I. Voir ce qui est dit p. suiv., nolo
4 3o LE CAPITOLE ROMAIN.
Il est difficile de déterminer l'orig-ine de cette légende; peutêtre a-t-elle pour explication qu'en se plaçant en avant du cheval, le toupet formé au haut du front par la crinière a quelque ressemblance avec une chouette; en outre, primitivement, on voyait un homme sous les sabots du cheval, ainsi que le prouvent les imitations qui furent faites de ce groupe *.
Mais la légende du « grand vilain », il gran villano-, quoique accréditée et propagée par le livre si répandu des Mirabilia et les ouvrages descriptifs qui en sont issus, n'çut jamais autant de crédit que celle qui faisait de la statue une image de l'empereur Constantin. C'est sous cette dénomination que la statue fut généralement connue durant tout le moyen âge et qu'elle fut reproduite dans les pays lointains '.
Cependant on donna à la statue bien d'autres noms encore: dans les délibérations du chapitre du Latran elle est désignée sous le nom de statue d'Antoine*; le Poggio, qui la vit au temps d'Eugène IV, l'appelle la statue de Septime-Sévère s; Nicolas Muffel de Nuremberg, venu à Rome en 1452, à la suite de l'empereur Frédéric V, mêlant les deux versions, en fait une statue « d'un vilain appelé Septime-Sévère^ ». Ceux qui se piquaient de quelque science pensaient autrement. « Peregrini Theodoricum vacant, vulgus Constantinum sed Clerici Curiœ Marcum seu Qiiintum Curtium appelhnt », dit Gregorius Magister dans un
I. Voir ce qui est dit note 3. — 2. Gamucci écrit (fol. 20 v.), en i565 : « Quella famos2 statua équestre di Maixo Aurelio... la quale è chiamata da volgari de nostri tempi il Gran Villano.ï). Le chevalier Harff, qui vint à Rome en 1497, parle ainsi de la statue {Die Pilgerfahrt des Ritters Arnold von Harff... Cologne, liyU): traduction de De Reumont, dans VArchiv. Veneto, vol. XI, part. i. 1876, p. i3^) : « Sulla piazza (de Saint-Jean de Latran) davanti alla chiesa sta eretla una statua équestre di bronzo quale fii posta a iin contadino divenuto capitano a Roma, cfie libéra la città dai îtemici imitando il suono del cuculo, di che si misero altamente a ridere gli assedianti. » — 3. Arbellot, Mémoire sur les statues équestres de Constantin placées dans les églises de l'ouest de la France. Limoges-Paris, i885. Dans ces reproductions, iigure le captif foulé aux pieds du cheval dont parle le livre des Mirabilia, Elles répandirent l'opinion que la statue originale était de marbre ; Richard de Poitiers écrivait, en 1293, dans sa Complainte
Constantine cades equo de marmore facto
Et lapis erectus et multa palatia Romœ..
Richard le Poitevin, art. de Berger dans la Bibl. des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, VI (1879), p. 2. Cf. A. Graf, Roma nella Memoria, II, 112. — 4. .'îALLETTi, Towi. rj!/.,8u39; délibération du i5 août 140$^ (voir plus loin); Marc-Aurèle avait nom/l;i/o;iiw«5,ce qui peut avoir créé cette confusion; toutefois, dans une délibération en date du 20 octobre de la même année, on lit : « Statua Aureliani vulgariter Constantiniana. » Ibid., iV)Mj, fol. 257. — Dans la délibération du conseil communal qui ratifia le transport de la statue sur la place du Capitole, elle est désignée sous le nom de • Statue de M. Antoine ». Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, pi. 379. —5. De Varielate Fortunœ, éd. Giorgi, p. 21. — 6. NicoLAUS Muffels, Beschreibung der Stadt Rom, herausgegeben von Wilhelm Vogt, Tubingen, 1876. Cette confusion existait encore
STATUE dp: MARC-AURÊLE. i3i
livre dé Mirabilia dont quelques frag-ments seulement ont été conservés par le moine ang-lais Ranulf Hyg-den *.
Toujours est-il que l'opinion générale tenait que la statue était une représentation de l'empereur Constantin *, et c'est à ce titre qu'elle était e^ntourée de l'admiration universelle. On lui faisait jouer un rôle dans toutes les solennités; quand le tribun Cola di Rienzo donna une fête magnifique au peuple romain à l'occasion de son sacre comme chevalier, un ingénieux artifice, dont nul ne put pénétrer le mystère^ permit de faire couler du vin et de l'eau des naseaux du cheval; un manteau de vair dont on l'avait recouvert aidait apparemment à l'illusion '. Ce fut, au reste, la coutume au moyen âge que ceux qui voulaient faire figure à Rome ofl'rissent un manteau au cheval. Wace raconte, dans le Roman de Roîiy que Robert I", duc de Normandie, agit de la sorte :
Costentin uit, ki ert à Rome
De quiure fait, en guise de home,
Cheual a de quiure ensement,
Ne muet pur pluie ne pur uent.
Pur la hautece e pur la honur
De Costentin l'enpereur,
En ki nun Thuage est leuee
E par ki nun est appelée,
La fist d'un mantel afubler
Del plus riche qu'il peut trouer*.
chez quelques auteurs du xvi' siècle. Prospettivo Milanese, dans ses Aîttiqiiarie Prospettiche romane, écrit, en i5oo :
Evi di Constantino vn gran ronzone
Staui quel grande chucise Asdrutello.
Sono ambedui di gran perfections
Atti Accad Lincei, Ser. IL vol. III, part, m, p. 5i, et Gilberto Govi, Rome 1876, qui publie le texte avec commentaires. — Gamucci. Le Antichità di Roma, Venise, iSôç, écrit, p. 16 : • Nel centro délia piazza di Campidoglio la famosa statua équestre di Marco Aurelio. » Aldrovandi, Le Statue di Roma, p. 268, dit : a Nel mezzo délia piazza del Campidoglio si vide la bella statua équestre di bronzo di M. Aurelio filosofo et Imperatore ; e sta in habito e gesto di paceficatore , Dicono, ch'ella fosse di Antonio Pio; altri di L. Vero; altri di Septimio Severo:.. » — i. De Rossr, Piante di Roma, p. 77; cf. Adinolfi, Laterano e Via Maggiore, p. 71 ; Jordan, Topog., II, 370, 385; Stevenson, AnnalidelV Istituto Arch., 1877, p. 375 ; Tizza>ji, Atti delV Accad. Rom. di Archeologia, nuova séria; I. 241. — 2. Martinelli {Roma ricercata, p. 795), qui écrivait au milieu du XVII' siècle, dit : « Nel Mezzo délia piazza il famoso cauallo di métallo caualcato da Marco Aurelio Antonino secondo alcuni, e secondo altri da L. Vero, se bene molti han creduto, come testîfica il Ftilvio, esser di L. Settim Seuero : ma è chiamato dal volgo e dal Bibliotecario di Costantino perché staua su la piazza del Palazzo Lateranense...* Cf. Gamucci. Voir p. 134, note 3. — Muntz, Les Arts à la Cour des Papes, III, 17Q, fournit des mandats relatifs à la restauration de cette statue, qui montrent qu'elle était connue communément sous cette dénomination. Voir plus loin p. i35, note 2. — 3. Cron. Mutittense; Muratori, R. Italie. Script., XV, 608. — 4, Ed. Andresen, Heilbronn, 1877, II, i52, v. 3o5i.
i32 LE CAPITOLE ROMAIN.
