Il en est ainsi de notre Edouard
tent, soit grâce aux lec^'ons et aux exemples qui en font une habitude, et,pour ainsi dire,unart etune science,Ie courage est cliose éminemment et merveilleusement sociale. Cette lièvre généreuse, bien plus que la peur, augmente de force en se communiquant ; la confiance, qui en est l'élément essentiel, est la vertu grégaire par excellence, comme dirait M. Espinas (1). Les hommes, à un plus haut degré que les animaux, puisent dans leur association le sentiment d'une force qui leur inspire une audace incroyable. Tout ce qui associe le courage aux sentiments les plus humains l'ennol)lit et le rehausse. Le vrai héros se plaît à cette humaine générosité qui tempère la barbarie des luttes primitives. Nous n'estimons pas de courage au-dessus de la force victorieuse qui sait se vaincre en pardonnant. Nous pardonnons nous-mêmes, dans notre cœur, à Octave, en faveur d'Auguste, bien que nous soupçonnions dans sa clémence une foule de sous-entendus politiques.
Malheureusement, et en dépit de tous les progrès de la civilisation, la générosité est encore bien rare en ce monde. On ne la voit que trop souvent étrangère au plus brillant courage ; il peut même s'allier à une cruauté si basse qu'il mérite alors d'être flétri sous le nom de lâcheté. Plus d'un qui ne fuirait pas devant le péril, ne craint pas d'abuser de sa force à l'égard des faibles ou de dépasser toute mesure dans ses rigueurs. César pardonnait politiquement à Ligarius, mais il avait fait indignement périr Vercingétorix,qui s'était livré à lui, pour sauver les siens : cruauté peut-être inutile, donc basse ou lâche. Ceux en qui domine cette inhumaine tendance écrasent tout être qui les gêne ou dont ils n'ont rien à craindre, ils font souffrir un animal, pour