‹ Le Capitole romain antique et moderne: La Citadelle, les temples, le Palais sénatorial, leChapitre 67 sur 88 · ORIGINE · texte numérisé non relu

ORIGINE

L'établissement définitif des musées capitolins eut lieu au XVII* siède, mais l'orig-ine en remonte beaucoup plus loin-''.

I. Il s'agit du connétable de Naples, le mari de Marie Mancini. Archiv. Stor. Capit,, Cred XI, vol. 22, fol. 71. Le conseil communal avait refusé des carosses aux conservateurs, mais leur avait accordé des chevaux, dans sa séance du 7 mai i58.^. Itid., Cred. I, vol. 28, fol. i63. Même cérémonial en 1671 et en 1695. Itid., Crcd.Yl, vol. 9, fol. 129.- Ce ne fut qu'en 1749 que les conservateurs purent se procurer des carrosses, encore leur fallut-il retrancher sur les dépenses des fêtes les sommes nécessaires pour en amortir le coût qui s'éleva à six mille écus; le pape ordonna que durant 16 ans les banquets qui étaient donnés chaque fois qu'une nouvelle série de magistrats entraient en fonction, seraient supprimés ; ces banquets coûtaient 38o écus (Archivio Stor. Capit., Cred. VII, vol. 40, fol. 400). Le carrosse acheté était doré et recouvert de velours bleu turquin, mais comme la municipalité ne disposait pas de remises, on dut le loger au palais Farnèse avec quatre autres qui furent achetés plus tard à l'ambassadeur de Venise. {Ibid., fol. 404, 407.) Clément XIII (1758) rétablit l'allocation relative aux banquets, mais partiellement, et les conservateurs durent attendre le pontificat de Pie VII, en 1804, pour faire aussi bonne chère que jadis. Ibid., Cred. XVIII, vol. 32, fol. 2o5.) — 2. Note de la dépense. Archiv. Stor. Capit., Cred. VI, vol. 6, fol. 232. Suit le détail de la dépense faite à l'occasion de la paix de Bude. — Une inscription avait été placée sur la façade du palais sénatorial lors de l'abjuration de Henri IV. Forcella, I, n. 104. Une autre inscription rappela la part qu'avait prise par ses conseils et ses subsides le pape Innocent V à la défaite des Turcs devant Vienne. Forcella, I, n. lîb. — 3. A. MiCHAELis a consacré une étuda des plus approfondies à la formation des

Au moyen â^e, le Capitole ne possédait d'autre monument de l'antiquité que le lion de marbre qui servait aux exécutions et deux urnes funéraires*; elles avaient contenu jadis les cendres de la première Agrippine, femme de Germanicus, et de son fils aîné, Néron César, tous deux morts en exil, et avaient été ramenées à Rome et placées par ordre de Caligula dans le mausolée de la famille d'Aug-uste. Par suite d'un bizarre concours de circonstances, ces urnes furent apportées ensemble au Capitole à une époque que l'on ignore, mais antérieure au xiv-* siècle, pour y servir de mesure de capacité*; ce fut peut-être vers le temps où l'on installa un marché sur la place. Le caractère archaïque de l'inscription g-ravée sur la base : RVGITELLA DE GR/VNO

