‹ Le caractère de l'enfant a l'hommeChapitre 44 sur 59 · I. Ex. : Raymond · texte numérisé non relu

I. Ex. : Raymond

26fi LE CARACTERE DE L'ENFANT A L'HOMME

jamais sûr d'avoir assez marque sa supériorité sur les autres, s'il n'a pas eu le malin plaisir de les rabaisser audessous d'eux-mêmes. Ce qui montre à quel point l'orgueil peut ravaler l'homme, et combien sa moquerie tient à la méchanceté plus qu'à l'esprit, c'est que les plus déterminés railleurs ne sont pas toujours parmi les moins dénués de jugement.

L'orgueilleux sans fierté, dissimulé quelquefois, pourra être discret et réservé pour ce qui le regarde, mais non pour ce qui regarde les autres ; l'orgueilleux plutôt vain, ne sera discret ni pour lui-même ni pour les autres (1 ). Il doit appartenir à cette classe de natures mobiles et expansives dont on peut opposer l'orgueil à celui des gens froids et taciturnes. Ce dernier, souvent uni à la fierté, est celui des caractères hautains. La hauteur, en général malveillante ou sévère, fige l'homme dans sa dignité réelle ou supposée. C'est un excès du sentiment personnel, que l'on rencontre uni au culte étroit et au préjugé fanatique de caste, de secte, de famille, de position sociale. Ce caractère donne à Thomme une raideur et une àpreté caractéristiques : Chateaubriand nous a montré dans son père un pur représentant de ce type ; Guizot, dans un autre temps et dans un autre monde, en fut un exemplaire trèsaccusé, malgré son intelligence si cultivée, mais un peu étroite dans sa force. Ce défaut peut se pallier, dans une faible mesure, grâce à une certaine sensibilité, à un peu de bon sens, au commerce des hommes, et surtout des femmes. Chateaubriand, qui avait le défaut de son père, le cachait soigneusement; il nous en fait l'aveu, et il nous montre en même temps que la hauteur peut s'allier à la modestie, chez le plus personnel des hom-

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