Le sort de la cité passait pour lié à celui du cheval; cette croyance était encore fort répandue au temps où Ampère visita Rome. Un enfant, lui montrant les traces de dorure qui se voient sur la statue, lui raconta qu'elles aug^mentaient. « Quand la statue sera complètement dorée, dit-il, le monde périra. » Cependant, en i636, le sénateur Orazio Albani avait dû prendre un arrêté défendant de lui jeter des pierres ou de la boue *.
Cette statue aurait d'abord orné VArea du Forum où l'on voit encore, d'après le P. Thédenat, les trace» de la base sur laquelle elle s'élevait*. Plus tard, elle fut transportée à l'emplacement qu'elle occupa long-temps devant l'église du Latran'. Lors du meurtre de l'antipape Boniface (974), il est dit que son corps fut jeté aux pieds du cheval dans le « campum ante caballiim Constantini », termes qui, à vrai dire, s'appliquent aussi bien au campus lateranensis qu'au campo vacciîio*. Quelques années auparavant (966), le xadavre de Pietro, préfet de Rome au temps de Jean XIII, y avait été attaché par les cheveux^.
Toutefois, on a soutenu que la statue en question ornait le palais d'Annius Verus, qui était proche du Latran et dans lequel Marc-Aurèle avait long-temps vécu, et n'aurait jamais fig-uré sur le Forum, car il a semblé difficile d'admettre qu'entre le xr et le xir siècle une statue si fameuse ait pu être transportée du pied du Capitole au Latran, sans qu'aucune chronique fit mention dé ce fait 6.
D'aucuns ont pensé que le transport de la statue avait eu lieu à une époque relativement récente. Ce qui a pu donner naissance à cette croyance, c'est ce passag-e du biographe ferrarais de Clément III où il est dit que ce pape ag-randit le palais de Latran et
1. « Che nessuno abbia ardire lirare sassi, fanga o simili materie nel Cavallo di bronzo esistente in delta piazza, sotto le medesime pêne. Datum Rome ex nostro Capitolio, hac die 10 Aprilis i636. Horalio Albani Senatore. » Bibliothèque Casanatense, Collez. Bandi, vol. VI, n- 171. — 2. Henry Thédenat, Le Forum romain, Paris, 1904, p. 167, 286; Ciampini, De sacris /Edifie., cap. 2; Palladio, Archit., Lib. IV, c. ix. Voir aussi l'article de Stevenson, Annali delV Istitulo Archeologico, 1877, p. 873 : Antichi Edifiai al Laterafto. Fea cite un itinéraire dans lequel le Templum Pacis et le Caballus Constantini sont mentionnés conjointement. Dans l'itinéraire Einsidlense (viii« siècle), le « Cauallus constantini » est placé près de l'arc de Septime-Sévère. (Codex Urbis Romae, Urlichs, p. 71). Cf. Vacca, n. 18. — 3. D'après A. Graf, II, m, ce serait le pape Scrgius III (903-Qii) q\ii aurait ordonné ce transport. Cf. Adlnolfi, Roma nelV Età di Mezzo, I, 25o. — 4. MuRATORi, Annales, V, 262. Gregorovius, II, 74. Dichesne, Liber Pontificdlis, II, 254. — 5. Muratori, R. Italie. Script., III», 33i. — 6. Storia délie Arti del Disegno di Giovanni Winkelmann, traduction très corrigée et augmentée par l'abbé Fea, Rome, 1784, III, 441. L'ouvragre de Winkelmann, Geschichte der Kunst, avait paru à Dresde en 1764. Le transport d'un groupe si pesant dut être, en effet, fort laborieux. On eut grand'peine à l'accomplir au xvi- siècle.
STATUE DE MARC-Al'RÉLE. '33
Ht exécuter, pour en décorer la façade, un cheval d'or '. Dans sa chronique bolonaise, fra Bartolommeo délia Pufjliola répète cette assertion, lout en spécifiant que le cheval était de bronze*. 11 s'aifit donc bien du cheval de Marc-Aurèle auquel Clément III avait sans douie ordonné qu'on fit des réparations ^
La statue devait se trouver en fort mauvais élat si l'on en jug^ par une reproduction que possède, parmi d'autres bronzes de la
Fig. 20. — Le cheval de Marc-Aurèle devant le Latran.
(CiAMPisi, LU Sjcris Ae.UpcUs j ConsUnlIno Mjgno conslriiclls ;
Rome, lùfi, [II, 17, f>l. 5,)
Renaissance, le musée royal de Dresde: on l'attribue à Antonio Averlino dit le Filarète, qui travaillait au temps d'Eugrène IV»; cette reproduction fournit donc l'aspect que devait présenter la statue avant les réparations dont elle fut l'objet sous les pontificats de Paul II et de Sixte IV et qui sont les premières que l'on
I. ■< F.quum qao^ue jureiim fleri jecit. • Mlhatori, R. Iljtic. ScHpt.. IX, i-fl. Tokitcfuis le lexlc donné parle Liter Ponliftcslls dit simplement: iPuleum ànteereum «juum /rff/;l£r(. > Vie de M. Polonîus. II. 45t. — 2. Muratori, /<. /(aifc. Srri/'l., XVIII. 2^0.— 3. CepaperÉ(tnadeii87àii9i.— 4. Elle tu I fui le sur l'ordre du pape, et offerte d Pierre de Médicis, en 1465. Bulletin de U Snctétà des Anllquxires Je France. i885, 4* trimestre, p. 271, communication de M. Courajod sur Filarète. Voir Coirajod. Quelques sculptures en trome de FiUréle.
connaisse de façon certaine *. Il se peut que les détériorations qu'on y remarque soient survenues à la copie du Filarète; mais, d'une part, il est dit dans un document de l'année 1474 que le ^^•roupe était « vetustate quassatum et collabentem* »: d'autre part, le coût élevé des réparations montre qu'elles durent être, en effet, fort importantes. On est donc en droit de supposer que la statue du cheval manquait alors en réalité du pied droit de devant et de la jambe g-auche de derrière. Cependant le Filarète ajouta certainement devant les jambes du cheval un casque à haut cimier orné de bas-reliefs rappelant des motifs de l'antiquité classique : d'un côté, un centaure enlevant une femme; de l'autre, deux hommes luttant: sur la visière est une tête de bélier; le fond, sur lequel se détachent les fij^'ures, est g:uilloché ou plutôt martelé '.
