Gela arrive quelquefois à Georges et i\ Louis
aptitudes normales que les lambins et les distraits, de vrais malades, presque des fous, se ressemblent par certaines dispositions de leur intelligence et de leur activité : on les voit passifs, hésitants, instables, capricieux, n'ayant les uns qu'un fantôme, les autres qu'un éclair de volonté. Enfin, n'oublions pas que la lambinerie n'est pas toujours une faiblesse congénitale ; c'est quelquefois une habitude que l'enfant aurait pu ne pas prendre (i). On comprend sans peine que, dans ce cas, et c'est celui de plus d'un vif, et même de plus d'un ardent, il puisse y avoir de bons moments pour l'exercice plus ou moins plein et régulier de l'attention et de la volonté.
m. — A ces qualités et à ces défauts de la mémoire et de l'attention, se rattachent ou s'ajoutent en plus certaines qualités et certaines imperfections du jugement, qui ont leur propre influence sur la volonté.
a Vouloir, c'est choisir pour agir », a dit M. Ribot. — « La volition. a dit M. Rabier, est une opération intellectuelle, c'est-à-dire qui a une raison connue, et dont nous pouvons nous rendre compte. Quand on veut, on peut en effet dire pourquoi on veut.» (2). II est triste de penser que, sous ce rapport, il y a un grand nombre d'individus normaux qui ressemblent, dans la plupart de leurs actions et de leurs déterminations, aux idiots et aux imbéciles. « L'imbécile, mis à même de choisir entre deux objets désirables, n'hésite guère. Si on lui présente les deux choses en même temps, il semble prendre au hasard, ou en vertu d'un motif le flattant plus vivement, sans raisonner sur les avantages réels et futurs qu'il en pourra résulter. Souvent,
i. Mais l'état actuel de la santé l'explique souvent. 2. Leçons de philosophie, I, {Psychologie), p. rj28.
après avoir choisi le premier objet, il se décide pour le second, et cela un certain nombre de fois, après plusieurs oscillations entre les deux objets. Puis, quand arrive le second, il abandonne aussitôt le premier. C'est toujours à l'impression du moment qu'il obéit. Mais souvent d'un mot vous le faites changer de détermination. Une fois en possession de l'objet, il est bien rare qu'il ne regrette celui qu'il a laissé.
« Tandis que l'idiot ne sait pas se décider, mais se tient à sa détermination, une fois que, pour une raison ou une autre, il en a pris une, l'imbécile oscille sans cesse, abandonne une idée pour en prendre une autre, revenir à la première, et ainsi de suite sans ligne de conduite. Nous avons pris un exemple simple et concret, portant sur le choix de deux objets matériels ; que sera-ce donc lorsqu'il lui faudra se déterminer entre plusieurs idées, entre plusieurs mobiles ? Cette indécision de son esprit explique son instabilité caractéristique » (1).
Chez l'idiot, ce qui manque, avant tout, c'est l'impulsion ou la tendance à agir : ce défaut se trouve malheureusement chez plus d'une personne assez intelligente, mais insensible à une foule d'excitations, indifférente à plusieurs mobiles plus ou moins importants d'ailleurs, il est naturel que, peu ou point excité à agir, on s'y détermine, quand on le fait, sous le coup d'une suggestion subie, ou par l'effet de quelque circonstance étrangère à la spontanéité ; si l'on agit, c'est en l'absoncc de toute délibération, et la détermination, chez do telles personnes, est à peine personnelle.
Supposons une intelligence, non point obtuse à un