musées capitolins. Slorij délia collezione capilolina di anlichilà fino alVinaugurazione del mtiseo (1734) dans Mitlheilitngen des K. DeiUschen archeol. Instituts, Roemische Abteilung, B. VI, Rom, 1891. Voir aussi : Ulisse Aldroandi ou \\.DKOWMiiii, Délie Statue antiche,\i. 168; Boissard, Romanae Urtis Topog. et Antiqiiitales, Francfort, 1597- 1602 ; Museo Capitolino, per cura di Giovanni (iAETANO BoTTARi ct NicoLA FoGGiNi, Romc, 1741-1782, 34Bgravures ; Campiglia, Muséum Capitolinum, Rome, 1750-1755, 3 vol. in-fol.; le comte de Clarac, Musée de sculpture, Paris, 184 1 ; Gaddi, Museo Capitolino, 1760, 4% 1775, 8*; B. Gamucci, Le Antichità délia Città di Roma, i5ib, fol. 20 v; FranceSco Eugenio Gi'ASCO, Musei capitolini Antiquae Inscriptiones, Rome, 1775 ; Helbig, Fiihrer durch die Sammlungen Klas. Altertùtner in Rom, Leipzig, i" édit., 1891, traduit en français par J. Toutain, Leipzig, 1893; 2' édit., 1899; Lanciani, Scavi, II, 77 et suiv.; (i. Locatelli, Museo capitolino sia Descrizione délie statue... Rome, 1771 ; Lrcio Mauro, Le Antichità de la Città di Roma, i556, p. n ; Montagnani- Mir<ABiLi, P1ETR0 Paolo, // Museo Capitolino, Rome i82ï>; Mosf, ^culture del Museo Capitolino, libô; Muntz, Le Musée du Capitole et les autres collections romaimes, Paris, ilHi; Righetti, Descrizione d^l Campidoglio, Rome, i833; Agostino Tofanelli, Indicazione délie sculture e pitture di Campidoglio, Rome, 1825, éd. française, publié par son fils en 1821 et i835 ;Flaminio Vacca, Memorie di varie Antichità... neW anno i5g4, Rome 1704, faisant suite à la Roma Antica de Nardini, Rome, 1704 ; Andréa di Vaccaria, Ornamenti di Fabriche, iCxxj; S. Woon, The capitoline Muséum of sculpture, Londres, 1872; Descrizione délie statue, bassirilievi... che si custodiscono ne' Pallazzi di Campidoglio, Rome, 1775, Brilish Muséum sous la cote 7807, a, 8 avec des notes ms; Niiova Descriz. del Museo Capitolino compilata per cura delta Com. Arch., 1882. Le dernier catalogue du Musée de Capitole date de i8i)8. Il n'en existe pas pour le Musée des conservateurs. Actuellement d'ailleurs ces deu.\ musées sont en remaniement; celui des conservateurs a été bouleversé de fond en comble. Voir R. Lanciaxi, // Nuovo Ordinamento del Museo nel Palazzo dei Conservatori, Rome, i'/j4. — I. Le Pogge disait que, de son temps, il n'existait plus que six statues antiques à Rome; tout au contraire, Pétrarque en avait vu « dinnombrables». M. de Clarac, t. III, s'elTorce d'éclaircir cette antinomie qui tient plus, ce semble, à la tournure d'esprit des deux écrivains qu'à la réalité des choses. — 2. Dans une description de Rome, Descriptio urbis Romae ejusque excellentia, rédigée entre i.'544 et 1347, et attribuée faussement à Cola di Rienzo (Cod. Chig. I, VI, 204.) on lit : Alio lapide marmoreo silo in pede Capitolii, portait de sepulcro Augustorum... et ordinato pro mensuris. Voir Histoire de ce ms. dans le Bull.delV Istiluto di Corrispondenza archeologica ; an. 1871, p. 14 et suiv.

confirme cette hypothèse*; sur une face de l'une des urnes fut sculptée, vers le xiv° siècle, Teffig-ie d'un soldat de la milice romaine, le pavesatore. C'est la seule représentation qu'on possède de leur armement. D'autres étalons se trouvaient d'ailleurs au Capitole; ceux des mesures d'huile et de vin, entre autres*; il y avait aussi une mesure sur laquelle on plaçait les poissons qui arrivaient au marché ; ceux qui la dépassaient avaient la tête coupée, et cette tête revenait de droit aux conservateurs'.

Au xvir siècle, une long-ue inscription entourée des armes des magistrats en exercice fut gravée sur le piédestal sur lequel les urnes étaient alors posées*.

Le peuple, par suite d'une confusion qui ne pouvait manquer de se produire, pensait que l'une de ces urnes avait contenu les restes de l'empereur Néron au lieu de ceux de Néron César. Plus tard, quand elles eurent cessé de servir de mesure, ces deux urnes furent placées, comme des curiosités, dans la cour intérieure du palais des conservateurs: elles s'y trouvaient encore l'une et l'autre au milieu du xvr siècle. Actuellement celle d'Agrippine se voit seule, à l'entrée de l'escalier des archives; l'autre a disparu*. Les mesures à vin et à huile sont sur le palier du premier étage de l'escalier du palais des conservateurs; les mesures linéaires, dans l'escalier du campanile.