On a prétendu, à tort, semble-t-il, que le cheval avait été jeté dans une fondrière d'où le pape Sixte IV l'aurait fait retirer ♦.
I. Dans l'ouvrage de G. Rohault de Fleiry, Le Latran au Moyen Af^e, planche L, on voit la statue de Marc-Aurèle, sur le socle sur lequel elle se trouvait au Latran; dans ce socle,sont encastrées les armes du pape Boniface VIII, (iaetani (1294-1303), ce qui pourrait faire croire que ce pontife ou quelqu'un de sa famille s'occupa de le restaurer ou de restaurer la statue. — 2. Caxcellieri, Solenni possessi, p. 198. Le texte porte, en son entier : «-Equiim senetim vetustate ijuassatum etjam collabentem cum f essore Marco A urelio Antonino restitua, quem ante œdem Constantinianae Basilics cernimus. » Vie du pape Sixte IV, par un anonyme que Muratori pense être Platina. Mlratori, R. Italie. Script., III*, i()()4. C. MuxTz, Les Arts à la Cour des Papes, III, 177, rapporte sur la foi d'AJbertini une inscription qui semble être la transcription de ce passage : • Syxtus IIII Pont. Max. equlm hunc .f:NEL'M vetlstate quassatlm collabentem CUM ASSESSORE RESTiTuiT » et il s'étonne que Forcella ne la mentionne pas. C'est peut-être qu'il n'a pas ajouté foi à Albcrtini. Albcrtini a composé vers i5u9 son opuscule des Mirabilibus (Éd. de i5i5, fol. 62). — 3. Courajod, art. cité ; Gio. Batta De Rossi et (iuseppe G.\tti, dans le Bull. Arch. Com., an. 1886, p. 348. L'inscription inscrite sur le socle de cette reproduction porte que la statue est celle de l'empereur Commode ; on sait que le père et le fils se ressemblaient beaucoup, et les érudits du temps d'Eugène IV ont pu se laisser induire en erreur par leurs connaissances iconographiques incomplètes. Dans un chant composé en 1467, pour célébrer le transfert de l'urne de porphyre contenant les restes de sainte Constance, du mausolée où elle était déposée dans la via Nomentana, au palais que Paul II venait de faire édifier sur la place Saint- Marc, il est dit :
Commodus et sonipes hostilia vulnera passi Pontificis tantum reficiuntur ope.
Voir la Gazette Archéologique, i885, p. .^2, et le Bulletin de la Société des Antiquaires de France, i^i5, p. i';-^; an. de L. Courajod. — 4. Du moins, le texte d'Onuphre, qui se trouve dans Pl.\tina, Historia de Vitis Pontificum, Cologne, 1626, p.33i, porte : « Marci Aurelij statuant œneamequestrem humiliet sordido loco iacentem in area Lateranensi augustiore loco exposuit. » Cf. Fla- MiNio Vacca qui prétend que la statue fut trouvée dans une vigne près de la Scala Santa; Memorie, n. xviii. Cf. Fea, op. cit., p. 414, et, du même auteur,
h^^at
STATCE DE MARC-AURÊLE. i35
Le pape vénitien Paul II, qui aimait tant les choses de l'art, entreprit de restaurer cettej statue si malheureusement endommagée; dès la deuxième année de son règne, en 1466, il lit commencer des travaux, mais tout se borna alors à élever autour de la statue un grand baraquement en planches qui coûta fort cher. Cependant, en l'année 1468, trois cents florins furentpayÉs au célèbre fciédaitleur Oistoforo Geremia de Mantoue, qualifié dans le mandat de payement de ■ familier du pape >, et qu'il estimait assez, en eFFet, pour luidonnerun logement au Vatican'.
Ce fut le successeur de Paul II, le pape Sixte IV, qui mena à bien le travail; il s'adressa à des orfèvres et eut à leur compter des
sommes importantes; un nouveau '^'*''- "Tc?ànS"i' Sn piédestal fut aussi construit pour irrcsque de Fiiippoi.ippi, église la statue: le pape voulut qu'il fût dclaMineno).
de marbre '.
Un tableau a conservé l'aspect qu'avait la statue après cette restauration, c'est celui que peignit le peintre Filippo Lîppi en
Discorso laliimo aile telle firll. Rame, 1797.P. xi,el jVhoi'j «eîc|-i2(one... Rome, iliiG, p, 18J. — 1. (En mar^ :) Pro reslattralione e^ui serei S. Jo. Laleraneasis. Dans le lente : ■ .Wjivuî elc, honoratlH viro Andrée Ulasij elc, soImIIs honl. vlio Çristo/oro de GieremiL^ de Manlua Ssml D. N. pp. familiari fl. au. de l'am. Irecentos pro parte solullonis ejus taborerii el athirum expensanim pro rtsljurslloue equi eret siti i« platea sancli Johannis Laltranensts oporlunjrum. quos elc. Dal. Rome apiti Sancluin Marcum sut signeli aosiri Impressione die XXV Junlj MCCCCLXVm. PonUf. SS. D. N. Paul! div. prov. pp. II. jmuu quarto. • Archir. di Slalo, Mandatl Cam. Urbis, 14^^73, folio tti. — 2. • Solvalis fto. vtr. Magistro Nardo Cortolint el Leonardo UuUoccI cl. ro. aarlf abris quitus data est cura sarciendiequam eneum ConstanUnlantepalalluin I^leraneuse exislenlem fi- au. Je cam. G in deductionem mercedis Ipsis promisse pro itlo nferf • (3 juillet 1473). — Le it décembre 1473, autre payement de deux cents docMs pro re/eclione eqal Conslantinl. — Le 14 avril 1474, payement de cent ducats. — Le i5 novembre, pour solde, payement de deux cent» ducats. — Le 24 décembre de la même année 1474, payement de soixante-quinze ducats à un tailleur de pierre < pro parle operis quai facturas est in tasi nova marmorea eqtii Con.'^laaliai ». BnlIelUno Jeir InstUuto di Corrcsp. Arch.. an. 18(17. p- 1O9, art. de A. voM Zahn ; E. MHutz, Les Aris à la Cour des Papes, tii;i}-tSl2, U\, 170. Documents tirés de VArchiv. Seg. Val., I^v. Camer., vol. 36, fol. io3, tXi, i^, Kjo. Ce serait à la suite de ces travaux qu'on aurait inscrit sur le piédestal l'inscription rapportée par Albertini. Cf. arl. <lc A. voN Z.\iis. Bul. delVlnst. jrcheol., iWi p. Tiff).
i486 dans la chapelle de Saint-Thomas-d'Aquin, de l'église de la Minerve, et qui donne une vue du Latran à cette époque *.
Une statue si fameuse et si belle, et dont la destinée était si intimement liée à Thistoire de Rome, devait avoir sa place au Capitole. C'est pourquoi sans doute Michel-Ang:e la choisit comme motif central de la décoration nouvelle qu'il avait conçue, et c'est pourquoi aussi son plan fut en ceci exécuté sans retard.
