Sollier, lac. cit., p
fauts opposés des indices d'une volonté défectueuse en quelque manière : il y a pourtant là quelque chose de vrai. On peut posséder ces qualités dans une certaine mesure, mais non pas toutes, ni toujours, avec une volonté faible ou vacillante. Quand on ne les possède qu'en une mesure restreinte ou variable, c'est autant la volonté que l'intelligence qui en est responsable. On manque d'ordre, d'exactitude, de vigilance, d'économie, de modération, par mobilité de caractère, par nonchalance, apathie, indifférence, un peu aussi par défaut de certaines aptitudes psychomotrices, qui ne sont pas étrangères à l'exercice régulier de la volonté. En somme, ce sont là des défauts qu'une volonté énergique, fournie de motifs variés, et excitée par des mobiles puissants et élevés, ne manque pas de réduire à leur minimum. Les gens intelligents et forts, chez lesquels ils se montrent à un degré quelconque, ou les ont volontairement contractés^ par malice et égoïsme, ou, dominés par des soins qu'ils avaient plus à cœur, ils n'ont pas pris la peine de les combattre et de s'en débarrasser.
Pour les facultés esthétiques et pour Vesprit, qui en fait partie à certains égards, il est d'observation banale qu'on peut, avec ou sans une grande force de volonté, en être fort convenablement pourvu. On peut en dire autant de la. finesse et de \2i délicatesse d'esprit. Il n'en est pas moins vrai qu'une volonté bien qualifiée les fait valoir et les met admirablement en œuvre. Est-il un artiste de valeur qui n'ait pas une grande et persistante volonté à mettre au moins au service de l'art pour lequel il s'est passionné ? Je plains bien, d'autre part, l'homme d'esprit, si intelligent soit-il, qui n'aura qu'une consistance de girouette. L'art et l'esprit reçoivent, en définitive, de la volonté, plus qu'il ne sauraient lui donner en retour.