Le Capitole était, on le voit, fort dépourvu d'antiquités quand le pape Sixte IV fit don au palais des conservateurs d'une série de statues d'origines diverses qui devint le noyau et l'ornement de la collection capitoline, et c'est pourquoi on peut l'en consi-

I. MiCHAELis, La Collesione CapUolina, p. 10. Pour ce qui est de l'évaluation de cette mesure de capacité, on lit dans la Summa de Arithmetica de Luca Pacioli, citée par Muntz dans Les Arts à la Cour des papes; Innocent MIL., p. 2O9 : « Grano vi si vende a rugghio chc fa in Genoa mine una e sette ottavi e in Fiorenza staia ottoe tre qiiarti. » — 2. Forgella, I, n. 7, 8, 10; inscriptions en caractères archaïques: COG. VINI, COG. OLEI. — 3. Statuts de iSiç, liv. I, art. 33, rappelant une disposition analogue contenue dans les précédents statuts. Liv. III, art. 146 dans les statuts de i.'*63 ; Liv. III, art. 166 dans ceux de 146c, Liv. III, art. 67 dans ceux de i58o. Au-dessus de l'étalon placé dans la première salle du palais des conservateurs se lisait l'inscription citée par Forcella, I, n. 75. Plus tard, le bénéfice de cette coutume fut transféré par le pape Urbain VIII des conservateurs à son neveu, Taddeo Barberini. Gigli, Cod. Vat. 8717, p. 21Ï. Cf. Arch. Stor. Capit., Cred. I, v. 29, f. 70. La République de 1798 supprima ce singulier impôt qui fut rétabli en 1817. Moroni, Diz. di Erudiz., LXIV, 57 et LXXXIV, 2œ. Fea, p. 227. — 4. Forcella, I, n. i3o. AldrovANDi, p. 270, 271, a transcrit les deux inscriptions que portaient ces urnes. — 5. Aldrovx\ndi, qui écrivait vers i55o, et Boissard, qui séjourna à Rome un peu plus tard (J.-J. Boiï^kard, Romanœ Urtis Topng. et Antiq., 1597-1602), les virent. Cf. Lanoiani, Ancicnt Rome, p. 2:.

i^'A LE CAFITOLE ROMAIN.

dérer comma le fondateur». C'étaient, entre autres : La Louve de bronze que le conseil communal lit placer, comme on a dit, au-dessus de la porte d'entrée du palais. La statue fameuse du Tireur d'épine*. La tête colossale de Néron'. Une main tenant un ^lobe que l'on supposait être un fragment d'une statue de Samson*. Une statue que l'on supposait représenter une zingara et qui est peut-être un camillus. Une statue en bronze doré représentant Hercule, qui venait d'être découverte dans la démolition de l'Ara Massima, près du cirque Maxime s. Cette statue fut placée dans la cour du palais, à droite^. Elle se trouvait alors sur un socle carré fort élevé et était entourée de fragments de statues colossales. La donation comprenait aussi une statue de Charles d'Anjou laquelle, reléguée un temps dans un coin sombre, fut

I. Ce fut un don et non une restitution, comme l'a écrit Gregoroviis, IV, 196; Platixa, qui n'est pas suspect de louer avec cxa^rêration les papes, dit dans la vie de Paul II (Bibl. Casanatense, Inc. OOi, c. 235) : • Qnipfe qui statuas veterum undiqueex tota urle conquisitas in suas illas ae.les quas sut" Capitolio construeiaty comrer.eret. » Cf. Canesio, Vita di Paolo II,et Pauli II veneti Pont. Max. (iesta vindiata et illustrata a Card. Aug. Mar. Qlirini, Rome 1740. Il ne faut pas tirer du mot restituendas contenu dans l'inscription mentionnée plus bas un sens trop précis; le peuple y est considéré comme ayant été dans l'antiquité possesseur de toutes les richesses qui existaient à Rome ; ces statues lui appartenaient donc de droit comme toutes celles qu'on pouvait trouver sur le sol romain. Cf. Pastor, Histoire des Papes, Paris, nigi, IV, 427. Il y avait encore au Capitole à cette époque, dans une sorte de crypte, le bas-relief mithriaque qui est actuellement au Louvre ; Fi-amimo >'acca le vit vers 1594 : « Mi ricordo aver vista una buca, corne una vo7-agine...->y Smetus dit (i545): « Romse, sut Ara Cœli, templum sulHerraneum est uti Mithrœ simtilacrum est... » Au dire de Pignoria (laXj), le bas-relief figura un temps sur la place ; mais ceci est douteux ; il passa ensuite à la villa Borghèse. — 2. La découverte de cette statue remontait apparemment à un {^rrand nombre d'années, car lors du concours pour les portes du baptistère de Florence, 1402-1403, Brunellescho s'en inspira pour la fiffure de l'un des serviteurs d'Abraham, ainsi que l'a fait remarquer Cicoprnara (.Michae- Lis, p. i5.) On la prit un temps pour une représentation de Mars. Voir ProsPETTivo, p. K/6, note 3, et Forcella, I, n. m (1611); IIelbig, I, 617. — 3. Une inscription fut placée, d'après Valesio, sur la base qui supporta cette tête quand on la plaça à l'intérieur du palais à côté de l'autre tête colosvsale de marbre supposée être celle d'Aupruste. Voir Forcella, I, n. 106 et 110.