Toutefois le chapitre du Latran fît de son mieux pour ne pas se laisser dépouiller. Réuni une première fois le 28 novembre 1537, il nomma des délégrués qui devaient aller supplier le pape de ne pas permettre le déplacement de la statue * : ces délégués furent éconduits. Alors, le chapitre s'assembla de nouveau, le 9 janvier i538, d'autant plus alarmé que l'on venait d'amener près du groupe des machines destinées à son transport; il renouvela sa protestation avec plus d'énerg-ie, mais sans plus de succès '. La statue fut enlevée et alla occuper l'emplacement où elle se trouve maintenant.
Le conseil communal supporta, comme il était juste, une part de la dépense (i538) *.
Pour trouver un piédestal à ce groupé colossal, il fallut extraire du forum de Trajan une des plus massives assises de pierre qu'on put y trouver ».
Quelques restaurations ont été faites à la statue en i836, sous la direction de Thorwaldsen et de Valadier, avec l'aide du fondeur Giuseppe Spagna ^.
Le{ cheval de Constantin eut son gardien particulier; Muziano en fait mention au xvi" siècle, dans son Commentaire; en i6i5, les conservateurs nommèrent gardiens à vieAscanio Pirotti et son fils, le précédent gardien ayant renoncé à tous ses droits et émoluments ^
I. Masetti, Notisie délia chiesa Minerva, p. 35. — 2. « Qui exorent suam S, neequus senus viielicet M. Aurelius Antoninus c platea Lateran. amoveatur. » ViNCENZO Tizzoxr, La Statua équestre di Marco Aurelio, p. 34. — 3. Le chapitre avait résisté victorieusement, en 1498, à une première tentative d'enlèvement. Le 28 octobre il avait délégué quatre de ses membres auprès du cardinal de Lisbonne (Giorgio Costa), du cardinal de S. Croce, des conservateurs et des caporioni pour « déplorer la fuite obligée du cheval et de la statue de Constantin »; * ut déplorent fugam coactam Equi et statuant... Cens tan tinianam et supplicare dignentur intercedere ap. S. D. N. uti retineat.n ViNCENZO TizzoNi, La statua équestre di Marco Aurelio, p. 34.-4. Délibération en date du 22 mars i538. « Quod dicta summa (le montant n'en est pas indiqué) erogari debeat in reformatione statue M. Antonii in platea Capitolii secitndum judicium Michaelis Angeli sculptoris. » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, fol. 379. Il s'agit du produit des amendes dont avaient été frappés les habitants de Cori. R. Lanciani, Destruction of Ancien t Rome, p. 23 1. — 5. Vacca, Memorie^ n. 18. Martinelle, Roma ricercata, p. 78, dit que le piédestal vint des Thermes de Trajan. On y grava une inscription. Forcella, I, n. 44. — 6. Diario di Roma, i836, n. 20. — 7. Archiv. Stor. Capit., Cred. XI, vol. 19, fol. C)fl D'une façon
Raphaël et Donatello s'inspirèrent, dit-on, de ce g-roupe dans lequel la belle allure du cavalier masquait à leurs yeux le peu d'ensemble des mouvements de la monture ; l'un y prit le type du palefroi fougueux que monte son Gattamelata'de Padoue ; l'autre, le modèle de la paisible haquenée qui porte le pape saint Léon dans la fresque du Vatican'.
Avant de poursuivre plus avant la réalisation du plan de Michel-Ang-e, on dut s'occuper d'empêcher le palais de crouler. Les salles dans lesquelles se rendait la justice étaient si peu habitables qu'un magistrat, qui avait été appelé de Foligno pour remplir les hautes fonctions de premier collatéral du sénateur, ayant envoyé préalablement son fils pour inspecter les lieux, refusa de siéger. Le conseil fut donc obligé d'entreprendre des travaux de restauration (1542)*. Mais les ressources du trésor communal suffisaient à peine aux travaux d'entretien. En i537, le montant des ventes de charges, qui s'élevait à quinze cents écus, avait dû être consacré exclusivement à cet objet, au détriment des pensionnés de la ville, des porzionariy qui recevaient habituellement une somme de mille écus sur ce fonds ; quelques conseillers protestèrent, mais force fut de passer outre 3.
générale, on peut consulter sur l'historique de cette statue : Vincexzo Tizzoxr, La statua di Marco Aurelio descritta ed illiistrata, avec gravures, anonyme, Rome, i838, qui se trouve à la Bibliothèque Casanatense, Miscell., in-8, vol. 963, 2. — I. Fea, p. i83 et Maurice Paléologue, Rome, Paris, 1908, p. 42. Marc-Aurèle est représenté de même dans les bas-reliefs dont il est fait mention p. 198. — 2. Conseil du 8 juillet 1542. Cred. I, vol. 17, fol. 84. 3. Arch. Stor. Capit., Cred. I, vol. 17, fol. 46, 47. Séance du 23 octobre 1537. Et Archiv. di Stato, Mand. Cam. 1537- 1 541, fol. 34, i5 septembre 1537: « Solvatis Se. V et. Julios 8. a Maestro Denedetto de Pisis fabro lignario pro reparatione palatii Capitolii de commissione Dni Cesaris de NoMlibus, preteriti Senatoris, in cuticulo qiiod habitat. D. Franciscus de Sessa Notarius Maleflciorum.» Suivent d'autres mandats de peu d'importance. M" Jacobo bononien; muratori scut. auri triginta sex et bol. g3 ifz de Jul. X pro quolibet scuto pro residuo siii laborerii et pro tôt operibus factis in reparatione palatii senatus vestri capitolini, 23 février 1537. Mandat adressé au Magnifico domino aime Urbis senatori — Le 20 mars suivant, pajement d'une autre somme de 36 écus, 98 1/2 bol. pour le même objet. (Mand. Camerali, 1534- 1537, cité parMuNTz, Les Antiquités, p. 154.) — Séance du 22 septembre 1537. Il efet décidé que le montant de la vente de toutes les charges serait affecté pendant toute l'année aux travaux du Capitole. — Séance du 23 octobre. Les Magistri Viarum offrent de céder toutes les pierres tiburtines dont ils peuvent disposer. -- Séance du 26 octobre, Marius Macaronius est élu surveillant des travaux à quinze écus par mois. Mutio Muto annonce qu'il a fait payer beaucoup
i38 LE CAPITULE ROMAIN.
En 1541, le conseil autorisa les conservateurs à vendre huit parts sur le Mont-de-Piété de Bolog-ne, moyennant sept cent cinquante écus qui furent employés à des réparations.
