‹ Le caractère de l'enfant a l'hommeChapitre 7 sur 59 · CHAPITRE m Les vifs · texte numérisé non relu

CHAPITRE m Les vifs

Etude,

I. — Tout le monde entend ce qu'on veut dire quand on emploie le mot vivacité. Il est synonyme de rapidité dans les mouvements les plus apparents et les plus essentiels, tels que ceux de la marche, de la préhension ou de la répulsion, de la tension des traits, et de tous les autres modes d'expression, y compris la parole et l'écriture. La rapidité peut être unie à la force ou à la faiblesse : mais, plus ou moins abondantes, et plus ou moins vite épuisées, les décharges nerveuses qu'elle accuse ne sont jamais ni aussi puissantes, ni aussi capables de se prolonger en un laps de temps donné, que les décharges par lesquelles se manifeste l'énergie intense, ou l'ardeur.

Il semble que cette rapidité ne soit pas seulement une qualité du système nerveux; car les muscles, chez les individus d'une égale musculature, ont plus (tu moinsde facilité à se contracler. Cette qualité nervomotrice, la rapidité do la circulation, l'explique-t-elle, à elle seule, comme on l'a dit parfois ? Il est à croire que non, car nous trouvons dans

la catégorie des vifs des personnes auxquellesnouspouvons altril)uor un tcmptTanient, soit sanguin. soit nerveux. Onno sait pas au juste ce qu'est la vivacité par rapport à l'anatomie des tissus et au travail physiologique tout entier.

11 est seulement acquis, depuis quelques années, qu'à cette vitesse des transmissions nerveuses, qui se traduit pUysiquementpar une plus grande rapidité desmouvements, correspond un mode tout particulier des fonctions mentales : on a mesuré cette vitesse pour les actes les plus simples de l'intelligence, et on commence à appliquer le calcul aux opérations les plus compliquées. Notre rôle, à nous, plus modeste, mais non moins intéressant, est de montrer quel genre d'influence la vivacité exerce sur toutes les manifestations tle la personne morale.

11. — La sensibililé ne se mesure pastoujoursà \?ivivacitê^ qui tend, au contraire, à latïaiblir en l'éparpillant. Qu'elle repose sur un fond normal et fort, ou faible et maladif, la vivacité entraîne, à coup sur, la mobilité des sentiments : si ce n'est pas l'inconstance, c'est la ditfusion.

La mobilité de l'humeur est en général plus tranchée chez les vifs à complexion faible : tandis que chez les robustes de cette catégorie, elle est plus égale, plus uniformément au ton de la gaité.ou d'un sérieux mêlé d'enjouement, on voit les autres passer en un clin d'œil du fou rire aux larmes, de la joie exubérante à l'abattement. La gaîté n'a pourtant pas beaucoup de peine à reprendre ses droits chez ceux que la maladie, une vie solitaire, un régime hygiénique, une éducation compressive ou énervante, ont connue prédisposés à la lypémanie. Il n'est pas rare qu'une vie plus régulière et plus douce, l'expérience interprétée avec un peu de bon sens, l'influence calmante de l'âge ou

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