‹ Le caractère empirique et la personneChapitre 29 sur 33 · I. La nouvelle Monadoloçjie, p · texte numérisé non relu

I. La nouvelle Monadoloçjie, p

« D'iino jKut, rageni supposé moral sait que TefTet de son acte peut et doit plus ou moins vraisemblablement j)roduii*e, au lieu du bien qu'il médite, le mal, par l'effet de l'emploi qui sera fait de cet acte, ou des suites (|ue hii donneront des personnes dont l'intention difl'èrera des siennes et sera contraire à la loi morale. Sous l'influence de cette crainte, il s'écartera lui-même de la loi et se fiera à des jugements hypothétiques pour faire le hicn en la violant. » C'est donc au nom de la justice, pour n'être pas injuste ou pour être moins injuste, qu'il violera la justice. Ce n'est pas tout. « Il est des cas, où la soumission stricte de l'agent à l'impératif sur des points de faible importance intrinsèque doit entraîner des conséquences injustes d'une extrême gravité, j)ar le fait d'autrui survenant ; et il se trouve que la loi morale obéie aurait commandé en fait le sacrifice au lieu de la justice'. » Si je persiste à respecter les droits d'autrui alors que les autres hommes ne respectent pas mes droits, je fais inutilement le sacrifice de mes droits. Si j'exige, d'autre part, que les autres hommes respectent tous mes droits, si je les contrains à les respecter, c'est-à-dire si je les oblige à remplir à mon égard tout leur devoir, j'exige une chose impossible, dans tous les cas, si nombreux, où l'expérience s'oppose à ce que l'homme remplisse son devoir.

Et cette antinomie, si souvent signalée, entre le fait et le droit, devient plus sensible encore, dès qu'on examine les effets fatals des réactions de la passion chez ceux qui ont à souffrir de l'injustice d'autrui. Et quels sont les hommes qui n'ont pas eu, qui n'ont pas à souffrir de l'injustice d'autrui ? Quels sont les hommes don! on peut dire (ju'ils ne sont pas injustes ? En ce cas, d'une part, l'injustice réagissant contre l'injus-

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