Obligé de se limiter par suite de ce manque de fonds, le conseil communal dut se contenter de n'exécuter du plan de Michel- Ang-e que ce qui touchait à l'embellissement de la place. Giacomo délia Porta* fut l'architecte chargé de cette tâche; le conseil le secondait de son mieux et nommait régulièrement des commissaires pour surveiller et hâter la marche des travaux*. Au reste, lorsque les conseillers faisaient quelques difficultés pour donner des fonds, le Saint-Siègre intervenait et leur forçait la main: ainsi en 1543 les conserv^ateurs reçurent l'ordre, sous menace des peines les plus sévères, de remettre aux ma^istri stratanim, chargés du service de la voirie, la somme de six cents écus, prélevés sur la gabelle des vins, en vue de l'établissement de la Via Capitolina qui devait servir de voie d'accès au Capitole'.
Il y avait longtemps d'ailleurs que les expropriations, sinon les travaux proprement dits, étaient commencés; en 1480, il fut payé à (iiovanni Pietro de Spiritibus la somme de cent vingt ducats pour prix de sa maison qu'on avait dû jeter bas*. Sous le pontificat de Paul III, on entreprit de niveler une butte dont la terre fut rejetée sur la pente de la colline vers la place d'Aracœli, en sorte que les maisons qui se trouvaient de ce côté furent presque ensevelies et éprouvèrent un sérieux dommage; en compensation, on dut allouer à chaque propriétaire deux cents écus*^. On démolit d'autre part la façade du palais Muzio de Mettis afin de faire aboutir convenablement la descente sur la Via Torre
d'amendes dans la terre de Cori (dépendante de la commune de Rome); cinquante écus restent à verser ; la somme totale s'élèvera alors à 240 écus qui seront affectés au Capitole. — Mai i538. Plusieurs charges restant à vendre et plusieurs acheteurs se présentant, il est décidé qu'elles seront mises aux enchères et que le produit sera affecté à la poursuite des travaux, avec l'assentiment du peuple. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 36, fol. 360-379, et vol. 17, fol. 5(3.— I. Giacomo délia Porta, né en i53o, mort en 1590, était élève de Vi- Srnole ; vers cette époque, il construisait les églises S. Louis des Français et S. Maria de Monti. Il acheva la coupole de Saint-Pierre avec le concours de Fontana. — 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 17, fol. 76; vol. 36, fol. 409 et 430; pour l'année i555, fol. 802. — 3. « Mandatum Conscrvatoribus qiiod solvi faciant Magistris slratarum Urtis se. 600. » Arch. Seg. Vat., Div. Camer., v. i39,fol. 63. Le pont S. Maria ou Ponte Rotto, avait été fortement endommagé lors de l'inondation du Tibre de i53o (octobre). En i557, il fut de nouveau emporté en partie; seule une arche consolidée en 1575, par Grégoire XIII, demeure actuellement debout. Voir M. Carcaxi, Il Tevere e le sue inondazione, Rome, i«S75. — ,\. ,Arch. Seg. Val., Div. Cam., vol. 47, fol. 117. « Assignamentum pro Johanne Petro de Spiritibus. » — 5. • Supplica di Michèle Marcocco ai Conservatori del 29 fjtre i5&3. » Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 20.
Jet Spccchi'. Plus tard, on abattit la maisim tout entière'.
La uonstruction du grand escalier destiné à donner aocès à U
plate du Capitule ex-
cita dé vives compéti lions ; un prand nombre d'architectes avaient présenté des projets :
deux l'emportèrent, celui de Martino Lunghi et celui de Ciiacomn délia Porta: ce dernier avait l'avantage, dit le rapporteur du concours, de masquer certains lieux peu dignes d'être vus sur le moni Capitolin et d'être si habilement combiné qu'on ne s'apercevait pas de l'obliquité de l'escalier *. On reprit en.suite le nivellement de la place (i577)».
En même temps, on s'occupait d'en compléter la décoration.
Paul m (iS34-i55o) avait fait édifier par \'ignole le portique et
réparer les degrés qui j,esrf. tc;rJ^°â'ï'%iL^.'T^ca.li.
conduisent à l'église d'Aracœli», et Jules III (i,55o-i55ô) fit construire l'autre portique
I. Supplique de Muiio pour obtenir 1c dédommafrcmeut qui [ui avait Été promis- Archiv. Slur, Capit., Cred. VI, vol. Gi, fol. ô, annûe i5ii-. ~ ;. Le crédit fut vuié, le i5 oi:tobrc [SOi, par quatre-vingts vuis tiinlrc treize. Archiv. Slor.Capit., Cred. I, vol. îi.foî. rî.S el i?ti. — 3. lettre sans date adressée aux coniiervatcurs par Paulo del Bufalo délégué à la construction de l'escalier (Archiv. Stor. Capil., Cred. \l.voi.6j, lo\. 14.) • ... cou U loiUe:::t siij leva ^uellt piscUiiori e conigUere che sono di qu2 edtUt dMU friseale scaU, si veje .IjHj pljisa degli AltUri (A présenl dfl Gesâ), el ton I3 /ou.fessj non j/>j>jrlsce elle lu scala non sti in siaadro. et per tBoUt allre rjgioal che empiertttaro U foglio... • La Porte du Peuple est duc également à la collaboration de Michel- Ange et de Giacomo délia Porta. A'oir BurckhardI, II, 14,^.-4. Conseil du 17 novembre 1Î77. < De plslea cafltoUna deprimendj. • Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. Î7, fol. 1(11. Conseil du 20 août iS-B. • Super plJlea l'ifiloUnj deprimenda-. Archiv. Slor. Capil., Cred. I, vol. ::,'ful, a-j. - 5. Mo^T.^il^.^^,-l, Il Mus^o Capi-
4 4o LE CAPITULE ROMAIN.
et des degrés semblables du côté du mont Caprino'. Pie IV poursuivit l'achèvement de la double balustrade qui borde la place du côté où elle domine la ville et placer de part et d'autre de l'entrée du grand escalier les deux lions ou sphinx de basalte trouvés près de l'ég-lise S. Maria sopra Miner\^a2.
Les conseillers durent imposer à la ville de nouveaux sacrifices; en i56i, le pape Pie IV leur prescrivit péremptoirement de prendre douze cents écus sur la g-abelle des vins dont la moitié devait être remise aux maestri di strada, afin qu'ils pussent indemniser les propriétaires des maisons rasées sur la place d'Aracœli, l'autre moitié était destinée à l'achèvement de cette place. Les conseillers se résignèrent, non sans rappeler que la gabelle en question appartenait au peuple et était « sa chose > (i3 octobre i56i)'.
Cette concession leur coûta plus cher encore qu'ils ne pensaient, car le pape étant venu, à peu de temps de là, constater par luimême le progrès des travaux accomplis avec ces ressources, fut amené à remarquer que la toiture du palais sénatorial se trouvait dans un si pitoyable état qu'il pleuvait au travers ; les salles d'audience n'étaient pas tenables, les réparations, décidées en 1642, n'ayant sans doute pas été accomplies. En conséquence, il imposa au trésor communal une nouvelle charge de huit cents à mille écus, selon qu'il en serait besoin, pour faire les travaux nécessaires*. Cette somme devait être prfee, comme d'habitude, sur la gabelle des vins, autrement dit gabella dello studio^.