— 4. Stevenson, p. 38i. Elle venait, comme la Louve, du Latran. D'après Vacca, cette tête et cette main colossales venaient du Colisée qui en avait tiré son nom. Vacca, Memorie di varie Antichità, Rome, 1594, n. 71. — 5. Au sujet des déplacements de cette statue, voir plus loin, p. 19:^, 199. En 1816 elle figurait dans le salon. Tofanelli, p. 86. Voir p. 210. De Ro^si, Mon. Ann. et Pull, de Inst. 1854, p. 28. Michaelis, p. 16, donne et commente l'inscription qui rappelait le don fait par le pape et dont une copie dénaturée existe seule. Cf. Muntz, Les Arts à la Cour des Papes, III, 170. IIelbig, I, (^2, 614. Sur le Camillus, voir Helbig, I, 607; Tofanelli, p. 73. Inscription de 1641. Forcella, I, 140.

— 6. « Limina prima patent custode sut Hercule tula, Aenus ad dextram qui marmore prominct alto. » Fulvio, cité par Michaelis, p. 16. P\'lvio, éd. 1543, fol. 5i v.

FORMATION DES .MrSIvIiS. i!tf>

remise plus tard en évidence'. L'inauguration de cette collection, ijui comprenait épralement d'autres objets de moindre importance et quantité de fragments', se lit avec quelque solennité le 14 décembre 1471. Une inscription rappela la ffénérosilé du pape*. D'autres monuments antiques prirent place bientôt à côté de

CCS premières statues: un autel votif dédié à Hercule, trouvé comme la statue dans l'Ara Massima et que l'on plaça à côté des urnes de Néron et d'Agrippine, les bases des vicomagisin qui furent disposées près de la tfite colossale de Domitien (14 dé-

1. Mi-Niz, Les Arts à U C'mr dts Papes, III. [71. Elle portait une inscri. ption : cf. Fohoella, I, ia, ijui constate sa disparition. CcpendanI die se ttciuvc actuellement dans la cour du palais des conservateurs et. au temps de Nibdv (/ïonu moiermt, p. II, 6i5), elle Otail dans la grande salle. — î. Entre autres un tiuste supposa être de .M. Junius Brutus. Peut.ftrc IIulbcc, I, 522. CT-Tupa- NELLi, p. 5] ; PoRCELLA, I, n. 54. Cl LuicuM. ficari, I, 76, — 3. Dans le palais

sUluac osservanlur. FoF«:ti',i,A, I, n. [6. Sur l'Anonyme, voir Fi.ruti.i.». 1, n. ii.

iy6 LE CAFITOLE ROMAIN.

cembre 147 1)*. Sous le pontificat d'Innocent VIII (1484-1492) on porta au Capitole une tête colossale et le pied et la main d'une statue de marbre de grandes dimensions, supposée d'Apollon, découverte près du prétendu temple de la Paix*.

Le peintre milanais Prospettivo, auteur d'une relation en vers d'un voyag-e qu'il fit à Rome vers i5(X), énumère les statues qui composaient à cette époque le musée capitolin ; il cite la statue d'Hercule, les frag-ments du colosse, le Camillus, le Tireur d'épine =5....

Bembo, qui fut à Rome vers la même époque, ne remarqua guère que le Tireur d'épine qu'il vit à côté d'une autre statue d'airain. « ... In cuius qiiasdam conclave spectantur geminœ statuœ œneœ atitiquissimœ columnulis insidentes, Sed una nobilior et absolutior puer scilicet nudatus sedens dextra manu sinistrae plantse spinam extrahens...*.

L'Albertini», qui écrivait en 1609, ajoute dans son énumération des richesses artistiques que renfermait de son temps le Capitole, à la tête et à la main colossales, un pied de bronze «.

