L'ARX
L'Arx, l'ancienne citadelle capitoline, avait conservé jusqu'au
dernier siècle de la République une importance militaire réelle.
En raison de son caractère spécial, et aussi de l'exiguïté du
I. CicER., fro Milon.j xxiv, 64. — 2. Valer. Max., vi, 3, 3; ix, i3; Tac; Ann., m, 14; vi, 4, 3i ; Hist., m, 74, 85; Sueton., Tiber.^ lui, lxi, lxxv, Vitell.y XVII ; Dion Cass., lviii, i, 5, 11, 16; lxv, 21. Plin., Hist' Nat., viii, 146, emploie l'expression : gemitorii gradus. — 3. Les Gradus Monetse ne sont mentionnés que par un texte d'OviDE, Fast , i, 638 : « Qiia fert sublimes alta Moneta Gradus. » —4. Séjan et les siens : Tac, Ann., vi, 4; Dion Cass., lviii, 5. Sabinus : Tac, Hist.^ m, 74. Vitellius : Tac, Hist., m, 85. Sueton., VitelL, XVII. — 5. Tac, Hist., m, 71 : « Diverses Capitolii aditus invadunt juxta lucum Asyli et qua Tarpeia Rupes centum gradibus acittur. » Les Centum Gradus se trouvaient à peu près à l'emplacement de l'escalier, qui donne aujourd'hui accès de la Via dei Saponari à la Via di Monte Tarpeo. Cf. p. 52; note 2. — 6. Id.
i8 LE CAPITOLE ROMAIN.
terrain, les édifices qui s'y élevaient étaient peu nombreux. Nous n'en connaissons aucun dont la construction soit postérieure à la fin du iv siècle avant Jésus-Christ.
Les seuls édifices mentionnés par les textes sont les temples de Juno Moneta, de la Concorde et de Vejovis, construits sous la République, et l'Aug-uraculum que la tradition faisait remonter à l'époque royale.
• Le temple de Juno Moneta était à la fois le plus important et le plus ancien des édifices de l'Arx. Ce temple avait été voué en 410/344, au cours de la g-uerre contre les Aurunci par le dictateur L. Furius Camillus*. La dédicace eut lieu en 411/343*, le jour des Calendes de Juin (i" juin)'. Le temple s'élevait dans la partie septentrionale de l'Arx*, à l'emplacement, disait-on, de l'ancienne maison de Manlius Capitolinus, rasée en 370/384 par décret du sénat ^. — La légende racontait que l'épithète de Moneta était d'origine postérieure, et rappelait un conseil (monere), donné aux Romains par Junon, à l'époque de la guerre contre Tarente^ (vers 482/272). Trois années plus tard, en 485/269, lorsque Rome commença à frapper la monnaie d'argent, l'atelier fut installé dans les dépendances du temple de Junon ^ Il devait y rester jusqu'à la fin du V siècle avant Jésus-Christ (probablement sous le règne de Nerva), date à laquelle il fut déplacé et annexé à la monnaie impériale du Caelius. Le temple de Juno Moneta semble avoir été frappé de la foudre à la fin du 11' siècle (639/1 15) 8; à la suite de cet incendie, il fut réparé, peut-être reconstruit. Les textes ne donnent sur ce fait aucune indication précise. — Le temple de Juno Moneta a dû disparaître de bonne heure : on n'en a pas retrouvé de traces.
Le temple de la Concorde, postérieur de i23 ans au temple de Juno Moneta, avait été voué, en 553/221, par le préteur L. Manlius à l'occasion d'une mutinerie qui avait éclaté dans son
I. TiT. Liv., VII, 28; OviD., Fast., vi, i83, 599; Macrob., Saturn., i, 12, 3o. — 2. Id. « Anno postquam vota erat ssdes Monetx dedicatur. » — 3. Calendr. Venons., le jour des Calendes de Juin. C. I. L., I-, p. 221. — 4. Ovid., Fast., loc. cit. « l7i stnnma Arce. » — 5. Tit. Liv-, vu, 28. — 6. Il existait à Rome plusieurs traditions sur la nature du conseil donné par Junon : Cicer., De Divin., I, 45, ICI : • Scriptum a miiltis est, cum terrx motus factus esset, ut sue plena procuratio fieret, vocem ab xde Junonis ex arce exstitisse : quo circa Junonem illam appellatam Monetam » (cf. 11, 32, 69). Suidas au mot MovT^Ta : les Romains, manquant d'argent, à l'époque de la guerre contre Pyrrhus et Tarente, implorèrent Junon, qui leur répondit : « El xûv oirXwv àvôé^ovxat ixexà ôixaioffûvTi;, xf ïiixaxa aôxoù; ixrj éTriÀsi^siv xuxovxèç 6è Twjxatot xf,ç aîXTQcrswi; èxipLTjaav "Hpav jjiovfixav xouxéaxi uO jxSouXov, xô vd[xt<Tp,a êv xû Eepû aûx^n; vo[xi(Tivx£<; xapàxxeaôai. » — 7. Tit. Liv., vi, 20 : « Uti nunc asdes atque ofjicina Monetx est. ■ — 8. Plin., Hist. Nat., 11, 144 : « Tacta Junonis œde Romœ, Scauro consule qui mox princeps fuit. »