Les indemnités se multipliaient: Luzio Boccabella obtint deux cents écus pour mettre à l'alignement la maison qu'il possédait sur le Capitole, sans doute le long de la voie d'accès 6. Les expropriations continuèrent d'ailleurs jusqu'à la fin du siècle; en 1595, il fallut payer mille écus à Tommaso Filippucci pour prix de plusieurs maisons abattues en vue d'élargir la Via Capitolina, ou plutôt la Strada di Campidoglio, ainsi qu'on commence à l'appeler à partir de cette époque dans les actes officiels. Le mon-
tolinOy I. 37. Au-dessus des arcades du portique, dans des entre-colonnes, le pape Jules III fit graver ses armes, les trois Monts, de même que Paul III avait fait graver les siennes sur le portique qui lui fait face. — i. Lancianf, article sur le Monte Tarpeio, dans le Bull, délia Com. Archeol. Com., XXIX, an 1901, p. 268. Cf. Cod. Vat. Ottot.,3i52, fol. 220. Ces deux sphinx ont été remplacés par des reproductions et placés à l'intérieur du nouveau palais (cour), n. 2, 3. en i885. Fam. Vacca, n. 27; Fea, p. 180; Montagnani, 11,88. — 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 21, fol. i25. — 3. Arch. Stor., Capit., Cred. I, volume 21, folio i33. — 4. On donnait le nom de gabelle des Études à la gabelle sur les vins étrangers parce qu'une portion de ce qu'elle rapportait était consacrée à appointer les professeurs de l'Université. — 5. Arch. Stor. Capit. , Cred. I, vol. 21, fol. 197. — 6. Les travaux étaient commencés depuis i5i8; on fit alors des expropriations. Archiv. di Stato, Atti. Stef. de Amannis. Prot., (/>, fol. 3ui.
ACHEVEMENT DE LA PLACE- i4<
tant de cette indemnité devait être imputé sur les droits d'entrée payés à la porte Latine'.
Les diverses corporations qui possédaient une salle pour leurs tribunaux consulaires au Capitole contribuaient à la dépense; de fois à autre, l'autorité pontificale intervenait pour les faire exonérer de cette charge; il en fut ainsi, en 1,564, '^^ l'université des peintres, qui arf^ua de sa pauvreté', et de l'université des orfèvres.
Fig. 2i|. — l'ortique de Vignole. — Degrés menant au Monlc Tarpoo.
qui soutenait n'être pas imposable parce qu'elle n'avait pas de tribunal au fapilole'. Dicn t^u'elle n'eût rienà faire avec le ('apitoie, la communauté juive payait aussi sa quote-part, qui devait être assez élevée, car un versement de cent écus fait par elle n'en était qu'une fraction'.
1, Arcli. Jl Slalo. .Manil. Cnmcr,, i5r|.|-i5c)C>, fui. 71. — :■ liihlHllo in •'mia pro Cotisule et Laii-ersiUle plclorum UrNs. liiL Rome in (jni. Af. Dii i; Û^rlij i5ft4. ii.As. (jrJ. Cim. — X lahibtliuln Curii fi^o Coitstditiis jarijlcnm. DjI. Itomc iii C'Jm. Ap- Die i8 AugUSti 1S64. (}. Asc. l'jrj. Cjaierjrius. {Arch. S. Val.. Div. Camcr-, vol- 217, <u\. iS, ig.) — -i- Significaliu. (J, Asc. Cjmerjrliis, lUI. Rome in ('.jni. Af. Oie .XVI. 10 tris iSju. Afc. CjrJ. CJwerariiis. {ItU.. vol. 119. f- 30.)
ih'2 LE CAPITULE ROMAIN.
(Irét^oire XIII fît disposer (i583) sur la balustrade de la place, à droite et à g-auche de l'escalier, les deux groupes des Dioscures. trouvés près du Ghetto, sous le pontificat du pape Pie IV, une ving-taine d'années auparavant, et restaurés par Valsoldo*.
La balustrade qui borde la place du côté opposé au palais sénatorial fut achevée vers 1592*; on y avait apporté en 1,590 les trophées, dits de Marins, qui y figurent encore à droite et à gauche des groupes de Castor et Pollux'. Ils avaient été pris sur le « château de l'Acqua Marcia », ainsi que d'autres ornements, en sorte qu'il ne resta plus que quelques vestiges des soubassements, que le marquis Orazio Savelli, propriétaire d'une villa voisine sur l'Esquilin, appelée Palombara*, demanda la permission d'enlever^; deux commissaires furent désignés selon l'usage pour examiner la requête <^.
A l'extrémité de la balustrade, à droite, fut élevée la colonne militaire qui marquait le premier mille sur la voie Appienne, où elle avait été retrouvée en i5B3; une autre borne militaire trouvée plus loin lui sert de pendant à l'extrémité opposée de la balustrade; une boule de bronze la surmontait; la tradition voulait que ce fût celle que tenait à la main la statue^de l'empereur Trajan placée au sommet de sa colonne ; elle passait pour contenir ses cendres ^ Actuellement, il n'y a de boules ni sur l'une ni"* sur l'autre des colonnes ^
Les deux statues de Constantin et de son fils Constance, qui se voient entre les trophées et les colonnes, ne furent amenées à cette place qu'en i653; elles se trouvaient auparavant sur les degrés qui conduisent de la place du Capitole à l'église de S. Maria Aracœli^. La base de la statue de l'empereur existe encore avec son nom gravé sur une des faces. La troisième statue, représentant le second fils de Constantin, transportée d'abord
I. MoNTAGXANi-MiRABiLi, PiETRO Paolo, // Musco CapitoUtto, Romc 1828. Vacca, n. 52. MicHAELis, p. 33, 44. Ils furent trouvés à l'endroit où l'on construisait la nouvelle synag^o^ue. On plaça des inscriptions sur les piédestaux qui les soutenaient : Forceula. I. n. 78. n. 25i, n. io5. — 2. Cette balustrade avait été commencée sous Grégoire XIII (i572-i5y5). — 3. L'inscription placée sous les trophées se trouve dans Forcella, I. n. 90. — 4. ('ancellieri, // Discotolo, p. 42.
— 5. Séance du 19 septembre 1592. Arch. Stor. Capit., Crcd. I. vol. 3{). fol. 9»^.
— 6. Séance du 22 septembre 1592. ItLi., fol. 52. — 7. Vasi, I, 53. Voir p. ii/S et Mitjn.\ELis, Coll. Capit., note 184. Cf. H. Dessau, Intorno la Colona Milliaria del i^ampidoglio, Rome. iVÀh. — 8. Des inscriptions furent placées sur la base de la première colonne. Forcella, I, n. 81, n. 82. — 9. Séance du Conseil communal du 23 juin i653. Le travail fut payé 28 écus. Archiv. Stor. ('apit.. Cred. VI, vol. I. fol. i3o. Inscriptions placées sur les socles des statues : Forcella, I, n. iu2. n. i5o. Voir plus loin, p. 209.
dans le musée, fut ensuite, comme on le verra, envoyée au Latran ' .