Il mentionne aussi : « alia qiiamplura Ro. monimenta cum duabus pulcherrimis tabulis lucentibus mirœ pulchritudinis et artificW. » Ces tables sont des frag^ments de deux sarcophages dont l'un représente les fig-ures symboliques des quatre saisons avec la porte du temple de Janus au milieu, l'autre le combat d'Achille et de Penthésilée^ Le premier de ces deux sarcophagres existe encore au Capitole dans la salle de la Louve, l'autre a

I. Lanciani, Htoria dei Scavi di Roma, p. 76. Ces bases portaient une dédicace à Hadrien (C. /. L., VI, 975) ; salle du Canope, n. 42. Cf. Tofaxelli, p. i38, et Fea, p. 225. Cf. autre base, portique, n. 3o. EHes étaient connues depuis le temps de Ciriaco d'Ancona qui mourut en 1459. L'autel à Hercule, sur lequel est gravée une mscription (Forcella, I, n. 91), se trouve dans le portique du nouveau musée, n. 6. Avec ces objets furent apportées des pierres votives à Hercule (C. /. L., VI, 3i2-3i8), qui subirent bien des vicissitudes. Les numéros 314, 317, 3iy, sont perdus. xMichaelis, note 47; Lanciani, Scavi, 1,76. — 2. Michaelis, loc. cit., p. 17, 18; Forcella, I, n. 127, i33; Tofanelli, p. i36. Au vrai la statue d'Apollon dressée par LucuUus était de bronze. Moxtagnani, p. 129, reproduit la tête. Tofanelli, p. i38, l'attribue à une statue de Domitien ; Helbig, I, 530, à une statue d'Auguste. D'autres fragments, un genou, un talon, un bras, un pied furent adjoints plus tard à ceux-ci et se trouvent dans le même lieu. — 3. Bibliolhèque Casanatense, Incunable uég, réimprimé par Govi dans les AUi deir Accademia dei Lincei, Ser. II, vol. III (1875-187O), Parte m, p. 39, et publié à part sous le titre : Intorno a un opuscolo... Rome, 1876, p. 5i. — 4. Cité par MiJNTZ, Les Antiquités de la ville de Rome. — 5. Opusculum de Mirabilibtis novae et veteris Urbis Romae, Rome, i5io. — 6. Fulvio, Antiquit., et Aldro- VANDi en font également mention. — 7. Fol. 61 ; cité par Michaelis, p. 20. - • 8. Aldrovandi, p. 271, les décrit de façon à ne laisser aucun doute sur leur identification : « Entrando nella casa de' Conservatori si truova sotte al portico che è da mandritta una tavola di marmo, attacata al inuro con bellissime figure iscolpite nel cui meso e coma una porta, dure di morius che para, che s'apra. Vi

FORMATION DES Mt'SÉES. m

passé dans la villa l'amtili. \'ers le même temps, entrèrent au Capitule trois fragments d'un bas-relief représentant un Sacrifice accompli à l'entrée du temple de Jupiter Capitolin, Les person-

nages semblent de l'époque de Trajan'. Quant auxquampiuriina

è anco un allrj lavoli mirmorej chehj in se scolpitc genli e cavMi, cHe (•■^r clie nim/'jHoiin, «ToFANELLi, p, 14s : Fïa. p. i3L i:e fut «cru la fin du xvi* siècle 4u'on IclransportadatisiasalledcInl.oUïc.MicrcAKMS.p .i7;T'"'A''t'-".p.M^— '-''f' AiDOLLENT, MéUnga SArchMl. el J-nisl., illHj.p.i>.; Milhaelis.P- :u, j?; Ilisr.- SES, Topog. der SUJl Rom. dans MUlheUitugeN Arcli. Inst., Rome, iWUj), p. 2A'}- Ucuidc CCS fragments passèrent plus lard dans la collection HoiGli^^cct

i()^ LE CAPITOLE ROMAIN.

monimenta, il faut y voir les bas-reliefs et les inscriptions, que possédait en effet dès cette époque, en très grand nombre, le Capitole'. Cette abondance frappa les ambassadeurs vénitiens qui vinrent à Rome en iSiS: relatant brièvement leur visite au Capitole dans un rapport au sénat, ils écrivent qu'ils y virent : « Cn infinita quantità di figure marmoree e di bronza le più belle et famose del monda*. » Le conseil communal augmentait ses collections par tous les moyens, au besoin par la force ; c'est ainsi qu'en i525 il enleva à l'ée^lise S. Martina les trois bas-reliefs représentant la vie de Marc-Aurèle qu'elle possédait et qui venaient de l'arc de Marc-Aurèle, sans vouloir rien donner en compensation à la fabrique de cette église'.

