Gi*l Wolscley, Fortliniylhtly liewleio
i>28 Lli CARACTERE bll J.'KrSFAlNT A L'HOMME
reprends, à ce propos, ma citation : « 11 y a aussi, dit-il, des natures ({ui manquent naturellement d'audace, mais qui arrivent, à force de méthode et de volonté, à s'imposer un courage de commande et à s'exposer au danger par calcul, parce que leur ambition l'exige. A la vérité, ce ne sont pas là les chefs que le soldat aime instinctivement à suivre. Mais l'orgueil est si puissant chez eux, qu'il arrive à dompter la couardise. Par quelles tortures intérieures les pauvres gens ne doivent-ils pas passer ! Et ici se pose cette question : Quel est le plus digne de respect, de celui qui arrive ainsi à dominer d'ignobles instincts, ou de celui qui est né naturellement brave et qui se conduit héroïquement sans peine et sans efforts? Quelle que soit la réponse, il ne saurait y avoir de doute sur le plus séduisant des deux caractères. On peut respecter le premier, mais on est irrésistiblement entraîné vers le second ».
La fierté, V affection, la confiance, peuvent donner accidenlellement,mème à des enfants, la force de supporter des souffrances que des hommes très braves ne supporteraient pas toujours convenablement. Soutenue par ces mêmes mobiles, la vanité peut aussi beaucoup dans ce sens. Mais, toute seule, elle est mauvaise ouvrière de patience. A l'orgueil lui-même, il faut toujours le concours de quelque mobile plus important, pour produire autre chose que la colère ou la combativité. Ces trois mobiles réunis, l'orgueil ou lafierté tenant le premier rang, et la vanité le troisième, peuvent suggérer la patience et le sang-froid, aussi bien que le courage militaire. Mais, presque toujours, l'une deces trois formes de l'énergie virile sera plus accentuée que les autres. L'amour-propre ne réussit pas à faire des héros^ je dis héros de tous points, si la raison et la volonté ne s'en mêlent pas.