L'obélisque esLSiait encore en i556,mais il avait été rapproché de
la place'; puis il fut renversé. « Super ccemelerio iacet obetiscus œgypiius hiero^lyphis insignilus^ >; ce fut pourquoi sans doute le conseil communal résolut d'en faire l 'abandon àCiriacoMattei, qui le demandait* et qui le transporta dans sa villa, la villa Mat-
I. Voir p. !14. — 3. • Oteliscum tircj Araœll moiusleriiim jj onuRJuiii fhUjni InnsliiUmnl jussii sao ■ (du pape Paul III). Silvaulii. UetHt. Pereg., p. 3ii6.cr. L. MitvRo, p. 8. L'entrée du monastère fut moiJllîiie vers ce temps. CAUII.LO RE.p. 114.— .1. BuiaKiiEiD, I.4b:MicaAELi8,p.3(. Au-dcsiwus de l'égliiic était un petit cimeliire. — 4. E>iance du i[ septembre iM:. Arctiiv. Stcir. (.'apil.. Crcd- 1, vul, ïJ, r.il. iiti; cf. fûl, 13].
tei, située sur le Célius*. Les colonnes de marbre qui se trouvaient également dans les alentours, et qu'on voit dans les représentations de Heemskerck, furent successivement données soit à l'église S. Maria dei Monti, que le pape faisait édifier dans le quartier de xMonti^, soit à l'hôpital de la Consolation'.
En 1092, il fut décidé que la voie nouvelle qui aboutissait à la place, la strada Capitolina^ devait être pavée aux frais des propriétaires riverains et du peuple*.
L'espace triangulaire compris entre les deux escaliers, celui de l'Aracœli et celui du Capitole, resta fort longtemps une sorte de dépôt d'immondices comme au temps de Giacomo délia Porta; il ne fut transformé en jardin qu'en 1818^ et plus tard orné d'une méchante statue de Cola di Rienzo et d'une cage où se trouve une louve.
Actuellement une route carrossable construite sous le pontificat du pape Innocent XII ( 1691-1700), mène par quatre lacets à la place du Capitole ; elle porte le nom de Via délie Tre Pile, à cause des trois « Pignates® » qui figuraient dans les armes de ce pape 7 et que l'on voit représentés sur une borne au deuxième tournant de la route.
Vers i56o, et grâce aux efforts et à l'énergie d'un des membres du conseil, Boccapaduli®, on commença à mettre en exécution le plan de xMichel-Ange en ce qui concernait le palais sénatorial et
I. Cancellieri, Il Mercato, p. 164; C. Maes, Curiosità romane, i885, I, 89. — 2. Séance du conseil communal du i" mars i582. . De columnis marmoreis in flatea Capitolina existentittis Ecclesiae D. Mari je in Regione Montiiim gratis concessis pro ornamento porte ipsitis Ecclesie. » Archiv. Stor. Capit., Cred. I, V. 28, f. iu3. La première pierre de cette église fut posée le 23 juin i58o parle cardinal Sirleto. Armellini, Le Chiese di Roma, p. 2o5. — 3. Séance du 27 août 15Ô4. INd., fol. 241. — 4. Séance du i5 octobre 1592. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 2(), fol. 55. En iSqS, le conseil se fit avancer, en donnant comme gage les droits perçus aux portes Latina et S. Sebastiano, la somme de mille ducats dont il avait besoin pour exproprier Tommaso Filipucci, propriétaire de quelques maisons dont la démolition avait été reconnue nécessaire pour élargir la voie. Aî'chiv. di Stato, Mand. Camer., 1594-1596, fol. 71. — 5. Xotizie del Giorno, 8 avril 1818.— 6. Le Pot ou Pignate est une figure héraldique représentant une aiguière de petite dimension ayant une anse sur le côté. — 7. Il était de la famille Pignatelli. — 8. Biccr, Notizie particolari délia Famiglia Boccapaduli, Rome, 1762. Prospero Boccapaduli s'occupait des travaux du Capitole depuis i555, mais ce fut en 1504 seulement qu'il en devint le surintendant officiel : l'année suivante, le pape le nomma gouverneur de Ravcnne, il occupa peu de temps cette fonction, et revint à Rome reprendre vson œuvre (Brccr, p. 114, 129). Aussi plaça-t-on plus
ACHÈVEMENT DES DEUX PALAIS. i45
le palais des conservateurs*. Dès l'année i563, les payements faits par le trésor communal étaient déjà si considérables, que le pape Pie IV dut permettre au conseil communal de prendre sur la gabelle des vins trois mille écus pour la construction du palais des conservateurs et huit cents pour la construction du palais sénatorial*. Afin qu'on pût suivre les indications de Michel-Ang-e en ce qui concernait les statues qui devaient orner le toit des palais, et pour d'autres raisons, comme on verra, le pape Pie V fit présent au conseil de plus de trente statues, choisies parmi celles que son prédécesseur Pie IV avait réunies au Vatican'. Grégoire XJII, qui avait exercé au Capitole les fonctions de premier collatéral, donna beaucoup d'activité aux travaux. En 1073, on orna la loggia du palais des conservateurs d'une table de marbre couverte de bas-reliefs ; elle venait du palais Sciarra, et on avait dû payer cent écus pour acquérir le droit de l'arracher du mur dans lequel elle se trouvait encastrée*.
L'activité qui fut alors donnée aux travaux des palais capitolins s'explique, comme on a dit, par une raison politique. Le conseil communal prenait une importance de plus en plus grande dans l'organisation municipale de la ville ; il siégeait régulièrement, s'occupait de toutes les affaires municipales; précisément alors il avait engagé la lutte avec le Saint-Siège touchant l'autonomie de la ville. Il avait donc grand intérêt à prouver son autorité et à bien marquer son importance en se faisant édifier une demeure imposante.