Le Capitole devenait de plus en plus un musée d'inscriptions, d'antiquités, de curiosités*, tandis que le Belvédère, au Vatican, était réservé aux chefs-d'œuvre, aux belles statues de marbre, à tout ce qui charmait la vue par la perfection de l'art. Les papes envoyaient au Capitole les objets qui ne leur semblaient pas de nature à embellir leur séjour. C'est ainsi que Léon X abandonna au musée capitolin les deux figures de fleuve que l'on plaça de part et d'autre de l'entrée du palais des conservateurs s.

A côté de ces deux statues se trouvaient, au milieu du siècle, les fragments du colosse, du moins la main tenant un globe **; on l'avait mise là sans doute pour témoigner que les conserv^ateurs, qui s'efforçaient de se faire assimiler aux consuls, détenaient le pouvoir souverain. A ces exceptions près, on faisait peu à peu rentrer dans le palais tous les morceaux de sculpture antique qui en ornaient auparavant les abords. La Louve fut placée dans une salle qui donnait sur la ville et qui devint la pièce principale, le salon d'honneur du palais'; on en décorait les parois de brocart dans les occasions solennelles. L'Hercule doré fut

appartiennent actuellement au Louvre, où on les a réunis; quant au troisième, qui représentait le frontispice du temple, il a disparu.— i. Ficuard, Franckfurtische Archiv., i5.%, cité par Miciiaelis, p. 20, note 57, parle de « Alia pliira marmorea sii^na circumquaqiie in infcriori parle palatii huiiis posita seJ quac in tanta copia non curanttir.» Marliaxi précise ce qu'étaient ces siirna en disant : « parietitus inclusa ». (F'ol. 21 v., éd. i5î>i). — 2. Alberi, Relazioni degli Amt. Veneti al Senalo, Ser. II, t. III, ui). — 3. Arch. Stor. Capit., Cred. I, vol. i5, fol. 189. Séance du 29 mars 1524. Cf. Mabillon, Mus. Ital., II, 148, et Corpus Insc. Lai., VI, 1014. Laxciaxi, Deslruclion of Roma, p. 23r. HELBiri, I, 544-546. Aldrovandi les décrit p. 271 ; ainsi que Fui.vio,^w/i.7. i'rtis Romae, écrit en i5i.l, pub. en 1627. RuiiETTi les reproduit, p. 164a lôîî. Ils sont actuellement dans l'escalier du palais des conservateurs. — 4. Andréa Filviis, Anliquilalcs l'rtis, fol. 20 v. Cf. le pt)ème cité par E. Muxtz, Le Musée du Capitole, p. 7. — 5. Voir ce qui est dit de ces deux groupes, p. 121. — 6. Le globe a disparu ; il se pourrait que ce fût celui qui fut placé au haut de la colonne milliairc. .Miciiaelis, n. 184., — 7. « In porlicu interiori prope aulam. » Aldro-

enlevé de son piédestal de la cour et transporté sur Tautel votif dédié à Hercule vainqueur*. A côté était une statue du dieu Pan, fort mutilée *. Le g^roupe du Cheval et du Lion passait à cette époque pour avoir été apporté au Capitole sous le pontificat de Paul III par les soins de Latino Ju vénal, « maestro di Strada », qui l'avait découvert près de la porte S. Paolo, dans un marais'.

Un sphinx avait été transporté dans la cour à côté du g-roupe du lion*; un autre se trouvait dans une autre cour à côté d'un cynocéphale en pierre dure qui provenait, comme le sphinx, de l'ég-lise S. Stefano del Cacco^ Des trois statues représentant Constantin le Grand et son fils, l'une avait été placée sur l'escalier qui menait au mont Caprino, l'autre sur celui qui lui faisait face et menait à l'église d'Aracœli, la troisième dans le ' musée^.

