L'ARX
armée, en Gaule, et qu'il avait réussi à apaiser*. Les travaux, adjugés en 534-220 par les duumvifs C. Pupius et C. Quinctius Flamininus, avaient été terminés deux ans plus tard *. La dédicacé avait eu lieu le jour des Nones de Février (5 février) 536/2 18 par les soins des duumvirs M. et C. Atilii'. On y sacrifiait annuellement le 5 février, jour anniversaire de la dédicace**.
Le temple de Vejovis avait été voué en 558/196 par le consul L. Furius Purpureo et dédié quatre ans plus tard, en 562/192*. Dans la cella se trouvait une statue de Vejovis, en bois de cyprès, que Pline l'Ancien mentionne au temps des Flaviens ^.
Ces deux sanctuaires de la Concorde et de Vejovis devaient être de dimensions assez restreintes. Leur emplacement exact ne peut être déterminé avec certitude. Il est probable toutefois que le temple de la Concorde se trouvait sur le flanc méridional de l'Arx, à proximité du grand temple de la Concorde situé à l'extrémité N.-E. du Forum.
Au Sud du temple de Juno Moneta s'étendait l'Auguraculum '. Le terrain qui dominait vers le Sud la dépression du Forum et d'où la vue pouvait embrasser l'amphithéâtre de collines formé par le Palatin, l'Aventin, le Caelius, l'Esquilin et le Quirinal, offrait un champ très va^te aux observations augurales. L'Auguraculum proprement dit, sans doute une hutte ® analogue aux cabanes de Romulus conservées pieusement sur le Capitole et le Palatin, s'élevait au milieu d'une esplanade gazonnée. C'est là que croissaient les verveines sacrées, que l'on envoyait solennellement aux féciaux, chargés de déclarer la guerre au nom du peuple romain^.
Des anciennes .fortifications particulières de l'Arx, vers le Forum, il ne reste qu'un fragment encastré dans un mur de la Via dell'Arco di Settimio (n" i) : la construction est identique à celle de l'enceinte palatine primitive *o. — La. partie du mur de
I. TiT. Liv., XXII, 33, 7 : * In religionem etiam venit, œdem Concordiœ quant per seditionem militarem biennio ante L. Manlius prœtor in Galtia vovisset locatam ad id tempus non esse. » — 2. Id. : « Duumviri ad eam rem creati a M. A^milio praetore tirbis C. Pupius et Cxso Quinctius Flamininus asdem in arce faciendam locaverunt. » — 3. Id., xxiii, 21, 7 : « Duumviri creati M. et C. Atilii xdem Concordiœ quam C. Manlius prœtor voverat dedicaverunt. » — 4. Calendr. Prenest.y le jour des Nones de Février. — 5. Tit. Liv., xxxv, 41.
— 6. Plin., Hist. Nat., xvi, 216 : « Nonne simulacrum Vejovis in arce e cupresso durât a condita DLXI anno dicatum. » — 7. Varron, de Ling. Lat., vu, 8; Festus, p. 18 : « Auguraculum appellabant antiqui quam nos arcem dicimuSy quod ibi Augures auspicarentur. Cf. Cicer., de Offic.^ m, 16, 66. — 8. Peut-être est-ce la « casa sacrorum stramentis tecta » dont parle Vitruve, De Archit.y II, i, 20. — 9. Plin., Hist. Nat., xxii, 5 : « Gramen cum sua terra ex arce evulsum ». Tit. Liv., i, 24 : « Fetialis ex arce graminis herbam puram attulit. »
— 10. R. Lanciani, The Ruins and Excavations of Ancient Rome, p. 61.
Servius qui suivait les contours de l'Arx avait, à l'époque impériale, presque entièrement disparu; il n'en restait guère que quelques fragments, utilisés comme substructions ou comme murs d'appui. Trois de ces fragments ont été retrouvés, à l'occasion des travaux du monument de Victor-Emmanuel, en 1887 *, en 1889* (4 rangs de blocs, d'une longueur totale de i5",20, alternativement disposés dans le sens de la longueur et de l'épaisseuf), en 1892 (6 rangs de blocs : largeur totale 3",5o, hauteur 3'",6o) ', les deux premiers vers la Via di Marforio, la troisième vers la Via Giulio Romano.
Sur les flancs de l'Arx, notamment au Nord-Est, vers le Champ de Mars, s'élevaient de nombreuses maisons particulières disposées en terrasses et adossées à l'escarpement de la colline. Le front de ces maisons était orienté, à l'Est sur le Clivus Argentarius, au Nord sur une rue qui se détachait du Clivus, non loin du Sépulcre de Bibulus, et longeait la base de la colline dans une direction sensiblement parallèle à celle de la Via Giulio Romano actuelle; une partie de cette rue a été découverte en 1871. On a trouvé, de 1888 à 1892, de nombreux restes de maisons particulières, notamment entre l'église Beata Rita et l'escalier moderne de l'Aracœli ; ces maisons étaient ornées de pavages de mosaïque et de peintures murales ♦.
Enfin la base septentrionale de l'Arx était occupée par un certain nombre de sanctuaires consacrés à des divinités étrangères, surtout orientales, et creusés dans le roc*^ : les inscriptions nomment la Dea Celestis^, Jupiter Sabazius', Hécate ^ Mithra^. Un de ces sanctuaires, découvert en 1892 au voisinage de la Via Giulio Romano, mesurait 3",3o de longueur, 2",25 de largeur, 2",5o de hauteur *^.
I. Notiz, d. Scav., 1887, p. ii3; 1890, p. 2i5. — 2. /rf., 1890, p. 2i5; Ch. Huelsen, //•' Topog. Jahresber.y Rômisch. Mitth., 1891, p. 104. — 3. Notiz. d. Scav.^ 1892, p. 200; Bull. Archeol. Corn., 1892, pp. 145-146; Ch. Huelsen, /K" Topog. Jahresb.^ Rômisch. Mitth.y 1893, p. 287. — 4. Voir surtout iVo//^. d. Scav.y 1888, p. 68; 1889, p. 160; 1892, 43, 3i3, 343, 348, 406; Bull. Archeol. Corn., 1889, p. 206; Notiz. d. Scav., 1891, p. 3i5, et les Jahresberichte de Ch. Huelsen. Rômisch. Mitth., 1889, pp. 254-255; 1891, p. 104; 1892, p. 292; 1893, p. 288. — 5. Notiz. d. Scav., 1892, p. 407; Ch. Huelsen, IV" Topog. Jahresber.y Rômisch. Mitth.^ 1893, p. 288. — 6. Base de marbre, haute de o",75, large de o'",53, épaisse de o",4i. — 7. Statuette haute de o",36 avec inscription. « Sancto deo Sabazi Attia Celerina d(onum) d(edh') per voc(em) Pegasi Sacerdo(tis). » Notiz. d. Scav., 1892, p. 43; Bull. Archeol. Com., 1892, 364. Ch. Huelsen, loc. cit. — 8. /. G. /. (Ed. Kaibel), 1017. —9. C /. L., VI, 719. — 10. Ch. Huelsen, loc. cit., p. 288.