Les travaux accomplis de septembre 1675 à janvier 1576, soit en cinq mois, s'élevèrent à 1768 écus; on mit une architrave de travertin autour de la porte qui conduisait aux prisons, un mascaron sur une porte, un plancher dans la salle neuve du premier collatéral ; il y eut des ouvrages de charpente et de maçonnerie ; on travaillait donc tant à l'extérieur qu'à l'intérieur et fort activement*. Cependant en 1.577 le pape Grégoire XIII exempta le sé-
tard l'inscription suivante sur le palais : s. p. q. r. maiorvm svorvm praestan-
TIAE VT ANIMO SIC RE QVANTVM LICVIT IMITATVS DEFORMATVM TNIVRIA TEMPORVM CAPITOLIVM RESTITVIT, PROSPERO BVCCAPADVLIO, THOMA CAVALERIO CVRATORIBVS,
ANNO posT VRBEM coNDiTAM. CXO CXO CGC XX. » FoRCELLA donnc Ic même texte, I, n. 64. Cette inscription se trouve à l'entrée du palais des conservateurs; tout à côté on en plaça une autre qui en est comme la contre-partie : Forcef.i-a, 1, n. 65. Cf. Bicc[, p. i32, et Voyage d'un Français en Italie, l\\ 248. — i. La transformation fut surtout extérieure; la disposition des salles demeura à peu près la même puisque les fresques peintes au commencement du siècle par Rimpata subsistent encore. Voir p. i5i. — 2. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 21, fol. 227, 26 février i563. — 3. Elles furent toutefois en partie placées à l'intérieur, dans les musée en formation. Voir le chapitre relatif aux musées. — 4. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 38, fol. 456. — 5. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 26 sqq.
l46 LE HAPITOLE ROMAIN.
nateur en fonctions, Galeazzo Pog-gio, de la retenue qui était faite sur son salaire conformément aux statuts, pour subvenir à l'entretien du palais*. Les conseillers durent s'imposer des sacrifices ; ceux qui arrivaient en retard aux séances subissaient une amende dont le montant était consacré aux travaux du Capitole ; de même le produit des amendes infligées par les juges capitolins ainsi que de celles dont étaient frappés les magistrats qui négligeaient d'assister aux cérémonies religieuses devait être appliqué en partie aux dépenses faites dans le palais et en partie à des œuvres de bienfaisance*.
Chaque semaine les commissaires venaient rendre compte au conseil de l'avancement des travaux, qui étaient fort actifs'; en i577, il y eut plus de sept mille écus dépensés. Le conseil s'alarma, il crut qu'on le trompait. Aux deux* architectes à qui était confiée la conduite des nouvelles constructions, Giacomo délia Porta et Martino Lunghi, un troisième fut adjoint, Annibale Lippi, avec mission d'examiner, de concert avec les deux premiers, les comptes de l'entrepreneur, lequel fit appel, de son côté, à l'intervention des consuls de son art, l'art des tailleurs de pierre*.
Durant les années suivantes, le principal objet que se proposa le conseil fut la transformation du campanile : i\lichel-Ange l'avait conçu peu élevé; on lui donna trois étages*. Le 23 juillet 1.578, le scribe du sénat informait par un placard les entrepreneurs de la ville qu'il avait entre les mains les plans de l'architecte Martino Lunghi, dont le projetavait paru préférable à ceux des autres concurrents, et il les invitait à venir les consulter afin de faire des soumissions^. Le travail, commencé aussitôt, se poursuivit jusqu'en i58o : mais alors le conseil se trouva fort en peine pour se procurer la somme nécessaire à son achèvement ; il chargea, suivant la coutume, deux commissaires de le tirer de ce mauvais
I. Bref en date du 23 février 1577. Arch. Seg. Vat., Arm. xlii, vol. 29, n. 46. Il abrogeait l'article 5 du livre premier des statuts de i523 lequel renouvelait une prescription ancienne.— 2. Décision du conseil communal en date du 24 mai| 1570, confirmée par les statuts de i58o, article 4 du livre III. En général, on appliquait le produit des amendes à des travaux intéressant les juges qui avaient à juger l'infraction. Voici un exemple : « Rev. D. Ascanio Parisano Epo Ariminensi D. N. Thesatirario... Mandamus quatenus per manus Dni AnsaUi de GrimaUis,.. de pecttniis penartim maleficiorum curie Capitolii numeres magistro Benedicto de Pisis fabro lignario scutos quinque et julios octo ei detitos pro opère per eum impenso in reparatione Palatii Capitolii de commissione Caesaris de Nobilibits praeteriti Urbis Senatoris in cubiculo quod habitat Franciscus de Sessa Notarius Maleficiorum. Die XV g bris iSSy. » Archiv. di Stato, Mand. Camer., 1537-1541, fol. 34. — 3. Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 35. — 4. Ibid., fol. 46, 52, 104. Les registres n'indiquent pas quelle suite eut l'aflairc. — 5. Résolution du conseil tendant à la reconstruction de la tour. Arch. Stor. Capit., Cred. I, vol. 27, fol. 181. —6. Arch. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 61, fol. 144. Affiche de o",3o sur o",2o. Voir Canxellieri, Le Due Campane, p. 45.
ACHÈVEMENT DES DEUX l'AI.AlS. H7
pas*. Le nom du pape Grégoire XIII fut gravé en haut du campanile sur les quatre faces: on l'y voit encore.
A l'occasion de la construction de ce campanile, on frappa, par ordredupeuple romain, trois types de médailles destinées au pape régnant, Grégoire XIII ; sur la première, qui montre aussi la façade, le campanile n'a que deux étages, on n'y voit pas de cloche, une seule statue est placée au sommet; la deuxième et la troisième ne diffèrent que par la légende, celle que l'on a reproduite porte en exergue : t s. p. q.
R. oPTi-Mo. PRiN'cipi * et, en travers c axn. dm. mdl- XXIX .. Ces derniers mots manquent sur l'autre type.
Tous deux présentent d'ailleurs un campanile de fantaisie haut de quatre étages dont deux sont peut-être la façade au droit du campanile dans la baie des deux derniers étages se voientdes Joches en haut sont quatre btatues' Le revers des trois médailles est le même : Gré- ^ire \III bénissant'.
On poursuivait en même temps la construction de l'escalier double qui devait e;„ ■> «j.. ■„ , donner accpsaiiï -all^sH-V^, F'g- ^i. -Médaille frappée à l'occasion uonneraccesauxaailesdau- de rérection du Campanile
diénce. Il était terminé en
i582. Les conservateurs alors e
exercice firent placer, dans la
1. Archiv, Stor.Capit, Cred. I, vol. 28, fol. 17. — 2 Pa Bus.n-asi A-niBi™!/ Ponliflcum. Rome. 16B9, I, 356. parle de ces médailles qu'il" a flairées d 3iî .sur le haut de la tour, bien qu'on lise dansleCoJ. Val. tW. i„53 à la date du 24août .585, que le papç Si^te-Quicl fit enlever . les statues qiior„afe^t le ,^«nl M îrP''""^ '*" " "* '" P^™*"'''' P^ «nvenable ^ue ces représenialions idoiaircs 50 trouvassent placées au-dessus des cloches?.
i48 LE CAPITULE ROMAIN.
niche qui avait été ménagée au-dessous, une statue de Minerve prise dans la cour de leur palais. Une inscription rappela cet événement. Elle portait :
SIGNVM MINERVE DE PARIETIMIS VRBIS ERVTVM ET IN
CAPITOLIVM PAVLO III P. M. TRANSLATVM IN ILLVSTRIORE
AREAE LOCO GREGORIO (sic) XIII P. M. POSVIT ET RESTITVIT. CVRANTIBVS
OCT. GVIDOCTO, JO. BAPTA. ALTOVITO, OCT. PARTICAPPA, CONSS.