‹ Le caractère empirique et la personneChapitre 30 sur 33 · I. La nouvelle Monadoloyic , p. 2GÔ · texte numérisé non relu

I. La nouvelle Monadoloyic , p. 2GÔ

tice provoque toujours chez le vaincu, la colère, le ressentiment, le désir de la vengeance, la haine; d'une autre part, afin que la société ne soit pas désagrégée par l'effet de l'injustice, l'injustice provoque nécessairement la réaction de cette justice, qui ne ressemble en rien à la justice raisonnable, qui n'est que l'obéissance que les hommes exigent de tous les hommes aux lois qu'ils se sont imposées pour vivre, cette justice qui n'est que « la propriété caractéristique d'un contrat entre des hommes généraleinenl hors d'état de compter sur l'observation de la justice les uns vis-à-vis des autres ; de cette justice enfin de punition et de contrainte qui institue des maux pour empêcher le mal et produire le bien.

« L'impossibilité de l'exacte obéissance de l'individu au pur impératif moral, dans un milieu, la société humaine, où régnent l'action et la réaction de passions en partie fatales, et la solidarité des effets de l'injustice, est la preuve que cet impératif représente pour nous la règle dictée par la raison à la société idéale, et n'offre pas la solution du problème de la pratique morale praticable par une personne donnée dans notre société empirique'. »

Ainsi, l'être raisonnable qui veut, parce qu'il est raisonnable, penser raisonnablement, aimer raisonnablement, vouloir raisonnablement, et qui sait qu'il le doit, et qui croit (ju'il le peut parce qu'il croit qu'il est libre, mais, qui doit croire aussi, — justement parce qu'il se regarde comme un agent libre et qu'il n'est pas le seul à jouir du privilège de la lijjcrlé, — qu'il n'est pas nécessaire pour lui de réaliser l'idéal de vérité, de beauté, de justice que sa raison conçoit, qu'il n'est même pas nécessaire que sa raison exerce sa puissance de s'op-

Page 1