Aldrovandi (i55o) donne une description de la collection capitoline après ces modifications et ces accroissements; il mentionne, dans la cour du palais, un Apollon nu avec un chien sans tête^, et une femme vêtue; dans une autre cour, le sphinx et le singe, la tête dite de Commode et quelques débris. Dans l'intérieur du palais, l'Hercule, le Tireur d'épine, la Zingara (camillus), une tête d'Hadrien, la Louve, un Satyre de marbre avec des pieds de bouc, nu et attaché à un arbre, un Bacchus enfant, une statue d'Hadrien enfant, une femme demi-nue en bronze, un homme

vANDi, p. 275; cf. Andréa Fulvio, éd. i543, fol. 5i. Marlïani l'y avait déjà vue en 1544. Stevenson. Annali delV Istitiito archeologico, an. 1877, p. 875 et suiv. parle longuement de la Louve et de la main colossale apportée avec celle du Latran au Capitole. — i. Corpus Insc. Lai., VI, 828; Michaelis, p. 3o; Forcella, I, n. 41. — 2. Avec les inscriptions. Forcëlla, I, n. i3i. Inscription de l'année i636. Il s'agit du satyre cité par Aldrovandi. Voir Michaelis, p. 27; ToFANELLï, p. 12; IIelbig, I, 4o3. Cour, n. 5, 23. — 3. Vacca, Memorie di varie Antiehità, n' 70. — 4. Aldrovandi, p. 273; Boissard, III, 100; Marlïani, éd. i588, fol. 21 V. — 5. Boissard, III, 100; Lanciani, Bull. Corn., i883, p. 35; Michaelis, p. 3i. Singe; Fea, p. 224. Boissard, Antiijuit.,p. III, n" kx), donne la reproduction des sphinx. Ils furent transportés avec le singe du Capitole au Vatican lorsque Grégoire XVI y fonda le Musée Égyptien (i838). Une inscription placée dans la salle dite de l'Urne rappelle ce fait. Forcella, I, 254. Cf. P1STOLES1, Eras.mo, // Vaticano descrilto ed illiislrato, Rome, i838, vol. VIII, p. i38, et pi. 145 et suivantes. Actuellement, salle II. Les lions qui figurent dans le portique (Musée Capitolin), n. 32, 33, y furent apportés en i833. Lanciani, Bull. Coin., i883. — 6. Michaelis, p. 3i. Biondo, Roma Inst., II, 19, en cite trois, ainsi que Aldrovandi, p. 2^ : « Dinanzi la porta di Araceli si ve^^owo due statue di Costantino Imp. vestite ; ...sono annale à Vanlica con un bastonc in viano : Un altra statua di Costantino medesimamente si rede su la Ripe Tarpeia. » Marlïani, éd. 1544, p. 27; L. P\\uno, fol. 39, n'en citent que cienx. Cf. FicHARD, p. 41. Elles avaient été trouvées dans les thermes de Constantin que le cardinal Borghèse acheva de détruire sous le pontificat de Paul V. Novaes, vol. XIII, 297. Voir p. 142 et plus loin, p. 209. — 7. Endymiun, portique, n. i? Michaelis, note 89; Fea, p. 189. Tofanelli, p. i3, donne une autre origine.

sans tête tenant à la main un marteaiu, une femme vêtue assise*. On le voit, le musée commençait à acquérir de l'importance et, tant en bronzes qu'en statues de marbre, possédait déjà de précieux objets*.

Paul III fit don d'une Minerve (1541), qui fut placée ultérieurement sur un socle par les soins du pape Grégoire XIII'. Les Fastes consulaires, découverts en août 1546 et offerts presque aussitôt au peuple romain par le cardinal Alexandre Farnèse, avaient été encastrés dans le mur de la cour, en face de l'entrée*. Le bas-relief de Mettius Curtius entra en i553 au Capitole^. Pie IV fît don d'une statue d'un homme assis que l'on appela alors l'Aristide de Smyrne^.

Le musée s'accroissait de dons obligés aussi bien que de dons volontaires; en i526, par exemple, l'évêque de Melfi, Alessandro Rufini, ayant garanti à la commune le remboursement de deux mille écus sur une avance faite par celle-ci en vue de la reconstruction du Ponte S. Maria (Ponte Rotto), au cas où ce travail échouerait, et n'ayant pu verser que 640 écus, on exigea de lui, en remplacement du solde, deux grandes statues de Jules César et d'Auguste; elles font actuellement partie du musée des conservateurs ^ En i564, le cardinal de Carpi^ légua au musée le buste de L. Junius Bru tus 9.

