capital T. 1Chapitre 41 sur 357 · LA FORMULE GÉNÉRALE DU CAPITAL · texte numérisé non relu

LA FORMULE GÉNÉRALE DU CAPITAL

La circulation des marchandises est le point de départ du capital. Il n’apparaît que là où la production marchande et le commerce ont déjà atteint un certain degré de développement. L’histoire moderne du capital date de la création du commerce et du marché des deux mondes au seizième siècle. t Si nous faisons abstraction de l’échange des valeurs d usage, c est-à-dire ducôté matériel de Ja circulation des marchandises, pour ne considérer que les formes économiques qu elle engendre, nous trouvons pour dernier résultat 1 argent. Ce produit final delà circulation est la première forme d’apparition du capital.

Lorsqu’on étudie le capital historiquement, dans ses origines, on le voit partout se poser en face de la propriété foncière sous forme d’argent, soit comme fortune monétaire, soit comme capital commercial et comme capital usuraire l. Mais nous n’avons pas besoin de regarder dans le passé, il nous suffira d observer ce qui se passe aujourd’hui même sous nos yeux. Aujourd’hui comme jadis chaque capital nouveau entre en scène, c’est-à-dire sur le marché, marche des produits, marché du travail, marché de la monnaie, sous forme d’argent, d’argent qui par deB procédés spéciaux doit se transformer en capital.

1. L’opposition (jui existe entre la puissance de la propriété foncière basée sur des rapports personnels de domination et de dépendance et la puissance impersonnelle de l'argent se trouve clairement exprimée dans les deux dictons français : « Nulle lerro sans seigneur. ■ « L’argent n’a pas de maître. •

L’argent en tant qu 'argent et l’argent en tant que capital ne se distinguent de prime abord que par leurs différentes formes de circulation.

La forme immédiate de la circulation des marchandises est M — A — M, transformation de la marchandise en argent et retransformation de l’argent en marchandise, vendre pour acheter. Mais à côté de cette forme nous en trouvons uûc autre, tout à fait

distincte, la forme A M A trans-

argent — marchandise — argent formation de l’argent en marchandise et retransformation de la marchandise en argent, acheter pour vendre. Tout argent qui dans son mouvement décrit ce dernier cercle, së transforme en capital, devient capital et est déjà par destination capital.

Considérons de plus près la circulation A — M— A. Comme la circulation simple, elle parcourt deux phases opposées. Dans la première phase A -M, achat, l’argent est transformé en marchandise. Dans la seconde M-A, vente, la marchandise est transformée en argent. L’ensemble de ces eux phases s’exprime par le mouvement qui ec ma monnaie contre marchandise et <e "r|“'e j^(c maichandine

pour vendre, ou bien, si on ni g g

formelles d’achat et de vente, achète avec .de ar

gent la marchandise et avec la marchandise argent .

j , Avec de l’argent on achète des marchandises, et aveede.

coton. "t qu’ensuîte je vend* ces 2000 :.L de coton pour 110 1. et., j ai en definitive

.1 . iin Iit- cf TTinrinaiP

(00 I. st

contre 110 liv. st., monnaie

A in

d’argent

a},outit à l’échange d’argent con-

U rnoMverarn ^ 100 1. st. 2000

tr<- argent. A—-1- •' . .. •

échangé

contre monnaie.

JI va sans dire que la circulation A JM serait un procédé Liza rie. si l’on voulait par un .semblable détour échanger des somme équivalentes. 100 1. st., par exemple, contre 100 j Mieux vaudrait, encore la méthode du thésauriseur qui garde solidement ses 100 1. st. au lien de les exposer aux risques de la circulation. Mais d’un autre cdté. que le marchand revende iiour 110 1. si. le coton qu’il a acheté avec 100 1. st., ou qu'il soit obligé de le livrer à 100 et même r’o /. st., dans tous ces cas son argent décrit toujours un mouvement particulier et original, tout à fait différent de celui que parcourt par . emple l’argent du fermier qui vend du froment et ai lièl.e un lialiit. Il nous faut donc tout d’abord constater les différences caractéristiques entre les deux formes rie circulation A — AI -Àct M — A— M. Nous verronsen même tempsquclle différence réelle gît. sous cette différence formelle.

Considérons en premier lieu ce que les deux formes ont de commun.

L"s deux mouvements se décomposent dans les deux mêmes phases opposées, M— A, vente, et A — M. achat. Dans chacune des deux phases les deux mêmes éléments matériels se font face, marchandise et argent, ainsi que deux personnes sous les mêmes masques économiques, acheteur et vendeur. (.Inique mouvement est l’unité des mêmes phases opposées, de l'achat et de la vente, et chaque foi- il s'accomplit, par l’intervention de trois contrariants, dont l’un ne fait que vendre, l’autre qu aclidi-r. taudis que le troisième achète et veud tour à ituii'.

(■<• qui distingue cependant tout d’abord les mouvements M— A — M et. A— M — A, c’esL l’ordre inxerse des mêmes phases opposées. La circulation

*m"!1,,! mro. par la vente et finit par l'achat;

la circulation de l'argent, comme, capital commence par I achat et finit par la vente. Là c’est la marcnainhs" q,,, forme le point de départ et le point . .ri'l‘",r- “'* 1 argent. Dans la première forme,

'.Z | 1,l'" *’rt «iMHormédiaire; dans la se-

*. ..*t la marchandise.

Dans la cnvnlaiim, M-A-iVl, l’argent est enfin •i 1 1 ,* " 111111 handise qui sert de : valeur d’usage ;

1 ^Tmilivement - dépensé. Dans là

lorme inxcrsc A M-A) l'acheteur donne son ar- .V" pont le reprendre comme vendeur, l'ur l’achat -h' la marchandise . il j.-lt • dans la circulation de 1 aigenl, qn il eu relire ensuite par lu vente delà "marchandise. S’il le laisse partir, c’est souleim'iil avec I arrière-pensée perfide de le mltvaprr. Lut argent est donc simplement — avancé*.

achète (te l'argonl. . Mercier do la Rivf ro :

Page 1