‹ Le Caractère naturel du délugeChapitre 10 sur 16 · Je n'ai pas découvert l'arrêt des dieux · texte numérisé non relu

Je n'ai pas découvert l'arrêt des dieux

177. J'ai envoyé un songe au € Très Sage » (Sit-napistim ?) et c'est ainsi qu'il apprit l'arrêt des dieux. >

Enfin, dans A Jeremias, (Izdubar-Nimrod, eine althàbylonische Heldensage, 1891, p. 32 s. s.), les passages en question sont ainsi rendus :

€ Je fis attention (à ces paroles) et je dis à Ea, mon seigneur : € , mon seigneur, ce que tu as ordonné ainsi, (je) le respecterai et je l'exécuterai; (mais que?) dois-je répondre à la ville, au peuple, et aux anciens ? > Ea ouvrit la bouche et me dit, à moi son serviteur : « (Comme réponse ?) tu leur parleras ainsi : (Parceque ?) Bel me déteste, je ne veux pas rester (à) demeurer dans (votre ville), je ne veux (plus) reposer ma tête en la (ville ou région) de Bel, je veux (descendre) vers la mer ; je veux me fixer auprès du dieu (Ea) qui est mon maitre. Lui (Bel) laisse(ra)

pleuvoir (fera pleuvoir) sur vous une riche abondance, dés

oiseaux, une quantité de poissons

(2 lignes)

celui qui envoie la pluie renversante (les averses, les crises?), (dans la nuit, il fera pleuvoir sur vous) une pluie terrible. )►

Et, plus loin :

« Je n'ai pas découvert l'arrêt des dieux. Je fis voir un songe à Adra-Hàsis (le « sage par excellence ») et ainsi, il (Sit- Napistim) entendit la décision des grands dieux. »

Comme on le voit, la traduction de ce dernier passage selon Jeremias difiere absolument des versions précédentes et cette divergence n'est pas sans importance dans la question qui nous occupe.

Halévy traduit (1. 177) : € J'ai envoyé un songe à Adra-Hasis, qui a écouté les ordres des dieux. > Et il met en note : Adra- Hasis, € très sage », est le vrai nom du Noé babylonien. La composition inverse Hasis-Adra a produit le Xysuthrus de Bérose.

Haupt traduit (Col. iv, 22.) « J'ai (seulement) envoyé à Adrahâsis un songe et il a compris la décision des dieux. )► (Cette intelligence est une conséquence de la piété de Adrahâsis).

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Jensen traduit (1. 177.) : « J'ai envoyé un songe au très sage » (Sit Napistim ?), et c'est ainsi qu'il apprit l'arrêt des dieux )►

Jeremias (Note 93, p. 54) pense que Adrahâsis, le < sage par excellence », n'est pas un surnom de Slt-Napistim. Le contraste que présente le passage en question lui fait croire qu'il s'agit d'un « messager des dieux » par qui Sit-Napistism apprit l'arrêt divin.

Le passage devrait donc se lire comme suit : « Je fis voir un songe à Adrahâsis, le très sage (messager des dieux), et c'est par lui que Sit Napistim apprit leur arrêt. »

Ce messager des dieux s'est entretenu avec Ea et son discours paraît relaté dans le petit fragment publié par DeUtzsch {Lesest, 3 éd., p. 101). Ainsi donc, Noé serait Sit-Napistim, ou Samas- Napistim, — mais non Adrahâsis, ou Hâsis-Adra.

Au milieu de tout cela, que devient le rôle prophétique et prédicant du patriarche ? Comme nous le disions en commençant, le texte cunéiforme mentionne formellement ce que celui-ci devra répondre à ses concitoyens étonnés à la vue de l'arche en préparation; seulement, la difficulté est de bien comprendre le sens de ce passage. Au premier abord, on est tenté d y voir avec Jensen, non point un avertissement, une prédiction du danger à venir, mais au contraire un mensonge inspiré par le dieu Jaù (Ea) à son protégé, mensonge destiné, malgré sa forme ambiguë, à plonger les contemporains du patriarche dans une sécurité trompeuse et à assurer leur perte. C'est à peine si la 1. 40 renferme une vague allusion à ce qui va se passer.

Jeremias (53) est d'un avis différent; il voit ici un avertissement que Ea charge le patriarche d'adresser aux habitants de Surippak, avertissement de ne pas se laisser tromper par les apparences bénignes de la pluie que Bel va envoyer et qui, sous des dehors bienfaisants, causera leur ruine.

Ici se place l'interprétation particulière que Suess a donnée de ces avertissements mentionnés par le texte cunéiforme *. Sa manière spéciale d'entendre le texte influe autant sur le caractère naturel que sur le caractère moral à attribuer à l'événement ; c'est donc bien le cas de l'examiner à cette place.

Ces avertissements sont racontés au chap. vi de la Genèse,

« Sintfluih, p. 15 et suiv., 50 et 68.

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versets 13 à 22. Dieu y parle seul à Noé, sans aucune allusion aux agents naturels dont il va se servir. Ce passage ne peut donc faire l'objet d'une discussion géologique ni d'aucune remarque spéciale :

VI, 13. — Et Elohîm dit à Noé : « La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est remplie de violence par eux ; et voici, je les mènerai à perdition avec la terre.

14. — Fais-toi un coffre de bois de cyprès * ; dispose ce Cofli*e en cellules et enduis-le de bitume à l'intérieur et à l'extérieur.

15. — Et c'est ainsi que tu le feras : 300 coudées la longueur du coffre, 50 coudées sa largeur et 30 coudées sa hauteur.

16. — Tu feras une fenêtre à l'arche, et tu la réduiras à une coudée par le haut; et tu placeras la porte de l'arche sur le côté; et tu y feras un étage inférieur, un second et un troisième.

17. — Et voici, je ferai venir le déluge des eaicœ * sur la terre pour détruire toute chair qui a en elle le souffle de la vie sous les cieux ; tout ce qui est sur la terre expirera.

18. — Mais j'établirai mon pacte avec toi, et tu entreras dans l'arche, toi et tes flls, et ta femme, et les femmes de tes fils avec toi.

19. — Et de tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l'arche deux de chaque (espèce) pour les conserver en vie avec toi ; qu'ils soient mâle et femelle.

20. Des oiseaux suivant leur espèce, du bétail suivant son espèce, de tout reptile du sol terrestre suivant son espèce, deux de chaque viendront(?) vers toi pour que tu les conserves en vie.

21. — Et toi, prends pour toi de tout aliment qui se mange; rassemble-le près de toi, et ce sera la nourriture pour toi et pour eux. >

22. — Et Noé le fit. Tout comme Elohim le lui avait commandé, il le fit.

11 en est autrement dans l'épopée chaldéenne. Le récit qu*elle nous fait du déluge peut se partager en trois parties : les avertissements, la marche du cataclysme et sa terminaison.

Or, Suess fait à ce sujet une remarque importante. Tous les

» La Vulgate dit : de lignis lœvigalis, de bois équarris. — Walton : lignorum Gopher; M. Lenormant : de bois de cyprès.

« Au lieu du déluge des eaux, diluvium aquarunij la Vulgate renverse les termes et dit : oquas dilvvii, les eaux du déluge.

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avertissements, dit-il, viennent d'Ea, le dieu profondément sage de la mer et de la profondeur *..

Il assistait au conseil des dieux et c*est lui qui annonce Tarrêt fatal à son fidèle serviteur, Hasis-Adra :

Col. I. 20 Ecoute ec prends garde

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