I.E.K. : J. Vallès
mes, ou tout au moins desécrivains.» Je trouve, dit-il, que les autres ont toujours sur moi une supériorité quelconque; et si je me sens par hasard un avantage, j'en suis tout embarrassé !» (1). Il convient ici de rappeler que Chateaubriand, modeste (accordons-le, puisqu'il y tenait), était bien plus réellement un timide et un sauvage.
L'orgueil pur et simple, l'orgueil fier, l'orgueil vain, se refléteront diversement dans le sentiment et dans les œuvres esthéti(iues. Le premier sera entier, exclusif, méprisant pour toutes les formes d'expression qui ne sont pas les siennes (2). Le second aura plus de largeur et de souplesse d'esprit, une admiration et un enthousiasme sincère pour toutes les manifestations du beau, qu'elles soient signées de tel ou tel nom d'école ou d'artiste (3j. L'orgueil vain s'admirera beaucoup lui-même,jouissant de tout ce qu'il fait, louant peut-être ses amis touHiaut, mais tout bas les jugeant bien inférieurs à lui, et dénigrant tous les autres sans distinction et sans mesure.
Un fait qui donne à réfléchir, c'est (pie de la vanité, de l'orgueil, de la fierté, c'est la dernière qui s'éloigne le plus du type inférieur de l'intelligence humaine. « Les idiots sont en général assez timides. Par contre les imbéciles ont une fatuité, une arrogance, un aplomb qui provient de leur suffisance et de leur faible intelligence, qui ne leur permet pas de se rendre compte de leur inégalité de niveau avec ceux qui les entourent, ni des sottises qu'ils lancent avec une inconscience absolue. La modestie n'est pas non plus l'apanage des imbéciles, et leur besoin de se