1. Tête d'IIadrien, galerie, n. 36. Satyre, salle du sarcophage dAlexandre Sévère, n. 20; Bacchus, galerie, n. .?8? Hadrien enfant, itid., n. 28. Femme assise, peut-être- la statue dite d'Agrippine (Helbig, I, 460), salle des Empereurs, n. 8-1. Les autres statues, notamment l'homme au marteau, ont disparu. — 2. Ulisse Aldrovandi ou Aldroandi, composa en i55o son livre : Délie Statue Antiche di Roma, qui fut imprimé à Venise en i556. Lucio Mauro, éd. i5:6, p. 1 1, ne cite que la louve, les fleuves, les fragments du colosse, l'Hercule doré, un berger nu, un satyre et, dit-il, quantité de statues en mauvais état. Gamicci, deuxième édition, i^ih, fol. 200, cite les mêmes objets à peu de chose près; dans la première salle il cite, comme fi.xée au mur, la tête colossale trouvée près du prétendu temple de la Paix., Marliani ne cite qu'un satyre : Statua xnea satyri pulcherrima et guœdam alia deorum simulacra, fol. 21. Fol. 22 v. : le tireur d'épine, un esclave, un enfant nu assis. — 3. Forcella, I, n. 71. Cf. n. .^3. Inscription de iS^i, 2' semestre; Miciiaelis, p. 32; Tofanelli, p. i3. Actuellement, portique, n. 4. C'est celle qui fut placée un temps, comme il a été dit, dans la niche sous l'escalier. —4. Altacata al mura in capo del cortifrlio. Aldrovandi, p. 271. Cf. L. Falno, De Antiq., 1649; Forcella, I, i, donne le texte de ces fastes. En Tf86, on mit une inscription dans la pièce où ils se trouvaient. Forcella, I, n. 88. — 5. Helihg, I, 648. Cour du palais des conservateurs. — 6. Forcella, I, n. 52. Cf. RniHETTi, 146. Il fut donné en compensation d'un véritable Aristide attribué au Vatican (Miciiaelis, p. 34) ; galerie, n. 58. Sur la statue du Vatican, MoxTAciXANi, III, 58. Il y a un buste d'Aristide signalé par RiGiiETTi, n. 211, dans la salle des Philosophes, n. 9. — 7. yl rc/z.^Yor., Capit., Crcd. I, vol. 37, fol. 134. Cf. Helbic;, n. 534, 535. La seconde statue représente en réalité un commandant naval. Inscriptions placées sur les socles. Forcella, I, n. 56, n. 57. — 8. Ridolfo Pio di Carpi. —9. Archiv. Stor. Capit., Cred. I, vol. 37, fol. 179. Cf. Micn.vELis, p. 34; ViscoNTi, Icofwg., Rome, I, pi. 2; Helbig, I,

FORMATION DES MUSÉES. 20i

Elu le 7 janvier i566, Pie V fit présent au Capîtole, le ii février, d'une trentaine de statues et d'une foule de bustes et de bas-reliefs que son prédécesseur, Pie IV, avait rassemblés au Vatican pour en orner le Belvédère. Cette grande hâte était l'effet, non pas tant de l'intérêt que le nouveau pontife portait au musée capitolin que de l'aversion qu'inspiraient à sa sainte rig-idité ces représentations du paganisme. Dès le 27 février les statues étaient transportées au Capitole*. Trente facchiîii furent requis à cet effet, un par statue. En retour, le peuple s'engageait à faire célébrer une messe à perpétuité à l'intention du pape dans la chapelle de S. Tommaso d'Aquino*.

bans la pensée du pape, le don devait être plus important encore et toutes les statues contenues dans le Belvédère auraient été transportées au Capitole ' si des circonstances inconnues ne s'étaient opposées à cette dépossession. Certaines des statues qui demeurèrent au Vatican furent cachées derrière des planches, ce qui montre que le pape, empêché de s'en défaire sur le moment, tenait à tout le moins à en dissimuler la vue; d'autres furent transportées au Capitole sous les pontifes suivants qui s'inspirè-rent des idées de Pie V*.

610; FoRCELLA, I, 54. Il fut parmi les objets envoyés par Bonaparte à Paris. ToF.wELLi, p. ij,6. — I. Archiv. Stor. Capit., Crcd. I, vol. 27, fol. 227. — 2. Cod. \'at. l'rb. 1040 (avvisi), fol. 182. — 3. Bicci, NolicU délia f avilir lia Doccapadtili^ p. 1 14, donne Vlnventario délie fissure donate da N. S. Pio V al Popolo Romano qui comprend d'autres statues. Toutefois l'inscription suivante qu'il rapporte montre que les statues apportées furent bien au nombre de trente :

MACxISTU. rOPVLlQ. RO.

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